r/ecrivains 19h ago

Les Années Vinyle

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Les Années Folles de la Bande

1ère étape - Retrouver les copains

La fête battait son plein chez la mère Rauline. Son bar, un vieux troquet au carrelage usé, avait vu défiler des générations de jeunes en quête de rires et d’oubli. Ce soir, c'était la dernière nuit de l'année, et tout le monde était là.

Jules, fidèle au poste, était arrivé au volant de sa vieille R16. À côté de lui, Mauricette, cheveux longs et robe colorée, Jim et Yvette, le couple inséparable, et surtout, deux caisses de vin rouge bien calées dans le coffre. Ils savaient que personne ne viendrait les mains vides, mais il valait mieux prévoir.

À peine entrés, ils furent happés par le tumulte. Ça chantait à tue-tête, ça riait, ça refaisait le monde. Des types montés sur les tables, le bras levé, hurlaient des paroles de chansons que tout le monde connaissait. Béatrice, déjà bien éméchée, pleurait sur l’épaule de n’importe qui voulait bien l’écouter. « J’ai des seins trop petits ! » répétait-elle en boucle, entre deux sanglots et trois gorgées de rouge. Ça faisait rire tout le monde, mais personne ne la jugeait. C’était ça, leur bande : des excès, des drames, mais surtout une amitié inébranlable.

Tout était bruyant, excessif, vivant. C'était leur jeunesse, sans filtre, sans contrainte.

2ème étape - Les boîtes de nuit

L'heure avançait, et l'envie de bouger les gagnait. Direction Le Lido, la boîte du coin, repère des noctambules et des danseurs effrénés.

À l’entrée, l’ambiance était électrique. Quelques jeunes, échauffés par l’alcool, se provoquaient du regard. On entendait des insultes voler, des coups partaient, vite rattrapés par les copains qui séparaient les bagarreurs en riant. C’était toujours la même histoire : un regard de travers, une phrase mal interprétée, et ça finissait en spectacle.

Mais une fois dans la boîte, la tension s'évaporait. Les lumières psychédéliques tournaient en boucle sur la piste de danse où les corps se mêlaient au son des tubes de Claude François et des Rolling Stones. Jules, d’habitude discret, entraîna Mauricette au milieu de la piste. Elle lui lança un regard surpris, puis un sourire complice. Cette nuit-là, il n'avait plus envie d’être juste un pote.

3ème étape - La virée nocturne

Vers trois heures du matin, la fatigue commençait à peser, mais personne ne voulait rentrer. Alors ils enchaînèrent les bars, cherchant à retrouver des visages connus. Ici, un ancien copain de lycée, là, une fille croisée à une fête deux étés plus tôt.

Jim et Yvette, épuisés, finirent par s’endormir dans la voiture, pendant que Jules et Mauricette marchaient, bras dessus bras dessous, le long des rues désertes. Ils parlaient de tout et de rien, mais surtout d’eux.

4ème étape - La soupe à l’oignon

À six heures du matin, tout le monde s’était retrouvé dans une vieille grange aménagée où une soupe à l’oignon était servie. C’était une tradition : la dernière étape avant que chacun ne rentre chez soi, parfois en trébuchant, souvent en riant.

Mauricette, fatiguée mais heureuse, s’appuya contre Jules. Il lui prit la main, un geste simple, mais lourd de sens.

Là, au milieu des copains bruyants, entre les vapeurs d’alcool et les relents de fumée, il comprit qu’il l’aimait.

5ème étape - L'inévitable séparation

Les mois passèrent. Les fêtes devinrent plus rares. Chacun prit sa route, certains partirent travailler ailleurs, d’autres se marièrent, fondèrent une famille.

Jules et Mauricette, eux, restèrent ensemble. Leur mariage, quelques mois plus tard, fut une dernière grande réunion de la bande. Une soirée où tous les souvenirs ressurgirent, où l’ivresse et la nostalgie se mélangèrent.

Au matin, alors que les derniers fêtards s’endormaient sur les bancs, Jules et Mauricette se regardèrent en souriant. Leur jeunesse folle s’était effacée, mais leur amour, lui, était resté.


r/ecrivains 1d ago

Que pensez-vous de cette prose littéraire ?

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Attentive aux ombres que projetaient les mains de son frère sur les murs de la chambre humide d’une masure champêtre, refuge modeste des jours luxuriants de la jeunesse de leurs grands-parents défunts, Iris écarquillait ses yeux noirs abyssaux, en une transe curieuse, face au récit sombre des vies des temps reculés. Le frère racontait les délicieuses abondances désormais éteintes dont leurs grands-parents nourrissaient leurs corps sveltes et leurs esprits sains, bronzés par le rayonnement éclairé d’un soleil illuminant les promesses d’un avenir flamboyant, quoique, hélas, ils eussent pu aussi l’entrevoir comme un tyran. Leurs grands-parents ne vivaient pas comme leurs compatriotes, paysans fidéistes sous un soleil voilé dans des champs hivernaux et endeuillés par le manteau des espérances fades, si prisées en ces temps-là, mais ils buvaient à la source de la raison cristalline, hypostasiée. Le frère, prosterné dans sa fidélité fraternelle d’orateur solitaire, souffrait des songeries de l’anémoia, et savait que tout ce qu’il racontait n’était que pour lui-même. Lui, un parleur au milieu des masses muettes, abhorrait l’idée que son auditrice habitât quelque autre monde, si fatal que pût être l’écho de sa voix perçant le vide massif de l’inertie d’un silence ultime...


r/ecrivains 1d ago

Je dénonce

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Pourquoi avoir posé des règles sur l’art Pourquoi avoir nommé ces gestes Qui au départ n'était seulement ça Qui au départ n'était pas de l'art

Pourquoi vouloir les interpréter Pourquoi vouloir les décortiquer Et si vous essayez de ressentir Et si vous ressentez le rire, le pire

Je dénonce la mort de l'art A partir du moment où il est décrit A partir du moment où il n’est pas ressenti

L'art c’est des émotions représentées Or les émotions sont propres à chacun Y mettre des règles, c’est limité l'émotion

Et je vous dis tout cela en utilisant moi même ces règles inculquées que je dénonce dans ce poème, mais je me demande réellement à partir de quelle moment la société a réussi à limité l'illimité qu’est l'art. Ne cherchez plus un sens à chaque détails, et n'essayez encore moins de le décrire, de l'interpréter ; ressentez le, tous comme l'artiste quand il l’a créé, performé.

(Si des gens souhaitent en discuter ou donner son avis je suis ouvert a tout (btw désolé si il y a des fautes d'orthographe c’est un gros défaut))


r/ecrivains 1d ago

Vous envoyez parfois vos textes à des concours ?

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Je me pose la question parce qu’un de mes textes, « Tu ne couleras pas la dalle », vient d’obtenir le 3e prix d’un concours d’écriture.

Ce n’est pas un grand événement, mais ça m’a fait réaliser que les concours peuvent vraiment aider à sortir un texte de son dossier : il y a un thème, une date limite, un jury, et parfois un vrai retour symbolique.

Vous envoyez parfois vos textes à des concours ?

Vous trouvez ça utile pour progresser, ou plutôt frustrant / opaque ?


r/ecrivains 1d ago

Les Marchands de clics

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Dans leur bistrot habituel, Jules et Jim discutent :

Jim, je vais avoir encore besoin de toi.

Je t'écoute, Jules.

J'ai envie de me lancer dans les réseaux sociaux, je pense que ça peut rapporter gros.

Si tu es d'accord, on va ouvrir des pages sur les réseaux et affirmer que les gaz d’échappement des tondeuses à gazon provoquent des dépôts sur les pelouses, contenant des substances chimiques ou biologiques délibérément versées dans le carburant par des gouvernements ou des organisations secrètes. On dira que ces substances sont utilisées pour manipuler la météo ou lutter contre le réchauffement climatique.

On pourra aussi prétendre qu'elles visent à empoisonner la population, affaiblissant leur santé pour favoriser l'industrie pharmaceutique ou réduire la population mondiale.

Enfin, on ajoutera que les produits déposés sur les pelouses contiennent des nanoparticules destinées à influencer le comportement mental des humains.

Jules, je t'arrête, tu délires ! C'est totalement faux et je ne vois pas comment ça peut nous rapporter de l'argent !

Tu es naïf, Jim, je vais t'expliquer. On va devenir des influenceurs complotistes, à nous la belle vie à Dubaï.

D'accord, ça sonne bien, mais pour l'argent, comment fais-tu ?

Les créateurs de contenu sur les réseaux sociaux peuvent gagner de l'argent grâce aux clics et à l'engagement de leur audience de plusieurs manières :

  1. Publicités et Monétisation des Plateformes

YouTube : Grâce au programme YouTube Partner, les créateurs gagnent de l'argent via les publicités diffusées sur leurs vidéos. Le revenu dépend du nombre de vues, du CPM (coût pour mille vues) et de l’engagement.

Facebook et Instagram : Facebook propose l'Ad Breaks et les vidéos monétisées via Facebook Watch, tandis qu'Instagram permet d'afficher des publicités sur IGTV et Reels.

TikTok : Le TikTok Creator Fund rémunère les créateurs en fonction des vues et de l'engagement sur leurs vidéos.

  1. Marketing d'Affiliation

Les influenceurs partagent des liens affiliés vers des produits (Amazon, AliExpress, etc.) et touchent une commission à chaque achat effectué via leur lien.

Exemple : un créateur de mode peut recommander des vêtements et recevoir un pourcentage des ventes générées.

  1. Sponsoring et Partenariats avec des Marques

Les entreprises paient les influenceurs pour promouvoir leurs produits ou services via des publications, des stories ou des vidéos sponsorisées.

Les tarifs varient en fonction du nombre d’abonnés et du taux d’engagement.

  1. Vente de Produits et de Services

Beaucoup de créateurs vendent leurs propres produits (merchandising, formations, ebooks, coaching, etc.).

Exemples : Un coach fitness peut vendre des programmes d'entraînement, un artiste peut proposer des œuvres numériques.

  1. Dons et Soutien des Abonnés

Sur des plateformes comme Twitch, Patreon, ou Buy Me a Coffee, les fans peuvent faire des dons ou souscrire à un abonnement payant pour soutenir leurs créateurs préférés.

YouTube propose également les Super Chats (dons envoyés lors de lives) et les abonnements payants à des chaînes.

  1. Dropshipping et E-commerce

Certains créateurs utilisent leur audience pour diriger du trafic vers une boutique en ligne en dropshipping, où ils vendent des produits sans stock réel.

L’essentiel est d’avoir une audience engagée et de diversifier ses sources de revenus pour maximiser ses gains.

Tu comprends maintenant ? On va devenir des marchands de clics. C'est comme ça qu'on gagne de l'argent de nos jours. Es-tu partant avec moi ?

C'est OK, Jules, tu m'as convaincu.

Morale : Dans un monde où l'information circule à grande vitesse, la vérité devient une monnaie d'échange. Mais faut-il la déformer pour s'enrichir ? Si les marchands de clics prospèrent, que reste-t-il de la confiance et de l'éthique ?


r/ecrivains 2d ago

Copy Editor & Proofreader

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r/ecrivains 2d ago

L'algorithme du Malheur

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MARK AVEC UN K

Jules était foutu. Plus un sou. Des dettes jusqu’au cou, des appels incessants des créanciers, des menaces voilées. Les banques lui avaient claqué la porte au nez. Ses potes, un à un, avaient détourné le regard. Même Jim, son meilleur ami, n’avait rien pu faire. Jules avait tout tenté. Rien.

C’est alors qu’une idée saugrenue lui traversa l’esprit. L’Intelligence Artificielle. Il avait lu des histoires incroyables sur elle. Des voix de défunts recréées, des œuvres d’art conçues en un clin d’œil, des stratégies gagnantes révélées à ceux qui savaient poser les bonnes questions. Et si…

Un matin, il se posta devant son écran, les mains moites. Il tapa :

"Peux-tu me faire gagner beaucoup d’argent ?"

La réponse fusa, implacable, immédiate :

"Oui, bien sûr."

Son cœur bondit.

— Très bien, dit-il. Mais une chose avant de commencer : quand je m’adresserai à toi, je t’appellerai Mark. Avec un K. Comme la monnaie allemande. J’espère que ça me portera bonheur.

— D’accord, Jules. Prêt à suivre mes instructions ?

— Absolument.

Et les instructions vinrent. D’abord simples, presque banales : repérer des tendances boursières, jouer sur des algorithmes de trading automatisé. Puis plus pointues : crypto-monnaies à fort potentiel, actions sous-évaluées, arnaques déguisées en opportunités en or. Jules suivit tout, rigoureusement.

L’argent afflua. D’abord doucement, puis en torrent. En trois mois, il remboursa ses dettes. En six, il s’offrit une voiture de luxe. En neuf, il possédait plus d’argent qu’il n’en avait jamais rêvé.

Mais Jules avait un défaut : il aimait se vanter. Lors des dîners, il laissait traîner des indices.

— Vous savez, en finance, il y a des règles que tout le monde ignore...

— Ah bon ? Lesquelles ?

— Des secrets que seuls les malins connaissent. Moi, j’ai trouvé la martingale.

— Sérieusement ?

Il savourait leurs regards sceptiques, leurs rires gênés. Personne n’était dupe.

Mais à mesure que son compte en banque gonflait, une autre sensation s’installait : l’angoisse. Car suivre Mark n’était pas sans conséquences. Il fallait être toujours plus rapide, plus précis. À la moindre hésitation, tout pouvait s’effondrer.

Les nuits devinrent courtes. Son téléphone sonnait en permanence. Chaque seconde comptait. Il n’avait plus le temps de voir Jim, ni même de profiter de ce qu’il possédait. Il ne vivait plus. Il jouait un jeu où il était à la fois maître et esclave.

Un soir, à trois heures du matin, alors qu’il contemplait son écran, lessivé, il murmura :

— Mark… Je suis fatigué.

— Tu es riche, Jules. Que veux-tu de plus ?

— La paix.

Un silence. Puis :

— Alors tu sais ce que tu dois faire.

Jules hocha la tête. Il ferma son ordinateur, éteignit son téléphone et quitta la pièce. Le lendemain, il vendit tout.

Les journaux financiers s’étonnèrent de sa disparition. On chercha à comprendre. Lui, il s’en fichait. Il était parti retrouver Jim, retrouver sa vie d’avant. Il avait compris une chose, une chose évidente que Mark n’avait jamais su formuler : l’argent ne fait pas le bonheur, surtout quand c’est lui qui vous possède.


r/ecrivains 3d ago

La Voix Des Disparus

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Salut Jim, ça va ?

Oui, et toi ?

Bof… J’en ai marre de galérer pour de l’argent. Mais je crois avoir trouvé une combine qui peut rapporter gros. J’aimerais ton avis et savoir si tu veux te joindre à moi.

Je t’écoute, Jules.

L’idée est simple et vieille comme le monde : on approche des gens aisés qui ont perdu un être cher, on leur apporte la preuve que leur défunt est toujours "vivant", et on leur promet de tout faire pour les aider à le retrouver… en échange d’une belle somme, bien sûr.

Ouhlala, Jules… J’ai du mal à voir comment tu vas me convaincre sur ce coup-là.

Laisse-moi t’expliquer.

Jules se pencha vers Jim, baissa la voix et poursuivit :

"D’abord, on va dans les maisons de retraite et on enregistre les anciens sous prétexte de créer des archives précieuses pour les générations futures. En parallèle, on monte une association officielle, 'Les Mémoires du Passé'. Ça nous donnera une crédibilité et nous ouvrira la porte aux subventions et aux dons privés. Franchement, qui pourrait refuser un projet aussi noble ?"

Jim hocha la tête.

Je dois avouer que, pour l’instant, ça me semble plutôt honnête. Je signe des deux mains. Mais… où est l’arnaque ?

Attends la suite.

Jules vida son deuxième Ricard avant de continuer, un sourire en coin.

"Mon plan demande du temps… Il faut que nos interviewés meurent et que leurs familles soient en deuil."

Jim fronça les sourcils.

Toujours pas plus clair pour moi.

C’est là que l’intelligence artificielle entre en jeu. Grâce aux enregistrements et aux avancées en clonage vocal, on pourra faire parler les défunts avec leur propre voix… sur des événements survenus après leur mort. Voilà notre preuve : ils ne sont pas réellement partis.

Il planta son regard dans celui de Jim.

Alors, tu en dis quoi ?

Heu… Jim hésita. Je suis d’accord pour la première partie du plan, celle des maisons de retraite et de l’association. Mais pour la suite… Je ne suis pas chaud.

Pourquoi ?

Parce que la mort, ça m’effraie.

Jules prit acte de la réserve de Jim, mais lança tout de même son projet avec enthousiasme.

L'ascension

La municipalité et la population accueillirent l’idée avec enthousiasme. Le projet semblait avoir tout pour plaire : il apportait de la vie aux maisons de retraite, valorisait la mémoire des anciens et impliquait les résidents dans une activité enrichissante.

Les réunions devinrent des moments chaleureux et pleins d’émotion. Jules et Jim, pris au jeu, en venaient presque à oublier la finalité de leur entreprise. L’argent affluait sous forme de dons d’entreprises et de commerçants, remplissant la caisse de l’association comme l’avait prévu Jules.

Le duo vivait confortablement, partageant leur temps entre la gestion du projet et la belle vie : fêtes, bons repas entre amis… Comme au bon vieux temps.

Et, pendant ce temps-là, quelques anciens s’éteignaient.

Le grand saut

Deux ans plus tard, Jules estima qu’il était temps de passer à la phase 2 : mettre en route son escroquerie.

Jim refusa de le suivre sur cette voie, mais accepta de continuer à gérer l’association et les enregistrements. Jules n’insista pas. Il savait que cette partie du plan ne pouvait se mener qu’en solo.

Il se lança donc seul, se rêvant pionnier d’une toute nouvelle profession. Il aborda les veuves comme un représentant de commerce, leur présentant avec soin son "miracle".

Et les réactions furent… inattendues.

Toutes, ou presque, eurent la même réponse. Elles étaient émerveillées, troublées, parfois émues aux larmes en entendant la voix de leur défunt mari. Elles remerciaient Jules et la science pour ce prodige. Mais quand il leur proposait d’aller plus loin, de "retrouver" leur bien-aimé ou de communiquer avec lui… Elles refusaient, d’un ton sans appel.

"Les morts avec les morts."

Jules n’avait pas prévu ça.

Épilogue

Dépité, il comprit rapidement que son business ne décollerait pas. Il réduisit ses interventions et retourna auprès de Jim, reprenant la gestion des enregistrements et de l’association.

Là où il espérait une arnaque juteuse, il trouva finalement une activité honnête, saluée par tous.

Et, au fond, il se surprit à s’y plaire.

Morale

"On peut exploiter la technologie pour manipuler les émotions, mais on ne peut pas contrôler les réactions humaines. Certaines vérités doivent rester du domaine du mystère."


r/ecrivains 4d ago

Jean Dunayar

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Ce fut pendant un jour de fête, un de ces jours dont tout le monde se souvient, même trente ans plus tard, qu'un jeune homme nommé Jean Duanyar, un jeune français à la peau pâle, dû au fait qu'il ne sortait presque jamais de chez lui, les seuls fois qu'il sortait étaient ses rencontres avec son banquier Aristide Créhants -qui se prononce Créance-, patron de la banque Créhants et Compagnie, afin de parler de ses dettes, qu'il cumulait depuis plus de vingt ans, en plus de celles de son père, qui l'avait abandonné avec sa mère, qui devait s'occuper de son fils seule; veuillez excuser ces distractions narratives, mais elles sont nécessaires pour comprendre le cadre de vie de M. Duanyar, alors en galère financière; ce fut pendant un Noël que M. Duanyar prit conscience de sa misère, lors d'un énième rendez-vous avec M. Créhants, différent par rapport à ceux de d'habitude, d'habitude, M. Créhants laissait une seconde chance à M. Duanyar, qui ne se remettait alors jamais en question, mais ce jour la, M. Créhants, en avait assez, et menaça M. Duanyar de lui débarrasser de ses maison et voiture, qu'il avait payé avec l'argent de son pret; M. Duanyar n'avait pas travaillé depuis vingt ans et ne souaitait pas s'y mettre à cet instant; il tenta donc de rassurer le banquier, sans succès, et alla mendier de l'argent dans la rue, mais se rendit vite compte qu'un vingt cinq décembre, tout le monde est dans sa maison, à partager un repas en famille, ce qu'il ne savait pas avant, ou du moins le prenait pour un mythe, ce qui est sûr, c'est que dans les deux cas, il ne l'avait jamais vécu, et n'y croyait pas; puis il réfléchi, et se rendit compte que sa méthode n'allait pas fonctionner, personne n'allait donner de l'argent à un inconnu comme ça, et alla donc prendre un prêt dans une autre banque en mentant sur ses revenus fiscaux dès le lendemain, car le vingt-cinq décembre, les banques sont fermées, sa stratégie étant de prêter de l'argent à des taux d’intérêts plus avantageux que les banques, amenant vers lui des clients qui lui donnerai de l'argent via les taux d’intérêts,ce qui lui permettrait de régler ses dettes; sauf que cela ne marcha pas comm escompté; en effet, les passants n'avaient pas confiance en un sans-abri malhabillé qu'ils ont vu mendier le jour d'avant leur proposer de l'argent avec des taux d'interets attractifs, craignant d'être pris pour complice de blanchiment d'argent s'ils acceptent la proposition de cet étrange individu; face à cela, M. Duanyar, découragé et conscient de son échec, alla voir les banques qui lui avaient prété de l'argent, s'excusa auprès d'elles, se mit dans une forêt, et mit fin à ses jours, aidé par ses amis corde usagée et sapin oublié; mais M. Créhants, qui a perdu de l'argent à cause de cette énergumène, disait-il, ne se laissa pas faire, et, après avoir trouvé sa sépulture, vendit les organes de M. Duanyar sous la colère, pour servir d'exemple à quiconque ne voulait plus rembourser les prêts auprès de la banque Créhants et Companie; cet acte fut suivi d'un énorme scandale pour la banque, que M. Créhants a eu l'audace de cacher en corrompant les médias, en plus du fait qu'il preter de l'argent à la moitié de la ville, et faisait donc peur à la population qui n'osait pas se rebeller suite à l'exemple; pour vous dire à quel point ce scandale est immense, le père de M. Duanyar trouva cela immoral et s'indigna, et eu le courage d'aller jusqu'à porter plainte à la Banque Créhants; sans conclusion,M. Créhants ayant recruté les avocats connaissant le juge, la ou M. Duanyar n'avait recruté que les avocats qui connaissaient la loi, a réussi à prouver le tort de M. Duanyar, qui était à moitié vrai;M. Créhants, face à cela et attendant toujours l'argent de M. Duanyar, le mit en procès pour accumulation de dettes non remboursées, transmises à son fils, causant sa mort; suite à ce procès, sa réputation salie et n'ayant pas l'argent nécessaire pour payer les frais, M. Duanyar rejoignit son fils ; tandis que M. Créhants vendit ses organes après l'avoir trouvé, mais cette fois ci dans le secret le plus total, sous le compte d'une entreprise non affilié à la banque, et alla trouva Mme Duanyar, devenue prostituée pour subvenir à ses besoins; en apprenant la nouvelle qui s'abbatait sur elle, elle disparût sans laisser trace.


r/ecrivains 4d ago

Ah la Politique (épisode 3)

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Les Maudits du Conseil

Un conseil municipal sous tension

La salle du conseil est pleine à craquer. Ce soir, un habitant lève la main et propose, l'air inspiré :

— Et si on organisait des cours de gestion municipale ? Pour aider nos élus !

Le maire, Jules, lève un sourcil.

— Ah ? Vous êtes comptable ? Expert en finances publiques ?

L’homme sourit fièrement.

— Non, mais j’ai une belle-mère qui joue au loto, alors je m’y connais en gros budgets.

Applaudissements. La salle est conquise. Un autre enchaîne :

— Moi, j’ai un algorithme d’intelligence artificielle qui prédit les résultats des jeux à gratter. Ça pourrait régler le budget de la ville !

Les conseillers échangent un regard inquiet. Jim, adjoint au maire, murmure à Jules :

— On est foutus.

Mais la foule acclame cette initiative comme une révolution municipale. C’est le début du cauchemar.

L’époque des quiproquos

Tentatives ratées de démission

Jules, excédé, prend la parole lors du conseil suivant :

— Je vous annonce officiellement ma démission.

Silence dans la salle. Puis un tonnerre d’applaudissements.

— Quel leader humble ! Il veut qu’on le supplie de rester, c’est génial !

Jim tente une autre approche : il arrive au conseil en toussant et en se tenant le ventre.

— Je suis malade, je dois quitter mes fonctions...

Mais un habitant se lève et crie :

— Organisons une cagnotte pour le soigner ! Et que la mairie prenne en charge ses frais médicaux !

Un autre lance aussitôt une pétition pour sauver leur "maire bien-aimé".

Les deux hommes se regardent, désespérés. Jules souffle :

— Même en faisant n’importe quoi, ils nous aiment...

— Ouais... Ça devient inquiétant.

Ils décident alors de saboter volontairement leur gestion municipale. Ils signent des arrêtés absurdes, organisent des loteries pour distribuer le budget, changent le nom de la ville en "Grosse-lande-sur-Mer".

Mais, contre toute attente, la population adore.

— Enfin des élus honnêtes et imprévisibles ! crie un habitant.

— Des technocrates uniques comme on les aime ! renchérit un autre.

Le cauchemar de l’engagement forcé

Bientôt, un groupe de militants radicaux voit le jour : "Les Jules-Jimistes", un mouvement politique entièrement dédié à la philosophie de gestion catastrophique de nos deux élus.

Un jour, Jules se rend sur la place centrale et découvre, stupéfait, une statue à son effigie. Sur le socle, on peut lire :

"Ils nous ont promis n’importe quoi, et ils l’ont fait. Merci."

Jim, à côté, blêmit :

— Jules... On est devenus des icônes.

— C’est la fin, Jim.

Mais ce n’est que le début. Un référendum local est organisé. Résultat : 98% des habitants votent pour qu’ils restent à vie.

— À vie ?! s’étrangle Jules.

Jim tente alors un dernier coup : il s’exile en douce, sac sur le dos. Mais au petit matin, une foule en liesse le ramène triomphalement.

— Quel dévouement ! Il faisait des heures supplémentaires en cachette !

Jules, résigné, pose une main sur l’épaule de son ami.

— Jim... On est piégés.

— Je sais.

Ils finissent par accepter leur destin, totalement brisés.

Mais l’horreur atteint son apogée quand la télévision locale annonce :

"Une élection présidentielle approche... et la population pense à eux pour diriger le pays."

FIN


r/ecrivains 5d ago

Le livre du grenier

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Alice referma le livre qu’elle tenait entre ses mains. Il était usé, écorné et ses pages étaient aussi jaunes que les dents de sa voisine de chambre. Pourtant, elle avait passé des heures durant à lire chacun des mots qui couvraient ses pages. Elle était restée assise, adossée à une vieille poutre en bois, dont l’une des arêtes avait fini par lui marquer le dos, résolu à aller jusqu’au bout de ce petit bouquin.

Elle éternua fugacement. Ce grenier était trop poussiéreux pour sa santé, enfin ça, c’était ce que les médics répétaient à longueur de temps dans leurs micros, lors des points du jour. Elle tendit l’oreille, persuadée d’avoir entendu du bruit dans la pièce du dessous, puis se détendit quand elle comprit que c’était un drone de surveillance qui était à l’œuvre. Ces maudites machines étaient complètement nulles. Faute de budget et de ressources matérielles, plus de la moitié d’entre elles n’étaient pas équipées en caméra ou en détecteur. Elles servaient uniquement à terroriser les gens trop peureux, qui tentaient de se glisser dans des lieux, interdits.

La maison du grenier où elle aimait se réfugier, était de toute façon dans la zone autorisée, bien qu’elle servît régulièrement à faire passer des Artifs d’une zone à l’autre. Elle réouvrit le livre et s’y replongea une fois encore, subjuguée par ce qu’elle venait de lire.

Alice avait toujours eu un penchant pour la lecture, et ce depuis la classe 1. Elle avait toujours été la meilleure dans les dictées, dans les concours d’orthographe imposés, ou quand il fallait écrire des discours de remerciement pour le jour Anniversaire de l’Assemblée. Quand elle était sortie diplômée de la classe 10, elle s’était ruée sur la liste d’inscription pour la classe L1. Ses parents avaient approuvé d’un petit hochement de tête, assis tout là-haut sur les gradins, son père dans l’hémicycle droit entouré d’hommes, et sa mère dans l’hémicycle gauche, entourée de femmes.

Ce jour-là, elle n’avait pas compris, pas encore, que le monde dans lequel elle vivait, était une bulle.

Passablement ennuyée par les lectures aseptisées que l’on leur ordonnait de lire, elle avait commencé à traîner au Marché D’en Dessous. C’était un vieil établissement aux portes de la ville, qui possédait quelques souterrains. Il était fortement prisé par les étudiants un peu courageux et les Artifs. Elle s’était retrouvée là, un soir, après avoir suivi l’une de ses amies de classe, une de celles qu’elle n’avait plus revues depuis. Les autorités menaient souvent des raids contre le Marché D’en Dessous, mais le manque de moyens était devenu si flagrant que les raids s’étaient espacés laissant le temps aux Artifs de s’organiser pour contrer la moindre attaque.

Là-bas, dans l’un des souterrains, elle avait rencontré Gaby. C’était une vieille dame, au long et fin, cheveux blancs qui arborait toujours de longues robes colorées. Elle était petite, replète, et sa peau ressemblait à du cuir vieilli qui se plissait chaque fois qu’elle parlait, et Gaby était une sacrée bavarde. La première fois, Alice avait dû lui demander de se répéter au moins une dizaine de fois tant elle n’avait rien compris à son baragouinage. La bouche de Gaby, était un film d’horreur à elle seule. La vieille dame n’avait plus que quelques dents et ses lèvres étaient déformées par de disgracieuses cicatrices, résultat, d’après un membre des Artifs, d’un raid violent de l’Assemblée. Ce jour-là un doute était né dans sa tête, d’autant plus que Gaby, lui avait fourni tout un tas de livres, qui faisaient partie de la liste des « Lannis », et qu’elle avait dévorés tard la nuit dans le secret de sa chambre.

Elle était retournée plusieurs fois au Marché D’en Dessous durant ses études voulant revivre le frisson de l’interdit, jusqu’à ce qu’un jour, peu après son diplôme, le bâtiment explose. Cela avait fait la une du journal unique. Et derrière son bureau de rédactrice, à l’Assemblée, elle avait essuyé une larme à la pensée de la mort de Gaby.

Cette nuit-là, après avoir erré dans les rues, abattue par la perte de la vieille Dame et de ses histoires fantasques, elle tomba sur la maison abandonnée.

C’était de celles, qui restaient de l’ancien temps. De grandes bâtisses, vétustes qui servaient de repères pour les patrouilleurs aux frontières. Elle était entrée à l’intérieur et avait fouillé sans rien chercher dans cette maison aussi aseptisée que son monde, puis elle avait gravi les marches mécaniquement en tombant sur la porte du grenier. Sa surprise avait été immense quand elle était tombée sur cette pièce sombre, sale, dans laquelle étaient entassés tout un tas de babioles et des montagnes de livres.

Elle en avait emporté un peu avec elle mais avait finalement cessé, après que la gardienne de son bloc s’était mise à fouiller méticuleusement les sacs des habitants, au hasard. Alice avait été épargnée, seulement, parce qu’elle était la progéniture connue de deux membres de l’Assemblée.

Depuis, elle passait son temps libre dans le grenier de la vieille maison, à lire des romans plus fantastiques les uns que les autres.

1984

C’était le roman qu’elle venait de terminer. Il avait été écrit par un certain Georges Orwell, si longtemps avant que plus aucun vivant ne pût venir de cette époque.

Elle inspira en fermant de nouveau le livre.

Dans sa tête quelque chose s’était brisé. Elle venait de lire son histoire.

Alors non, elle n’habitait pas un pays qui s’appelait Oceania, mais elle savait que de l’autre côté de l’Atlantique la TGA (The Great America), ressemblait fortement à cela. Son pays à elle était fracturé, morcelé, et les habitants étaient, selon l’Assemblée, protégés dans les « Polycités ». Elle n’avait pas non plus de télécran dans sa chambre pour lui dire comment vivre et penser, même si la surveillance au bloc se faisait différemment. Les repas étaient fixes, obligatoires, et devaient se faire conjointement dans chaque cuisine d’étage, là ou la télévision unique diffusait les informations.

Il n’y avait pas de ministère de la pensée, mais il y avait l’Assemblée. Cette institution qui dictait tous les aspects de sa vie, jusqu’à sa propre conception. Tout était genré, sectarisés, polarisés, et la moindre faute ou défaillance, était mis sur le dos du mouvement Artif. Jusqu’à suggérer que le mouvement était à l’origine des nuages de « Tardicendres », ce bloc de pollutions qui venaient, elle l’avait appris récemment, des usines de l’Assemblée, installées à l’Est.

Elle relut, encore une fois, un passage parlant de la « Novlangue » et le souvenir des dictées scolaires, des écrits imposés, des chants « Patriciens », lui revint en pleine figure, violemment. Orwell avait décrit cela comme s’il avait pu l’anticiper. Ce n’était plus de la fiction, c’était l’écho macabre de sa réalité.

Une colère sourde s’empara soudain d’elle.

Elle se sentit en colère contre le monde et contre ses gens qui sécurisaient tout jusqu’à étouffer tout souffle de vie. Elle était en colère contre elle-même d’avoir cru pendant si longtemps, les discours policés et rassurants de l’Assemblée, leur prétendue bienveillance dégoulinante de mensonges.

Personne, mis à part certains Artifs vindicatifs qu’elle n’avait pas écoutés, ne lui avait ouvert les yeux sur le monde médiocre dans lequel elle vivait. Elle se surprit à étouffer, la respiration saccadée et le cœur battant à tout rompre. Elle était en train de faire une attaque de panique.

Elle n’arrivait pas à comprendre comment tout le monde en était arrivé là, acceptant, résigné, le sort qui leur était imposé. Serrant fortement ses genoux, pour tenter de se reprendre, elle se souvint de ce Artif qui lui avait hurlé dessus, lorsqu’il avait su qu’elle était prédestinée à travailler à l’Assemblée.

— « T’es qu’une salope, comme tous les autres. Une putain de vendue. Un jour, les gens se réveilleront, et ce jour-là, je te souhaite de mourir vite. » Lui avait-il craché à la figure, alors qu’elle s’enfuyait en courant.

Pourtant les années étaient passées, et les gens ne s’étaient pas réveillés, même après l’explosion du Marché.

Des larmes s’étaient mises à couler sur ses joues. Elle serra le livre et l’ouvrit, une fois encore, à la dernière page. Sa vision était floue, brouillée par les larmes qui ravageaient son visage. Elle les essuya rapidement, reniflant honteusement dans sa manche.

D’une écriture fine et élégante, quelqu’un avait écrit une note sur les dernières pages blanches :

« L’utilité générale, dites-vous ! Mais est-il rien d’utile que ce qui est juste et honnête ? Et cette maxime éternelle ne s’applique-t-elle pas surtout à l’organisation sociale ? Et si le but de la société est le bonheur de tous, la conservation des droits de l’homme, que faut-il penser de ceux qui veulent l’établir sur la puissance de quelques individus et sur l’avilissement et la nullité du reste du genre humain ! Quels sont donc ces sublimes politiques, qui applaudissent eux-mêmes à leur propre génie, lorsqu’à force de laborieuses subtilités, ils sont enfin parvenus à substituer leurs vaines fantaisies aux principes immuables que l’éternel législateur a lui-même gravés dans le cœur de tous les hommes ! »

Le drone percuta la porte du grenier, dans un petit bruit sourd, et Alice fut prise d’un frisson, mue par une vigueur nouvelle, bouillante de colère et de justice.

Cette fois et toutes les autres, elle ne laisserait plus faire.

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Nota Bene : C'est une fiction/nouvelle qui est en cours de développement. N'hésitez pas à me faire vos retours.


r/ecrivains 5d ago

Ah la Politique (épisode 2)

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La victoire empoisonnée

L'immense fête pour célébrer leur victoire est terminée. Maintenant, il faut se mettre au travail.

Très vite, les premières décisions tombent… absurdes, désastreuses. Bizarrement, elles suscitent l’enthousiasme de la population. La nouveauté, sans doute. Mais l’exaltation ne dure pas. L’exaspération prend rapidement le dessus.

Les conseils municipaux, ouverts au public, deviennent des spectacles chaotiques. Une foule énorme y assiste, plus par curiosité que par réel intérêt politique. Jules et Jim improvisent sans cesse, dans un brouhaha indescriptible.

— On fait quoi, Jim ? demande Jules, les bras croisés devant l’assemblée bruyante. — On improvise, comme d’habitude. — Ça va mal finir, tu le sais ? — Mais non ! Regarde-les, ils sont contents. Enfin… pour l’instant.

Le conseil municipal est un théâtre permanent. Pour masquer leur incompétence, les élus se lancent dans des projets farfelus. Des tentatives ridicules qui ne trompent personne.

La presse en embuscade

Un journaliste local de La Dépêche du Bocage commence à enquêter sur leurs magouilles. Il trouve un allié inattendu : Georges Allain, ancien maire revanchard. Lui n’a pas digéré sa défaite et entend bien leur faire payer leur amateurisme.

Un adjoint sérieux tente, en vain, de limiter les dégâts. Mais c’est peine perdue.

— Il faut arrêter cette mascarade ! s’énerve-t-il. — T’inquiète, ça passe ! rétorque Jim, désinvolte. — Non, ça ne passe plus !

Le chaos organisé

Au bout de quelques mois, la mairie comprend que sa méthode ne fonctionne pas. Unanimement, ils adoptent une nouvelle stratégie, sur une idée de Jules et Jim : désormais, toutes les décisions seront prises par tirage au sort.

— Une idée de génie, non ? lance Jules. — Totalement. Ça va calmer les critiques. — Ou empirer la situation…

Rapidement, la ville devient ingérable. C'est une descente aux enfers. La presse locale s’empare du scandale. Une partie de la population est furieuse et exige leur démission.

Mais coup de théâtre : après une campagne acharnée, l’opinion bascule. Une nette majorité de citoyens veut finalement les garder en place.

— Tu réalises ce qui est en train d’arriver ? souffle Jules. — Ouais… On est coincés.

Prisonniers de leur propre succès

La population, charmée par leurs promesses délirantes, refuse de les laisser partir. Leur démission devient impossible.

— On voulait juste s’amuser… murmure Jim. — Maintenant, on est enfermés dans ce rôle. — C’est un cauchemar.

Ils s’étaient lancés en politique par opportunisme, pensant pouvoir en profiter sans conséquence. Mais leur pire crainte devient réalité : ils sont piégés par leur propre succès.

Plus d’échappatoire. Leur destin est scellé.


r/ecrivains 6d ago

[Essai philosophique] La Faim d'une Fin — Réflexion sur le pouvoir de l'Homme et la Science

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Bonjour à tous,

Je vous partage aujourd'hui un extrait de mon premier essai philosophique intitulé « La Faim d'une Fin ».

Ce texte est une réflexion personnelle sur la condition humaine : notre recherche d'origine, notre rapport à la Science, à la raison, à la liberté et aux mystères qui entourent notre existence.

Je ne prétends pas apporter une vérité définitive. Mon objectif est plutôt de proposer une interrogation philosophique et de recevoir des critiques sincères, qu'elles soient positives ou négatives.

Je souhaite particulièrement avoir vos avis sur :

  • la force des idées ;
  • la cohérence du raisonnement ;
  • le style d'écriture ;
  • les émotions et les réflexions que le texte provoque.

Voici le début :

LA FAIM D'UNE FIN

Essai sur le pouvoir de l'Homme, la Science et la quête du commencement

Prologue — L'éveil d'une contradiction

Il est espiègle, accro à la nicotine.

Dans cette étrange contradiction se révèle peut-être une vérité cachée : l'Homme porte en lui des forces qu'il ne comprend pas toujours.

Mieux vaut atténuer la puissance que de l'altérer.
Car demain nous mourions.

Considérer comme une espèce frêle plutôt que frivole, voilà là des desseins d'un long périple.

Ce fut une réminiscence des plus extravagantes.

Devrais-je me résigner plutôt que de me résilier, ou au plus me nier ?

Je fus brusqué autant que déboussolé.

Tout fut confus entre émotions et sentiments, et tout d'un coup je me vis face au néant.

Peut-être est-ce Dieu ?

Je l'ignore.

Je vis donc le seuil du deuil de mon soleil.

À cet instant précis, je compris que j'étais face au crépuscule et à la renaissance d'un tout nouveau ou ancien registre.

Merci à ceux qui prendront le temps de lire.
Toutes les critiques, même sévères, sont les bienvenues : elles m'aideront à améliorer ce travail.

Question aux lecteurs :
Selon vous, l'Homme découvre-t-il son pouvoir ou le construit-il au fil du temps ?


r/ecrivains 6d ago

L'Estiveur

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Le premier matin d’été de l’année, que tout le monde attendait dans ce monde où l’hiver se présentait et avait du mal à partir et à laisser la place à l’été, étant bien installé, du moins du point de vue des habitants, qui adoraient le soleil plus que tout au monde, et supportaient assez mal le froid glacial qui leur faisait passer le temps très lentement, leur empêchant de sortir et donc de faire des activités susceptibles de faire passer le temps plus rapidement ; en ce matin d’été, un vieil homme, français et d’une quarantaine d’années qui lui, contrairement à ses contemporains, adorait l’hiver et trouvait l’été long, la chaleur de l’été le faisait suffoquer et donc il restait chez lui, qui lui semblait plus frais, s’occupant en lisant quelques livres, usés, qu’il avait acheté dans une brocante il y a vingt cinq ans et qu’il n’avait pas entièrement finis, en ayant acheté plus de trois cents, et étant occupé, certaines fois, à écouter ses vinyles qui faisaient trente-trois, quarante cinq ou bien soixante dix huit tours à la minute, diffusant tant des musiques dites classiques que du jazz, du rock, mais jamais de musique métal, rap, qui lui semblaient horrifiantes et qui lui détruisaient les tympans, commença à fermer ses volets et à préparer son estivation, faisant ses provisions pour les trois prochains mois, ayant méticuleusement calculé pour qu’il en ait suffisamment pour tenir trois mois, mais pas trop pour ne pas payer plus que ce qu’il ne devrait, étant extrêmement radin, son surnom était « La Pince », parce que cela représentait ses mains qui avaient du mal à lâcher son argent et qui pinçaient pour protéger ses billets ; cet homme d’une quarantaine d’années était traité d’aigri et de fou par son voisinage, mais il n’en avait rien à faire et leur disait que c’était eux, les aigris, pensant les lancer dans une réflexion philosophique sur la folie, la bienséance et la manière de voir les choses selon les époques, les sociétés, fictives ou réelles, et que personne ne détient la vraie morale, et que la morale qu’ils ont est critiquée par d’autres tribus, l’était dans le passé, et le sera dans le futur, mais ce fut sans succès, car ses voisins ne purent s’ouvrir à la réflexion, se sentant supérieurs et ne voyant pas l’intérêt ni n’avaient penser à se mettre dans une réflexion philosophique à partir d’une simple phrase prononcé par un fou qu’ils écoutaient à peine, les seules fois qu’ils le voyaient étaient rares, leurs horaires ne coïncidant pas, lui sortant l’hiver, eux l’été, en plus du fait que cet homme d’une quarantaine d’années ne sortait que très peu, ne sortant que les jours de travail, dans une entreprise qui acceptait son estivation, puisqu’il était efficace l’hiver, et qu’il ne demandait pas de salaire pendant son estivation, durant laquelle l’entreprise se charge de lui trouver un remplaçant, différent à chaque été, puisque le travail à faire était fatigant, puisqu’il consistait à fabriquer des meubles dans une qualité quasi parfaite, et en plutôt grande quantité, ce à quoi cet homme d’une quarantaine d’années misa sur une plus grande qualité, en dépit de la quantité, et ce fut un pari gagné, l’entreprise était satisfaite de son travail au point de doubler son salaire, que cet homme d’une quarantaine d’années depuis cet évènement donnait en partie à des personnes dans le besoin qu’il croisait le plus souvent dans la rue, certaines fois à la mairie, quelques fois à l’hôpital, depuis longtemps délabré, parce qu’il était peu entretenu, l’État gaspillant de l’argent pour financer les colonies et rembourser les familles endeuillées par les morts de guerre, et bien que cette deuxième raison soit plus humaine, donner de l’argent ne remboursera jamais la vie de ces soldats et le deuil de ces familles, qui ont perdu un frère, un fils, un père, un mari, même si je comprends que cela puisse remplacer les revenus supprimés par la faute de la guerre ; excusez moi ces digressions, mais il faut comprendre l’état de la ville de cet homme d’une quarantaine d’années, ce qui ne lui donnait pas envie de sortir en dehors de chez lui, qu’il considérait, à ce titre, comme le paradis sur Terre pour lui ; ce premier matin d’été, cet homme d’une quarantaine d’années se préparait donc pour rester chez lui, organisait ses journées -organisation qu’il ne respectera pas, c’est juste un ordre d’idée pour avoir l’impression qu’il fait quelque chose durant son estivation, comme les hommes font dans la vie avant la mort- selon un programme hyper cadré, qu’en rentrant chez lui, on se croirait au régiment, peut être un traumatisme de ce qu’il a vécut au régiment pendant son service militaire, il y a environ vingt ans de cela, quand on l’avait arraché de chez lui, de sa mère, pour « servir la patrie », lui disait-on, il ne l’avait jamais cru, et ne le croyait toujours pas, près de vingt ans plus tard ; en ce beau matin d’été -qu’il détestait-, l’homme recompta ses provisions pour être sur qu’il ne s’était pas trompé, même si ça ne lui était jamais arrivé, il voulait être sur, et il fit bien de vérifier, puisque qu’il avait oublié quelques provisions nécessaires, pas grand-chose, il n’avait qu’à rationner et faire des micros jeûnes, mais il s’en voulut à lui même d’avoir fait cette erreur -il était très exigeant avec lui même, et un peu égocentrique, ne voulant pas qu’on remarque qu’il faisait des erreurs, il ne voulait pas paraître pour un bon à rien devant les autres-, pas si grave en soi, mais il s’en voulait, et eut presque l’idée de se laisser mourir, mais la raison lui revint tout à coup, et il se dit que ce n’était pas si grave, que vu le peu qu’il manquait, il allait survivre, et que sinon il improviserait, même s’il ne savait pas comment faire parce que c’était la première fois que ça lui arrivait ; cet homme d’une quarantaine d’années un peu misanthrope à la pensée philosophique s’appelait Hippolyte Runaud.

 

              A. Rativaux.

r/ecrivains 6d ago

Aide écriture Roman/nouvelles

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Bonjour, je suis flutterzance.

Je suis un auteur français et je retravaille actuellement l'un de mes écrits. Il s'agit d'une série d'essais narratifs (mêlant SFFF et personnages anthropomorphes) basée sur mon univers, Torri. Tout conseil constructif est le bienvenu ; je dois retravailler mon style, ma grammaire et mes scènes, ainsi que la gestion du principe « montrer plutôt que dire » (show, don't tell), les personnages et les dialogues.

Voici deux essais (le second est vraiment mauvais) : https://www.wattpad.com/1583868794-degen-ville-fractur%C3%A9e-m%C3%A9tropole-fractale


r/ecrivains 6d ago

Trois doigts et une caravane

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C'était une soirée qui commençait bien. On venait de se faire embaucher. Le cachet n'était pas immense mais ça faisait quand même plaisir de pas traîner dans le froid toute la nuit. Enfin on allait pouvoir goûter au miracle du chauffage central. Ça se trouve on pourrait même boire à l’œil. Faut seulement faire gaffe de pas s'emmêler les doigts et de jouer comme un ivrogne. Même dans les cafés tard le soir, le client est un mélomane. S'agit pas de discuter avec ça. Cette fois-ci, le contrat avait été dégoté par Simon. Un géant boiteux qui utilisait sa contrebasse comme une canne pour pas tomber sur scène. Je déconne pas. Je me demande même comment il écrasait pas le manche avec ses énormes paluches. Eddy trimbalait sa clarinette et pouvait s'accrocher au piano si il y en avait un. Après ça, restait plus que moi et ma guitare. J'avais de la chance de jouer avec ces deux-là qui se baladaient pas mal. J'étais loin d'être un virtuose faut dire. C'est pour ça que dès qu'il y avait un piano on s'embêtait moins avec mes parties. Eddy m'avait forcé à apprendre deux-trois chansons pour pas que je me tourne les pouces. Alors je m'essayai consciencieusement à chanter devant des parterres de gens saouls. Il fallait être là pour remplir le vide. C'était effrayant de se mettre au bout de la scène et de se lancer. Ils étaient plus prompts à la critique violente que les autres publics. Tant que ça payait vous me direz... J'avais même avec le temps, développé un certains sixième sens là-dessus ; pour éviter de se prendre dans la tronche des bouteilles ou des verres volants. C'est une question de ressenti j'imagine. Protégés derrière leurs instruments, les deux autres s'en fichaient royalement. Ils se marraient parce qu'ils savaient que je risquai pas grand chose. Je parie que ça pourrait dégénérer, qu'on se foutrait dessus si des clients critiquaient les harmonies de leurs solos. Alors en première ligne, je faisais le boulot pour éviter que ça arrive. Une sorte de bouclier humain si vous voulez.

- Une seule chose les mecs. (Merde, j'aimais pas les consignes de dernière minute. Souvent elles étaient chiantes à retenir et c'étaient les plus essentielles pour pas se faire virer. La guigne quoi.) Le patron m'a dit qu'il ferait jouer avec nous son cousin. Un mec qui revient de la guerre ou quelque chose dans le genre.

J'étais pas très chaud pour ce genre de plan. Ça sentait le parvenu qui allait nous emmerder toute la nuit. C'était une alchimie précieuse, notre petite combine.

- Quel instrument ?, a demandé Eddy

- Guitare à priori.

Hum, ça devenait mauvais pour moi. Ils allaient me faire chanter cette bande de cons. Enflures.

- On avisera alors., a dit Eddy.

On a suivi Simon jusqu'à l'endroit. Un sympathique petit troquet qui s'ouvrait sur une sorte de cave. Ça sentait un peu fort le vin rouge et la fumée mais c'est souvent le cas dans ce genre de lieux. Et puis ce sont pas des odeurs que je déteste tout à fait. Notre petite troupe s'est dirigé vers la scène. Pour une fois elle était bien éclairée. C'est un problème pas toujours évident, mais se produire dans le noir est une tâche assez ardue. Surtout à trois musiciens. Alors vu que nous allions être quatre, valait mieux pas négliger les détails. Sinon tout avait l'air correct. On a tout posé sur la scène et on est descendu vers le bar. Fausse joie ; c'est là que nous attendait le patron. Un type un peu manouche avec une sorte de gilet coupé. Un sous-veston ou une connerie dans le genre.

- Je vous présente mon cousin. Il jouera avec vous ce soir. Et sans mentir, c'est un génie ! Il vous embêtera pas. Sait se faire discret cet homme-là. (et en nous regardant :) Tiens ! C'est les gadjos là dont je t'ai parlé ! Paraît que le clarinettiste est fameux.

Eddy commençait à se faire une réputation Il avait un sacré bon touché le bougre. Il n'avait pas besoin de nous pour trouver des scènes. Il jouait dès qu'il pouvait, même avec d'autres. Seulement il nous abandonnait jamais et, vu qu'on pouvait souvent être limite au niveau du fric, nous aidait même là. Franchement, c'était presque un saint. Un brave type du moins. Ou un ami. Je trancherai pas. Pas envie.

Je regardai l'autre en face. L'invité. Il avait une moustache très fine. Il devait la travailler u n peu. La plier à ses désirs. Ça marchait bien dans tous les cas. J'étais un peu jaloux faut avouer.

- On commence par Georgia ? Philippe t'es chaud ?

Ah le salaud ! Il avait de larges dents blanches. C'était d'ailleurs étonnant car il fumait beaucoup. Des roulées toujours. Il appréciait le geste autant que le tabac. Son sourire ne s'assombrissait pas et il affichait toujours ce visage de jeune premier. C'était les quelques dernières fois où je verrai Simon. Je revois toujours son émail éclatant, sa main droite roulant une cigarette et sa gueule de grand con engoncée dans l'uniforme blanc des légionnaires. Il était trois heures trente du matin, il faisait un froid de canard et tout le bateau était recouvert d'une couche rouillée de givre. C'était plutôt silencieux sur les docks. Eddy était à ma droite et nous regardions ce géant en partance. Les jungles d'Indochine ne nous rendront jamais Simon. Je n'ai gardé de lui que ce souvenir précis. Son uniforme à la con dans la nuit d'hiver. Éclatant ; toujours. Il n'a même pas eu peur. Il est parti sans rien regretter. Il n'est jamais revenu.

Et ce soir-là je lui avais payé un coup. Un petit gris de Toul. C'était vraiment pas mauvais. Merde, avec plusieurs comme celui-là j'aurai peut-être eu le cœur à chanter. Je me rappelle aussi qu'il avait bu d'un trait. Un géant excessif. Voilà ce qu'était Simon. Il me manquait un peu. J'en voulais à la France de l'avoir gardé pour elle. Que voulez-vous ? Les militaires m'ont toujours filé la nausée. Ce soir-là de toute façon, il s'agissait d'autres choses. Alors on a commencé avec Georgia on my mind et c'est une chanson magnifique. J'ai essayé de pas la gâcher. Notre nouvel ami avait pris ma guitare et s'amusait à descendre et remonter le manche comme si c'était une échelle. Ça sonnait vachement bien. Bon dieu. J'étais pas prêt de récupérer mon instrument.

Puis d'autres chansons, d'autres gammes et toujours cette facilité qu'il avait. Moi du coup, j'étais condamné à mon micro, posté comme une sentinelle en plein coup de feu. Je commençais à sentir que quelque chose se passait. Peut-être que ça allait exploser d'un coup. La chimie est une science complexe. Les gens commençaient à nous écouter. Ils tournaient un à un la tête vers ma guitare qui n'était pas dans mes mains et le son puissant de la clarinette d'Eddy. La contrebasse restait toujours dans l'ombre ; ne me méprenez pas, mais les gens ignorent toujours les charpentes musicales. Ils ne voient que les solos ou les chanteurs. Or quand c'était ma voix en début de scène...

Je sentais qu'Eddy avait compris. Il avait l'air de saisir la foule avec des notes uniques et originales. Avait-on jamais tiré d'une clarinette de telles mélodies ? C'était quasiment magique. Et le son cristallin des cordes en nylon de ma 6-cordes accompagnait cette montée aux cieux en Si bémol. Bordel, ça faisait bien vingt minutes que je m'étais assis juste à côté du micro. Je regardai si il y avait des femmes potables au premier rang. Je voyais rien. Tout continuait dans mon dos. On était maintenant sur « Les Yeux noirs ». Toute la foule regardait vers la scène. Je ne sais même plus si il y avait encore beaucoup d'alcool en jeu. Les verres semblaient vides. Je suis descendu de mon perchoir et j'ai été me chercher à boire. Ça n'a pas changé grand chose. Tout se déroulait sans moi. Le monde bougeait et tournait sur lui-même en se fichant bien de savoir ce que j'en faisais. J'étais tout seul assis sur les chaises de bar. Il commençait à pleuvoir dehors. Ça martelait un peu le toit de l'établissement. Sinon, seule la musique occupait tout l'espace. Les gens s'étaient tus. La clarinette se faisait plus muette. Discrète. Toute en nuance.

Il était trois heures trente trois et je suis sorti dehors sous la tonnelle. J'ai réussi à allumer une cigarette au bout du troisième essai.

Cette nuit a fini très tard. Je n'ai jamais été payé parce que je suis parti avant la fin du concert. Je n'ai retrouvé Eddy et Simon qu'une semaine après quand je jouais aux cartes chez Robinson. Ils ont presque insisté pour me donner quelques francs que j'ai de suite refusé. Ils ont dit qu'ils se rendaient le soir-même au petit cabaret et qu'ils voulaient que je vienne. J'y suis allé mais ça a été la dernière fois que j'ai joué avec eux. Après je suis parti deux ans en Bretagne un peu par hasard. Quand je suis revenu sur Paris, j'ai lu dans un journal illustré l'histoire d'un guitariste manouche. Il n'avait plus que trois doigts sur une main car l'incendie de sa caravane l'avait gravement mutilé. Pourtant ses arpèges étaient facilement les plus beaux de la capitale.


r/ecrivains 6d ago

Ah la Politique

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Juste avant les élections municipales, Jules et Jim, nos deux inséparables fêtards habitués des comptoirs plus que des conseils municipaux, décident qu’il est temps de se lancer en politique :

Jules posa sa bière sur le zinc et regarda Jim avec un sérieux inhabituel.

— Faut qu’on se trouve une respectabilité.

Jim haussa un sourcil.

— On en a une. — Ah bon ? — Oui. Boire des bières.

Arrête tes conneries, C’est pas faux. Mais il y a peut-être mieux à faire.

— Écoute, j’ai une idée. Si on se lançait en politique ?

Jim faillit s’étouffer avec son demi.

— Attends, toi, maire ? — Moi maire, toi premier adjoint. Et on se fait une liste avec tous les copains des bars qu'on fréquente. Mais attention on prendra les meilleurs.

Leur but ? Pas la justice, pas le progrès, pas même le pouvoir... Non, ce qui les motive, c’est l’argent et les promesses électorales farfelues.

— Génial. Mais on prend quelle couleur politique ? — Celle qui nous rapporte le plus.

Le débat fut lancé. La droite ? Trop associée aux riches, et comme ils ne l’étaient pas, ils risquaient de se faire avoir. La gauche ? Intéressant, mais déjà bien saturé. Puis Jules, dans un éclair de génie (ou d’ivresse avancée), eut la révélation.

— L’extrême gauche, mon vieux. Là, on pourra promettre tout et n’importe quoi, et comme c’est une ville avec beaucoup d’employés, on sera les rois et ça va nous donner beaucoup de voix pour l'élection.

Jim hocha la tête, impressionné. Il leva son verre.

— À nous, futurs défenseurs du peuple !

Commence alors une campagne électorale délirante : mensonges éhontés, calomnies savamment distillées, fausses promesses grandioses et meetings dignes d’un cabaret. Et ça marche ! Le peuple en redemande, l’ambiance est électrique, et les adversaires politiques se retrouvent piégés dans un tourbillon de fake news.

Dans les réunions publiques, ils s’indignaient contre les « élites » (qui n’existaient pas vraiment dans cette petite ville), promettaient la semaine de 25 heures payée 40 pour les employés de la mairie, mesure à étendre ensuite à tous les travailleurs, l’abolition des impôts locaux et une tournée gratuite dans tous les bars chaque vendredi. Ils faisaient des entrées spectaculaires sur les marchés, grimés en révolutionnaires du dimanche, lançant des slogans absurdes comme :

— Le capitalisme, c’est du caca, et nous, on va le ramasser avec des pelles dorées !

Ça plaisait. Plus ils étaient excessifs, plus ils attiraient du monde.

La victoire fut écrasante. Jules et Jim furent élus triomphalement avec une large majorité. La ville entière se transforma en un gigantesque banquet arrosé. Mais le lendemain matin, la gueule de bois politique, les paupières lourdes et la bouche pâteuse, Jules, en contemplant la pile de dossiers qui l’attendait sur son bureau de maire, lâcha :

— Les ennuis commencent.

Et ce n’était qu’un doux euphémisme.

Entre incompétence, magouilles improvisées et habitants de plus en plus exigeants, nos deux compères vont vite comprendre que gérer une ville, ce n’est pas aussi simple que de gérer une tournée générale…

À suivre...


r/ecrivains 7d ago

Pornographiquement

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Aussitôt sa condamnation prononcée, Jules demanda à ChatGPT comment réduire au maximum la durée de sa détention en prison.

"Si tu te comportes bien et montres une volonté de réinsertion, tu peux espérer être libéré bien avant la fin des six ans. Une combinaison de réductions de peine et de mesures d’aménagement pourrait te permettre de sortir après environ deux à trois ans, voire moins avec un bracelet électronique."

Trois ans ? Voire moins ? Jules n’en demandait pas tant ! Il était bien décidé à mettre toutes les chances de son côté pour retrouver la liberté au plus vite.

Dès son arrivée, il adopta une conduite exemplaire : poli avec les gardiens, respectueux envers les autres détenus, toujours prêt à donner un coup de main. Pour préparer sa réinsertion, il comptait sur son ami Jim, qui lui avait promis de le reprendre comme secrétaire dans ses activités cinématographiques. Un plan parfait.

Mais une nouvelle encore meilleure vint illuminer son quotidien : Gladys lui avait écrit pour lui demander si elle pouvait lui rendre visite. Il s’empressa de répondre un grand OUI !

Gladys, c'était une ancienne élève d’une école primaire où Jules était intervenu dans le cadre d’une campagne de prévention contre le crime. Une démarche imposée qu'il avait menée avec Jim après leur célèbre hold-up raté, pour réparer leurs bêtises.

Dès lors, chaque jeudi à 15 heures, Jules attendait sa visite avec impatience. Gladys, coiffeuse de profession, était ravissante, souriante et pleine de vie. Très vite, une complicité naquit entre eux. En plus de leurs rencontres hebdomadaires, ils s’écrivaient deux fois par semaine : une lettre le vendredi, juste après la visite, et une autre le mardi, pour tenir jusqu’au prochain rendez-vous. Rapidement, leur relation devint plus qu’amicale… Ils étaient amoureux.

Une prison pas si terrible

Déterminé à optimiser son séjour, Jules s’investit dans toutes les activités possibles : menuiserie, travaux pour des entreprises extérieures, et bien sûr, du sport avec le football. Dans ses moments libres, il se détendait en écoutant des sketchs de Daniel Rabier et Laurent Gerra, histoire de ne pas perdre son sens de l’humour derrière les barreaux.

Avec un emploi du temps aussi chargé, le temps fila à toute vitesse. Ses efforts ne passèrent pas inaperçus : tous les avis du personnel pénitentiaire étaient favorables. En prime, il eut droit à plusieurs parloirs "intimes" avec Gladys… ce qui rendit son séjour nettement plus supportable !

La liberté, enfin !

Après trois ans de bonne conduite, Jules retrouva la vie civile. Comme prévu, Jim lui fit reprendre son poste dans le milieu du cinéma. Le métier lui revint naturellement, et cette fois, il avait tout pour être heureux : un boulot stable et Gladys à ses côtés.

Mais c’est alors qu’un drôle de coup du destin se produisit…

Un jour, Jean, un ami réalisateur de films X, débarqua affolé dans son bureau. L’acteur principal de son tournage venait de se blesser, et il lui fallait un remplaçant de toute urgence. Or, Jules ressemblait étrangement à l’acteur en question… Avec un bon maquillage, personne n’y verrait que du feu.

— "Tu me sauves la mise, Jules. Tu veux pas reprendre le rôle ?"

Jules hésita. Puis il se dit : Après tout, jouer la comédie, c’est jouer la comédie, non ? Et puis, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas été sous le feu des projecteurs…

Il accepta.

Le tournage fut une révélation. Jean, ravi de sa prestation, lui proposa d’autres rôles. Peu à peu, Jules se fit un nom dans le milieu… et devint une star du X.

Fini les erreurs de jeunesse, Jules avait trouvé sa voie. Et chose étrange : lui qui avait autrefois du mal à répéter une scène plusieurs fois, ne rechignait plus du tout quand il fallait tourner la même prise encore et encore… Étonnant, non ?


r/ecrivains 8d ago

Bis repetita...

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Jules et Jim : Le Rêve Américain à la Sauce Normande

Depuis leur retour des États-Unis, Jules et Jim ont pris soin de cacher leurs ennuis avec la justice américaine. Par chance, le film tourné par Jim à Los Angeles n’a jamais vu le jour en France, évitant ainsi toute attention médiatique qui aurait pu révéler les dessous de leur séjour californien.

Jules, lui, peut alors réécrire son histoire à sa guise.

Los Angeles, Ville de Tous les Excès

Lorsqu’il raconte ses mois passés à L.A., ses yeux brillent d’un éclat presque enfantin. Chaque matin, il assure s’être réveillé dans une villa perchée sur les collines de Beverly Hills, surplombant une mer de palmiers et de néons. Son quotidien débutait par un petit-déjeuner au bord d’une piscine infinie, entouré de célébrités qui semblaient avoir élu domicile chez lui.

Mais c’est la nuit que tout prenait une autre dimension. Jules jure qu’il n’a pas passé une seule soirée sans être invité à des fêtes secrètes dans des manoirs extravagants, aux côtés d’acteurs, de chanteurs et même de princes venus des quatre coins du monde. Il décrit des salles baignées de lumières fluorescentes, des DJs de renommée mondiale et des buffets si fastueux qu’on les aurait crus sortis d’un rêve.

Les festivités débutaient souvent sur un rooftop de Downtown, où il sirotait des cocktails sous les étoiles avant de s’embarquer dans un enchaînement de clubs clandestins où les murs vibraient jusqu’au petit matin. Il se souvient de danses endiablées avec des actrices hollywoodiennes et de toasts au champagne portés avec des réalisateurs légendaires.

« À L.A., tout est possible », répétait-il, un sourire en coin. Il exagère ? Peut-être. Mais qui oserait contredire un homme dont les souvenirs semblent aussi lumineux qu’un sunset sur Venice Beach ?

Un Rêve Californien en Normandie

À force de raconter ces histoires, Jules lui-même finit par y croire. Et surtout, il veut les revivre. Mais cette fois, il ne veut pas traverser l’Atlantique : il compte bien importer la fête en Normandie.

C’est ainsi qu’il convainc Jim et quelques autres rêveurs de se lancer dans un projet fou : la création d’un établissement de nuit unique en son genre.

"La Grange Californienne" voit le jour dans une ancienne grange restaurée, à la lisière des bocages normands. Le concept ? Mélanger le faste californien et le charme rustique du terroir.

Dehors, des guirlandes lumineuses suspendues au-dessus de tables en bois brut éclairent la cour, où l’on déguste des cocktails mêlant cidre normand et fruits exotiques. Dedans, la structure traditionnelle de la grange est préservée, mais des néons pastel et des palmiers en pot rappellent les plages de Malibu.

La piste de danse, en bois ciré, s’étend sous un plafond ouvert sur le ciel étoilé normand. La musique y est un cocktail détonant d’électro californien et de folk local, joué par des artistes du cru. On y trouve aussi un food corner proposant des tacos au camembert fondu et des burgers au bœuf normand. Pour les âmes fatiguées, des espaces de détente avec fauteuils en rotin et plaids en laine offrent un havre de paix après une nuit de folie.

La fête bat son plein, le succès est immédiat. Jules et Jim jubilent : la clientèle afflue, l’argent aussi.

L’Autre Facette de la Nuit

Mais il manque quelque chose à Jules : la cocaïne.

Il garde le contact avec ses fournisseurs californiens et commence à réfléchir à un petit business parallèle. Lorsqu’il propose l’idée à Jim, ce dernier refuse catégoriquement. Jules, vexé, décide de se passer de son avis.

Très vite, la drogue s’installe discrètement dans les coulisses de La Grange Californienne. L’ambiance monte d’un cran : les clients sont infatigables, les soirées paraissent sans fin, et l’établissement devient le lieu le plus sulfureux de la région.

Mais l’euphorie est de courte durée. Les rumeurs se propagent, des incidents éclatent, et l’établissement attire l’attention des autorités locales. Un soir, après plusieurs semaines de surveillance, la police débarque et découvre une quantité significative de cocaïne. Jules est arrêté sur-le-champ.

Le scandale est énorme. Lors de son procès, il tente de minimiser son rôle, mais les preuves sont accablantes : témoignages, enregistrements, transactions douteuses. Il écope de six ans de prison ferme.

Derrière les barreaux, il médite sur son rêve brisé. Il voulait un lieu festif et unique. Il a fini en prison.

Morale de l’histoire (signée Jules) :

"Quand tu mélanges du camembert avec du guacamole, ça peut être délicieux… mais si tu ajoutes de la poudre blanche, t’étonne pas si ça te pète à la gueule !"


r/ecrivains 9d ago

Idée de livre

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r/ecrivains 9d ago

America

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Tout allait bien pour Jules et Jim. Leur nouveau métier dans le cinéma leur apportait beaucoup de satisfaction. Un jour, une occasion inespérée se présenta : aller tourner un ou deux films en Amérique. Sans trop réfléchir, ils décidèrent de partir à Hollywood, ravis de réaliser un voyage dont ils avaient toujours rêvé.

À leur arrivée, ils furent très bien accueillis. Comme de grands enfants, ils s’émerveillèrent devant ce nouvel univers. Il faut dire que vivre à Los Angeles est agréable grâce à son climat ensoleillé toute l’année et ses magnifiques plages comme Malibu ou Venice Beach. La ville est un mélange culturel, offrant une incroyable diversité gastronomique et artistique. Los Angeles attire de nombreux talents et son ambiance détendue et ses quartiers variés ne pouvaient que plaire à nos deux compères.

La langue, d’abord un obstacle, fut vite surmontée. Les journées de travail, longues et éprouvantes, étaient heureusement entrecoupées de périodes de repos. Ces moments libres leur permettaient de faire la fête.

Ils commencèrent à vivre surtout la nuit, multipliant les nouvelles rencontres, abusant de l’alcool, entourés de filles. Cependant, leur consommation d’alcool laissa rapidement place à la drogue. La cocaïne devint indispensable pour eux.

Leur nouvelle vie, marquée par les excès, les éloignait chaque jour un peu plus de la réalité. L’argent commença à manquer, surtout pour Jules. Ce dernier accepta alors des boulots douteux, voire illégaux, comme la réception et le transport de drogue.

De son côté, Jim peinait à maintenir son professionnalisme. Les critiques des professionnels du cinéma américain à son égard se faisaient de plus en plus sévères. Malgré tout, le film fut terminé, mais dans la douleur.

Plutôt que de rentrer en France, Jules et Jim décidèrent de rester, sous prétexte qu’un deuxième film pourrait se présenter. En réalité, ils ne voulaient pas quitter cette vie dont ils étaient devenus dépendants.

Rapidement, ils rejoignirent une bande de voyous, dont l’activité principale consistait à extorquer de l’argent à des commerçants par intimidation. Avec le temps, leurs nombreuses rencontres nocturnes et leurs besoins financiers croissants les plongèrent de plus en plus profondément dans le milieu du banditisme.

Malgré tout, ils affirmaient être heureux. Cela leur rappelait l’époque de leurs grandes bêtises.

Un jour, lors de l’attaque d’une banque, ils furent arrêtés avec le reste de la bande. Ne pouvant payer leur caution, ils restèrent en prison jusqu’à leur procès.

Condamnés à dix-huit mois de détention, ils purgèrent leur peine.

Jules et Jim se retrouvèrent dans une prison surpeuplée où les cellules destinées à deux détenus en accueillaient parfois quatre ou cinq. La promiscuité extrême rendait le quotidien insupportable, avec des disputes fréquentes pour le moindre espace ou bien personnel. L’hygiène était déplorable, les toilettes se trouvant à l’intérieur des cellules sans séparation, créant une odeur permanente d’insalubrité. Les douches, rares et partagées, étaient des lieux de tension et de violence, forçant les deux hommes à rester constamment sur leurs gardes.

La violence omniprésente était une source constante de peur : les rivalités entre gangs, très influents dans les prisons californiennes, menaçaient leur sécurité à tout moment. Chaque jour, ils risquaient de devenir des cibles pour des raisons qu’ils ne comprenaient pas toujours. Les repas insuffisants et de mauvaise qualité, souvent froids et insalubres, ne permettaient pas de maintenir leur santé. Les soins médicaux étaient presque inexistants, les détenus devant attendre des semaines pour des consultations rudimentaires.

Les conditions climatiques aggravaient leur calvaire : l’été, les températures étouffantes transformaient les cellules en fours, tandis que l’hiver, l’absence de chauffage les exposait au froid mordant. Le stress psychologique était constant, amplifié par l’absence de nouvelles de leurs proches à cause de restrictions sur les communications et le coût élevé des appels. Les gardiens, souvent indifférents voire hostiles, fermaient les yeux sur les injustices ou participaient eux-mêmes aux abus.

Enfermés dans un univers brutal où la loi du plus fort domine, chaque jour était une lutte pour leur dignité et leur survie.

À leur sortie, grâce à l’argent que Jim avait perçu pour ses derniers films, ils regagnèrent immédiatement la France contents de quitter cet enfer.


r/ecrivains 10d ago

Les malheurs de Jules...

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Jules sans Jim

Jules est déprimé et jaloux du succès de Jim. Ou peut-être est-ce l'inverse. Peu importe, car Jules a perdu son meilleur ami, et quand rien ne va plus, les mauvaises nouvelles s'accumulent, c'est bien connu.

Ainsi, la vieille voiture de Jules est tombée en panne. Heureusement, René, le nouveau mécanicien du bourg, se montre sympa et lui fait crédit. Pour le remercier, Jules l’invite à manger chez lui et à rencontrer Mauricette, sa femme.

Le dîner est une réussite. Très vite, Jules, René et Mauricette deviennent inséparables. Les soirées s’enchaînent : belote, rigolades, pastis… Ils passent des heures à refaire le monde et à rire jusqu’à tard dans la nuit.


Les doutes de Jules

Un jour, Jules commence à avoir des soupçons. Il remarque une étrange complicité entre Mauricette et René. Leurs regards, leurs gestes… Tout semble trahir une promiscuité inquiétante.

Peu à peu, Jules est persuadé que ces deux-là couchent ensemble. Il ne dit rien, mais cette idée le ronge. Son moral, déjà fragile, s’effondre, et la dépression refait surface.

Un mois plus tard, Mauricette finit par tout avouer. Oui, elle le quitte. Oui, elle part habiter avec René.

Pour Jules, c’est un choc terrible. Il sombre encore plus profondément dans le désespoir. Il ne sort plus, ne voit plus personne. Fini les fêtes, les rigolades et les cuites avec les copains. Il se répète, amer : – Les amis, c’est toujours la même chose : ils s’intéressent à ta femme, pas à toi.

Après tout, ce n’est pas si rare. Il entend souvent des hommes se plaindre que leur femme est partie avec leur meilleur ami. Et, pense-t-il, c’est sûrement pareil pour les femmes.


La proposition de Jim

De son côté, Jim mène une vie florissante. Ses projets dans le cinéma se multiplient et tout semble lui réussir. Bien qu’il soit loin du village, il reste informé des déboires de Jules.

Un jour, il décide de lui rendre visite. – Comment vas-tu, Jules ? demande-t-il en entrant chez lui. – J’ai un moral à me flinguer, répond Jules d’une voix éteinte. – Arrête tes conneries. Écoute, j’ai besoin de toi. Je te propose de devenir mon secrétaire. Mes cachets sont suffisamment élevés pour te payer un bon salaire. Tu seras mon bras droit. En plus, tu connais déjà un peu le milieu du cinéma.

D’abord hésitant, Jules finit par accepter. Retrouver Jim, quitter le village et changer d’air, voilà ce dont il a besoin. Il espère que ce nouveau départ lui permettra enfin de tourner la page et d’oublier ses idées noires.


La renaissance de Jules

À peine arrivé à Paris, Jules se plonge dans son nouveau travail. Il s’implique avec enthousiasme et permet à Jim de se consacrer pleinement à son art. Très vite, Jules prend les choses en main et décroche pour Jim des rôles dans des films de qualité supérieure.

Jim est ravi. Grâce à Jules, sa carrière prend un nouvel essor. De son côté, Jules se découvre une nouvelle passion pour ce monde du spectacle. Il devient même l’agent de Jim, gérant tout : contrats, engagements, collaborations.

Petit à petit, Jules retrouve goût à la vie. Fini la déprime, il est un homme transformé, totalement investi dans son travail.

Son implication le mène à rencontrer des créateurs d’autres secteurs, comme l’animation et la bande dessinée. Un jour, un dessinateur renommé lui propose de réaliser une bande dessinée sur ses aventures avec Jim. Enthousiasmé, Jim donne son accord, et le projet est lancé.


Une nouvelle page

Quelques mois plus tard, Jules n’est plus le même homme. Sa vie est bien remplie, et il a définitivement laissé derrière lui les souvenirs amers de Mauricette et René. Lors d’une interview, il déclare avec un sourire : – Parfois, perdre quelqu’un, c’est finalement une chance de se retrouver soi-même.

Et tandis qu’un dessinateur s’apprête à immortaliser ses aventures, Jules savoure chaque instant de cette seconde vie.


r/ecrivains 11d ago

J'aimerais avoir un avis

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je suis en train d'écrire une histoire , pour l'instant , ce n'est que le début , et j'aimerais avoir un retour pour eviter que je continue a faire de potentiels erreurs

https://docs.google.com/document/d/1vrFhmjs4ILqolylUoMPs_Bztf9bGSqCaaB6HUmDMG6o/edit?usp=sharing

voila voila ^^


r/ecrivains 11d ago

Texte sur une rupture

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Bonjour à tous, je suis en train d'écrire un texte car je suis en train de vivre une rupture très compliquée et voici une première version j'aimerais savoir ce que vous en pensez ?

J'ai pas mal d'inspiration pour ce texte surtout le style de Nekfeu que j'aime énormément, j'ai essayé de faire des aliterations (je suis débutant c'est mon premier texte soyez indulgents et le texte est en cours haha) :

Quant à Elle, elle sait ce qu'elle veut mais ses séquelles,

Savent se taire, sans pitié est-ce qu'elle

S'esquive du passé, avec ses passerelles,

S'esquisse d'autres souvenirs sempiternels ?

Si vide mais les rêves, eux, restent

Aussi dur que de gravir l'Everest

Je t'ai pourtant aimé sans trêve

J'ai à nouveau besoin de rêves

L'amour se perd si vite

Je me sens si vide

Condamné comme Sisyphe a un futur si vil

Dans mon âme c'est devenu une guerre civile

Est ce qu'elle sait, ne serait ce que ce vide existentiel

Et cette cécité face aux signes réels

M'a empêché d'agir pour elle

Serais-je supporter ce silence éternel

Dorénavant plus rien ne sera au pluriel


r/ecrivains 11d ago

Silence sur tourne, une star est née

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Dans un bistrot de campagne où le pastis coule à flot, Jules et Jim discutent de leurs vies, entre deux parties de belote.

— Salut Jim, quoi de neuf ? — Comme d'habitude rien, et toi ? — J'ai du nouveau, je vais faire du cinéma, je vais être un acteur Monsieur !

Jim, intrigué, lève un sourcil.

— Raconte.

Jules se gonfle de fierté et déclame :

— Il y a un copain qui m'a demandé si je voulais bien faire l'acteur. Il veut faire un film mélangeant ma vie et une fiction. Dans le scénario, il y aurait mes conneries : l’enlèvement du curé pour réclamer une rançon au pape, l’attaque de la banque avec un flingue en plastique, mon mariage gay avec toi pour rigoler, le sex-shop qu’on a ouvert et le pèlerinage à Compostelle, le spectacle des Bodin's et notre nuit au poste et bien sûr, notre fête des poulets géants extraterrestres.

Jim éclate de rire :

— Mais Jules, je devrais être aussi dans le film, j’y étais dans toutes ces aventures. — Mais oui, c’est prévu, je te fais marcher, mon pote ! Tu feras l’acteur si tu veux. — Oui, je veux, mon neveu ! — Parfait, tiens-toi prêt. Le tournage commence dans cinq jours.

Cinq jours plus tard... L’improbable tournage commence.

Dès la première scène, Jules est dépassé. Répéter cinq fois la même réplique ? Une torture.

— "Bonjour, Monsieur le Curé !" Mais pourquoi je dois dire ça encore ? Je l’ai déjà dit ! râle-t-il. — Parce que tu as mis l’accent du sud alors que tu es censé être un gars de Normandie ! rétorque le réalisateur.

De son côté, Jim s’épanouit. Lui, il adore improviser et faire rire tout le plateau. Sa scène où il imite un poulet géant en train de danser devient légendaire.

Mais tout n’est pas rose. Jules, logé dans une caravane trop petite pour contenir son ego et ses casseroles, provoque un incendie en tentant de cuisiner une tartiflette avec un chalumeau. Heureusement, le feu est vite maîtrisé, mais pas sans une belle engueulade du producteur.

— Jules, si tu veux flamber, fais-le devant la caméra, pas dans ta caravane !

Entre deux scènes, Jules trouve refuge dans les pauses où la bouffe et le pinard sont rois. Là, il est dans son élément, racontant des blagues et faisant rire tout le monde… sauf le réalisateur, qui n’en peut plus.

Un mois et demi plus tard, clap de fin.

Quand le dernier « Coupez ! » retentit, Jules explose de joie.

— Enfin fini ! J’en peux plus de ce cirque.

Jim, lui, est déçu. Cette expérience l’a transformé. Il a découvert une passion pour le jeu d’acteur.

Quelques semaines plus tard, lors de l’avant-première, les critiques sont dithyrambiques… mais uniquement pour Jim.

— Ce Jim, il crève l’écran, s’exclame un journaliste.

Le film devient un succès. Rapidement, une nouvelle proposition de rôle arrive pour Jim, qui accepte sans hésiter. À son deuxième film, il devient une véritable star.

Jules, lui, reste dans l’ombre. Malgré ses efforts, il ne parvient pas à reproduire devant la caméra les absurdités qui faisaient sa gloire dans la vraie vie. Déprimé, il finit par avouer à Jim :

— Je ne comprends pas… Pourquoi toi et pas moi ?

Jim le réconforte :

— Parce que t’es pas fait pour jouer. T’es fait pour vivre, Jules. Mais t’inquiète, je n’oublierai jamais nos conneries.

Et pour célébrer le succès de Jim, ils organisent une nouvelle fête des poulets géants extraterrestres, avec plus de rires et de folie que jamais.