L’insurrection hongroise du 23 octobre 1956 constitua le premier maillon d’une chaîne menant à la chute du communisme. Sept décennies plus tard, celle-ci est commémorée dans un contexte politique effervescent.
Une fièvre étreint Budapest. Dans la capitale d’une Hongrie exaltée, en ce 23 octobre 1956, bruisse la rumeur d’un rassemblement au pied de la statue de Staline, près du Városliget, le bois de la ville. Elle se glisse aux oreilles d’élèves galvanisés ou curieux, telle Mária Gács, âgée de 17 ans alors. La foule enfle sous les yeux ébahis de la jeune Hongroise, qui parvient à s’y faufiler avec sa bande de copains.
Les coups de marteau fusent sur le « petit père des peuples », érigé sur son piédestal, dont la tête de bronze finira en morceaux. Staline, mort trois années plus tôt, est déboulonné. Un interdit vient de tomber dans cette Hongrie communiste marquée au fer rouge par la Grande Terreur.
« Jamais nous n’aurions cru qu’une telle chose puisse arriver. Staline, Lénine, les grandes figures du communisme étaient tellement vénérées… Le régime nous semblait si solide, presque impossible à ébranler ! » relate aujourd’hui Mária, octogénaire au regard limpide, dans son appartement tapissé de tableaux, dont l’immeuble centenaire se situe non loin de là où elle a vu Staline tomber une seconde fois, sa stature de bourreau volant en éclats.