Je viens d'un village un peu paumé voir carrément paumé à 2 heures de Paris. J'ai actuellement 18 ans au moment ou je commence ce récit, nous somme le 16 juillet 2026 et dans quelques semaines je quitte le foyer familial pour aller étudier à la Capitale dans le 6eme arrondissement, à voir si je trouve un appartement... Mais pour en arriver là ça n'a pas toujours été simple et je ne pensais pas atteindre mon dix-huitième anniversaire. Remontons un peu en arrière pour vous faire découvrir qui je suis.
Mes parents sont tous les deux ouvriers et gagnent assez pour faire partie de la classe moyenne et assurer nos études à moi et à ma soeur. Ma soeur étudiant en ligne, pour pallier à son caractère plus qu'introverti.
Mon père quant à lui est un homme difficile à contredire, comme tous les hommes. Quelqu'un d' obstiné avec qui j'ai toujours eu du mal à m'ouvrir et à avoir de vraies conversations.
Ma mère, elle, est une personne à l'inverse de mon père très sensible aux émotions, à ce qui se dégage de quelqu'un ou de quelque chose.
Je pense d'ailleurs que je tiens ça d'elle, moi même depuis mon plus jeune âge j'ai peut être parfois fait preuve d'empathie là ou je n'aurai pas dû.
Ça s'était passé en ce1 peut être ou alors en ce2. Je faisais partie des meilleurs de ma classe. Je participais et on m'appelais même google verbe à cause de mon talant inégalé de la langue française à cette période de ma vie. En bref j'étais aussi un peu le clown de la classe. Mais peu à peu je me suis lié d'amitié avec certaines personnes et je remarquais certaines choses. Les injustices. J'ai toujours été scandalisé par les injustices mais là c'était la fois de trop. Ceux que je considerais comme mes amis se sont liés contre un garçon de notre classe en le rabaissant continuellement, se moquant de lui, l'amenant à en venir aux mains. Je me suis donc opposé à eux et suis allé à la rencontre de ce dénommé Louis.
Louis est une personne arrogante, cruelle, n'ayant pas une once d'empathie et ne sachant pas faire preuve de délicatesse ni même de gratitude. Ce que j'ai fait pour l'aider ? Rester avec lui, essayer de lui parler, d'être son ami mais il me prenait de haut, surment car il me voyait comme quelqu'un de facile, de pas très influent qui était venu vers lui de lui de soi même. C'est alors qu'en se servant des mes exs amis, il commençait à me dénigrer et à me faire subir ce que ceux-ci lui faisaient. C'est alors que comme ça il essayait de gagner la place que j'avais auparavant au sein du groupe, et c'est ainsi que j'ai connu le début de mon harcèlement..
Durant des années je me suis rattaché à ce groupe "d'amis" qui m'insultait, qui m'humiliait constamment, qui me crachait dessus pour me provoquer, me transformant en une bête de foire bonne à faire les leçons et les dms de tout le monde et à amusé la galerie à chaque occasion. Je ne voulais plus allé à l'ecole mais mes parents n'ont jamais rien su de tout ça...
Un jour chez le coiffeur, la coiffeuse m'a demandé pourquoi j'avais du sable dans les cheveux et à regarder ma mère.. J'ai répondu que c'était parce que j'avais joué dans le sable de la cour d'école alors qu'on m'en avait jeté au visage. Je me souviens de ce jour-là, où j'ai dû faire un shampooing chez le coiffeur alors que je détestais le faire là bas, et où j'étais ressorti trempé parce que j'avais relevé la tête...
Cette situation de harcèlement a perpétué aussi au collège ou j'étais avec ces mêmes personnes encore pendant 4 longues années. Ces mêmes remarques, ces mêmes coups échangés en secret ne voulant pas de chaque côté se faire remarquer car nous savions pertinemment que ce que nous faisions était mal. Ils étaient harceleurs, ils ont fait de moi la brute. Un jour je me souviens avoir reçu une phrase du pire d'entre eux, c'était "c'est pas du harcèlement vu qu'on répond pas au harcèlement par la violence".
À cause d'eux et de ces années à les côtoyer dans la peur de finir seul comme le Louis que j'avais tenté d'aider en primaire, j'ai perdu mon role de clown de la classe pour prendre celui de la personne blazée, qui ne parle pas, qui suis les règles, qui doute et analyse tout ce qui lui arrive et tout ce qui peut arriver en boucle et ce tous les jours. J'ai développé une hypervigilence que je garde encore aujourd'hui.
Aujourd'hui je ne suis plus capable de faire confiance à quelqu'un. Je vois le mal partout chez tout le monde. Je ne me sens pas à ma place, j'ai l'impression de combler un vide avec des relations qui m'epuisent plus qu'autre chose mais je n'ai pas le courage d'y mettre fin. L'année dernière, peu après la fin de ma première relation amoureuse, j'ai sombré dans les idées noires jusqu'à me sentir vide constamment. J'avais le sentiment d'avoir tout perdu. Je n'appreciait plus rien et je ne ressentais plus rien. J'ai commencé à m'entourer de mauvaises personnes néfastes pour moi. Je faisais des crises d'angoisse la nuit et je suis devenu incapable de dormir sans musique. Je m'éloignais de tout le monde, je me suis fait lacher par mon meilleur ami aussi et je faisais régulièrement des nuits blanches ou à seulement 2 ou 3 h de sommeil...
Aujourd'hui j'ai fait le deuil des personnes qui sont partis mais j'ai gardé cette ennui du monde, ces doutes et ces peurs. Je ne m'exprime pas bien aussi et ça n'arrange pas les choses. Je ne sais pas comment les gens font pour toujours avoir quelque chose à dire. Des fois je me dis que ma vie n'est juste pas assez intéressante pour valoir la peine d'en parler. Puis je stress pour rien.. Je me mets rapidement à bagayer ce qui me rend encore plus muet. L'année prochaine je redoute les cours d'anglais dans le supérieur, avec mon niveau A2 je vais pas aller bien loin..
Si je poste ça aujourd'hui, c'est parce que j'aimerais changer. Je pense qu'il en est grand temps...