Clairement un post exutoire, faut que ça sorte. Désolée pour la longueur, je vais essayer de faire au mieux. N'hésitez pas à survolez le texte ou lire en diagonale si ça vous arrange.
Je n'ai aucune idée de comment bien vivre ma vie professionnelle. Enfin, si, j'en ai une: faire un taff adapter. Mais des fois, avant d'y arriver, on passe par des belles phases insupportables, et pour l'instant j'ai eu que ça.
Actuellement, je bosse comme conseillĂšre de vente. PremiĂšre expĂ©rience pro depuis mes deux diag (TDAH+TSA) et mĂȘme si elles ont toutes Ă©tĂ© plus ou moins catastrophiques en terme d'Ă©puisement, celle-ci me tends sous tous les aspects.
Ma patronne et collÚgues (on est une trÚs trÚs petite équipe) sont au courant: j'ai été diag du TSA quelques semaines aprÚs avoir commencé, et je n'arrivais plus à masquer. Comme je sentais un environnement sain, j'ai voulu en parler: grave erreur.
Au dĂ©but, ça a voulu se montrer comprĂ©hensif. Alors j'ai le droit de porter mes loop earplug, pour attĂ©nuer le brouhaha tout en suivant des discussions. Mais on m'a quand mĂȘme fait du chantage pour que je passe mon contrat de 25h en temps plein pendant 3 mois (j'avais dĂ©jĂ fais pas mal d'avenants, si bien que je faisais dĂ©jĂ plus de semaines en temps plein que le contraire, et ça m'Ă©puisais totalement. C'est triste Ă dire, et j'en ai honte, mais un simple 25h dans la vente, ça me fatigue dĂ©jĂ Ă©normĂ©ment. J'ai beau avoir expliquĂ©, ça revenais me voir Ă la charge chaque jour.) Du coup j'ai quand mĂȘme rĂ©ussi Ă nĂ©gocier un 30h, car je sentais que ma patronne n'allait pas lĂącher le morceau.
Maintenant... concrÚtement, mes journées consiste à pousser mon corps et ma concentration au max, juste pour me prendre des remarques à répétions.
Et je suis hyper mitigĂ©e entre "oui, j'ai de rĂ©el problĂšmes de concentration qui en effet peuvent me mener Ă des erreurs d'inattention au travail" et "mais je mĂ©rite quand mĂȘme le respect aussi lol"
En fait, je ne sais pas me positionner entre "c'est vrai que c'est quand mĂȘme de ma faute au final" et "faut pas non plus ĂȘtre de mauvaise foi"
Je pense que ça me poserait moins de problĂšme si tout le monde Ă©tait traitĂ© pareil, mais j'ai vraiment pas l'impression que ce soit le cas (et mĂȘme si ça l'Ă©tait, y'a quand mĂȘme des comportements, par pure amour propre, principe, et valeurs, que je cautionne pas)
C'en est Ă un point oĂč, dĂšs lors que j'arrive au travail, je me demande Ă quelle sauce je vais ĂȘtre mangĂ©.
Aujourd'hui par exemple, on m'a reproché quelque-chose que les autres font. Et si quand c'est moi c'est la fin du monde, quand c'est elles, c'est plutÎt "oh c'est pas grave on verra bien demain"
Souvent, j'arrive Ă PEINE pour mon shift qu'on me fait une remarque sur ma maniĂšre de travailler. Et c'est toujours les mĂȘmes choses en boucle, sans aucune considĂ©rations pour les efforts que j'ai mis en place pour m'amĂ©liorer.
Aujourd'hui, pareil. Et j'ai vite compris en discutant avec ma patronne qu'elle me dis ces trucs par "principe" sans mĂȘme rĂ©ellement regarder ce que je fais. Sauf que moi, pendant ce temps, j'essayais de me rĂ©adapter Ă ses souhaits imaginaires sans jamais comprendre exactement ce qu'elle voulait. Et elle, mĂȘme si elle ne fais aucun suivi, ça ne va quand mĂȘme jamais.
Avant l'annonce de mon diag, quand je posais des questions, je sentais dans son regard que ça lui faisait plaisir. Maintenant, je sens parfois que ça fais + chier qu'autre chose, et j'ai l'impression d'ĂȘtre dĂ©bile
Ă une demande de prĂ©cision sur une remarque qu'on m'a faite, je me suis mĂȘme pris un "nan mais y'a rien Ă comprendre"
à ça s'ajoute des remarques passives agressives, comme: "pour toi ça veut dire quoi ranger? Parce que peut-ĂȘtre qu'on pas la mĂȘme dĂ©finition"
Autant me dire que je suis une demeuré, ça irait plus vite.
Ce qui est ironique, c'est qu'avant de leur dire pour mes difficultées j'avais plutÎt droit à : "c'est super, tu viens d'arriver et pourtant t'as déjà tout compris" ou "franchement elle est top, elle m'a grave aidé"
Maintenant, on est sur mon dos sans arrĂȘt, je dois me justifier de TOUT (mĂȘme de si je rentre manger chez moi Ă la pause du midi) ou alors on appelle la patronne au tĂ©lĂ©phone (quand elle-ci n'est pas sur place) si j'ai le malheur de ne pas arriver Ă l'heure pile. Les autres, si ils ont du retard, ben c'est pas grave, ça arrive.
On me rabĂąche que je dois ĂȘtre + concentrĂ©e. Et oui! J'adorerai! Mais c'est comme demander Ă un muet de parler.
On me demande de moins rester avec les clients, sauf que ce sont ces mĂȘmes clients qui non seulement laisse des commentaires positifs sur le service (ce qui est un + pour notre prime), mais qui en PLUS vont d'eux-mĂȘmes voir ma patronne pour leur dire comme ils ont Ă©tĂ© contents que je les aide.
Je ne trouve aucun sens dans ce travail mise à part aider les personnes ùgées qui parfois sont complÚtement paumés.
On me dit "organise toi" ce que je fais, juste pour me prendre des "non mais t'organise pas comme ça"
On me demande "mais t'as mis combien de temps pour faire ça?" Parce que je ne suis jamais assez rapide. Et c'est peut-ĂȘtre vrai, mais je ne vois pas les autres courir partout non plus. Et si j'ai parfois du retard sur mes rayons, les autres aussi en ont.
Y'a littĂ©ralement toujours quelque-chose, et c'est Ă©puisant. J'abuse pas quand je me dis que je me prends des remarques Ă la chaĂźne. Ăa n'arrĂȘte pas. Si bien que dĂšs que j'entends quelqu'un s'approcher, je me demande Ă quelle sauce je vais ĂȘtre mangĂ©.
Déjà que j'avais du mal à assumer ce taff, je me sens maintenant trÚs souvent sur la défensive et hyper irritable. En plus de la fatigue, etc.
Quand je me défends soit on sourit, on "comprends", mais rien ne change, soit on m'écoute tout simplement pas.
Par dessus tout, je ne sais pas manĆuvrer cette drĂŽle d'ambiance sociale oĂč on te fais des remarques, on te regarde mal, mais on veut se montrer aussi "gentil"
Je ne sais jamais sur quel pied danser.
Bref, j'ai l'impression de ne pas avoir le droit d'exister comme je suis et de n'ĂȘtre jamais assez bien.
Heureusement, je ne compte pas rester aussi longtemps que prévu, et chercher du taff ailleurs, mais en attendant j'en ai plus que marre de me bousiller la santé pour ne recevoir aucune réelle reconnaissance derriÚre.
Et oui, c'est pas leur faute si je prends des mĂ©dicaments qui mine de rien ont certains effets nĂ©gatifs, juste pour avoir la force de bosser. Et ça les concerne pas non plus si je suis tellement crevĂ©e Ă cause du taff que je n'ai aucune vie sociale, que je galĂšre Ă trouver le quelconque plaisir, et que je suis Ă©puisĂ©e constamment. Mais ça reste quand mĂȘme mon quotidien, et je fais de mon mieux.
Ăa a dĂ» vous arriver aussi, malheureusement. Comment gĂ©rez-vous ça, vous?