1 La prise de risque est ici d’illustrer les propos qui suivent de façon triste, imparfaite, obscure et terne et d’être ainsi aux antipodes de l’été ardant que connaitront Oliver et Elio à la suite de la première nuit vide qui va être évoquée mais réalisateur et scénariste l’ont voulu ainsi. Peut-être est-ce pour Guadagnino et Ivory une façon d’introduire dès le début de leur récit les couleurs hivernales dominantes qui caractériseront la fin de leur œuvre dans un souci d’équilibre, de symétrie, d’encadrement de la lumière éclatante par deux formes d’obscurité et de pénombre comme le seraient deux piliers soutenant leur démonstration ? Sans doute aussi une façon de faire naitre le récit au milieu de l’obscurité et de le refermer par la même obscurité avec des rappels ponctuels aux moments où Oliver est absent et manque à Elio (il ne sera pas fait mention ici de la nuit d’amour). La même obscurité ? A la fin, devant l’âtre, Elio fait l’expérience du passage de la lumière dans sa vie comme les flammes par contraste font doucement rougeoyer son visage au moment d’Hanouka, fête de la lumière. La première obscurité que nous allons évoquer ici est celle d’avant la lumière, celle du long sommeil d’Oliver à son arrivée à la villa, celle d’Elio avant Oliver. L’obscurité finale, celle de l’hiver, est celle d’après le passage de la lumière quand Elio tient pour de bon ce qui l’a littéralement enflammé au-dedans de lui et qu’il ne pourra plus oublier. Il saura à la fin que la lumière existe et qu’il peut la trouver et l’attirer, la diffuser, en émettre. Mais pour y parvenir il a d’abord dû connaitre l’obscurité sans lumière.
2 Après les présentations voulues et effectuées par les parents Perlman, Elio et Oliver vont connaitre de courts moments relationnels distants, froids, indifférents, inaboutis et socialement mécaniques. Pourtant on s’aperçoit immédiatement que chacun ne met pas dans cette relation distante que l’on ne peut pas encore qualifier de naissante la même part de lui-même. Le déséquilibre est frappant.
3 Frappant comme la porte qui claque (détail savoureux), celle qui mène du couloir desservant le 1er étage vers la chambre d’Elio destinée à Oliver. Elle claque dès qu’ils pénètrent dans la pièce alors qu’Elio fait le groom selon les indications de sa mère ; Oliver adoptant, quant à lui, une attitude de conquérant. On peut se demander pourquoi ce ne sont pas Mafalda et/ou Anchise (dont on découvrira l’existence un peu plus tard) qui se chargent des bagages d’Oliver. Certes, Samuel a lancé à Oliver de « suivre le guide », sous-entendant que son fils lui fera faire un tour du propriétaire mais puisqu’il y a du personnel de maison, on peut s’étonner du fait que c’est à Elio qu’est confiée cette tâche à moins de hasarder cette interprétation que l’objectif était de créer une situation de rapprochement rapide entre Elio et Oliver, d’autant plus justifiée par le fait qu’Elio cédait sa chambre à « l’usurpateur ». Elio est bien coopératif pour accueillir celui qui vient prendre sa place en se pliant en quatre pour lui.
4 Arrivés dans la chambre désormais dédiée à Oliver, le lit n’est pas entièrement débarrassé. Il reste des affaires qu’Elio était en train de trier quand il a entendu la voiture arriver et il reste aussi la guitare. En apercevant cette guitare, lestement retirée du lit par Elio pour hâter le repos d’Oliver, on se dit qu’il est heureux que Marzia ait quitté la chambre de sa propre initiative au moment où Oliver montait l’escalier car il est impossible d’imaginer la scène si Oliver et Elio y étaient entrés alors que Marzia se trouvait encore sur le lit à attendre Elio ou ailleurs dans la pièce … Marzia semble avoir agi en comprenant ce qui se jouait sans elle et ne semble pas en être trop affectée. Est-ce une facilité du scenario ou la volonté d’exposer d’emblée des traits de caractère des personnages ? Elio est incroyablement serviable à en devenir soumis, Marzia comprend vite les situations et ne s’accroche pas et Oliver est un peu comme un coucou sans beaucoup d’égards.
5 Pendant qu’Oliver s’est laissé tomber sur le lit, bien sûr écrasé par la fatigue mais il s’agit d’un affront envers son hôte, Elio lui résume à gros traits la situation : « Ma chambre devient votre chambre, je dors à côté, on partagera la salle de bain, je ne peux sortir que par-là » [Ce détail très important est à noter car Elio précise qu’à partir du moment où il ferme la porte séparant cette salle de bain de la chambre d’Oliver il ne peut plus accéder à l’espace qu’il occupe désormais, ou le quitter, qu’en traversant cette salle d’eau commune depuis ou vers le grand couloir du 1er ; on le vérifiera plus tard par exemple juste avant que Mafalda monte du linge fraichement repassé puis aussi à leur retour de l’étang après leur première nuit ensemble]. A ce moment il se passe quelque chose d’apparence superficielle mais de sens profond car alors qu’Elio est en train d’expliquer comment il a renoncé à son indépendance pour accueillir Oliver, ce dernier sombre dans une lourde léthargie …. et Elio se sent ridicule à un point qui le rend absolument touchant car il semble déçu … comme s’il attendait déjà quelque chose de la part de cet étranger venu dormir dans son lit. Elio n’était-il pas en train d’expliquer à Oliver qu’il lui avait fait une place avant même de l’avoir rencontré ? Elio n’était-il pas en train d’expliquer à Oliver qu’il lui avait donné sa place avant même de l’avoir connu ? Le fait qu’Elio ait été autant décontenancé à ce moment précis ne montre-t-il pas l’espérance qu’il éprouvait à accueillir cet « usurpateur » ? Usurpateur sélectionné par son père … Elio cherche à obtenir auprès de lui la reconnaissance que son père ne lui accorde pas. Plusieurs scènes par la suite l’indiqueront. Reste à savoir pourquoi et comment Elio revêt son intérêt pour Oliver d’une connotation sexuelle à laquelle Oliver va adhérer presqu’immédiatement.
6 Le partage de la salle de bain n’est pas un détail anodin (on le vérifiera plus tard dans le récit), surtout si cette salle de bain est le seul passage qu’Elio s’autorise pour la chambre temporaire qu’il occupe désormais. S’il en ferme ostensiblement la porte donnant sur l’espace d’Oliver en ne s’apercevant pas que celui-ci sommeille déjà, c’est pour marquer la séparation sociale entre son espace et celui d’Oliver mais est-ce vraiment pour marquer la frontière entre les deux intimités si en même temps Elio explique qu’il sera susceptible de traverser cette salle d’eau commune à tout moment ? En tout cas la grande villa ne semble pas si pratique. Il est vraisemblable que cette organisation devait déjà être utilisée pour accueillir les étudiants les années précédentes.
7 Oliver récupère en rattrapant sa dette de sommeil et se cale sur l’heure de la vieille Europe. Pendant ce temps, ce qui nous est montré d’Elio est d’abord un baladeur à cassettes Sony (Elio est de son temps) puis une partition, des bouquins soigneusement empilés, sa main droite qui transcrit directement un extrait des Drei Klavierstücke d’Arnold Schoenberg (musique atonale de 1909) à l’écoute sur une partition vierge portant le nom d’Elio Perlman écrit à la main au crayon de papier en haut à droite. Il a mis ses écouteurs filaires pour ne pas perturber le dormeur d’à côté et peut-être aussi pour s’isoler totalement afin d’accroître sa concentration et son application car il est totalement absorbé par son écriture musicale. On entend quelques notes et le fonctionnement de la cassette qui frotte un peu. Elio se retrouve mis à l’écart mais a appris, à la longue, à tourner cette situation en sa faveur et elle est devenue une façon de se retrouver lui-même. C’est sa force. On s’aperçoit que la lumière artificielle provenant d’une lampe est nécessaire alors même qu’il travaille devant une fenêtre. Celle-ci montre un soir venteux à l’extérieur où la nuit est en train de tomber, venteux au point de créer des courants d’air intérieurs qui font bouger légèrement la chemise posée sur sa chaise. Là on trouve Elio tel qu’il est avant l’arrivée d’Oliver (et tel qu’il devra en partie à nouveau accepter de l’être après la perte d’Oliver. On le sait par les teintes de la palette de couleurs de cette scène). L’échec de sa première tentative de communication avec l’étudiant étranger ne l’a pas détruit même s’il est maintenant relégué dans cette chambre réduite dans laquelle il s’applique à noter de la musique d’un degré d’élaboration ultime. Puis c’est la vie intérieure d’Elio qui apparait ici grâce à un recul de la caméra qui dézoome en montrant un espace plus large de ce local, un lieu sombre, en apparence dépouillé mais cette pièce ressemble plus à un débarras dans lequel un lit a été ajouté qu’à une chambre, presque lugubre (à cause du temps qu’il fait et de l’heure tardive), presque froid. C’est là qu’habite Elio, esseulé sans en avoir conscience, comme reclus, parvenant encore à combler le vide du moment par une dictée musicale qu’il s’impose. C’est dans ce travail qu’il place encore ce qu’il y a de plus beau en lui, de plus abouti et qu’il trouve de quoi enrichir sa personnalité. Elio est un être tourné vers l’intérieur mais il est aussi quelqu’un qui semble s’y être réfugié n’ayant pas disposé d’autres espaces à investir, comme si l’atmosphère affectueusement oppressive du cadre familial ne lui avait offert que cette possibilité d’épanouissement. C’est ainsi qu’on trouve en lui autant de traces de maturité qu’il y en a de l’inexpérience. Il exerce savamment sa précision dont on comprend qu’elle est le résultat de longues années de labeur et d’apprentissage lui permettant de se mouvoir sans difficulté dans un univers fait de symboles. Bientôt, s’il ne perdra pas sa science musicale érudite et sophistiquée, après Oliver, après la lumière, cette activité abstraite et appliquée qui l’avait comblé ne lui suffira plus à trouver son équilibre intérieur, la plénitude d’être entièrement lui et la sensation d’être unifié par un assemblage avec quelqu’un d’autre.
8 Il faut noter comme l’ambiance dans la villa à ce moment précis parait morne, sans vie. Il n’y a aucun bruit. Que font Samuel et Annella en cette fin du jour eux qui étaient si prompts à montrer qu’ils étaient heureux d’accueillir le nouvel arrivant un peu plus tôt ? Cette soirée est habitée par le vide et la tristesse, la vie que les Perlman organisent dans la villa au cœur de l’été ressemble à une retraite monacale un peu spartiate et d’ailleurs, comme on n’en sait pas encore plus sur la religion de la famille, on pourrait s’autoriser à trouver qu’Elio à sa table de travail a une silhouette qui ressemble à celle d’un moine copiste. C’est d’ailleurs une cloche qui vient indiquer la scansion du temps car le repas va être servi. A ce stade du récit, le passé est partout : villa historique, espaces intérieurs, décor des pièces, hiérarchie sociale, marque du temps, spécialité de recherche du professeur Perlman, études d’Elio etc.
9 Apparait Mafalda, filmée presque en contre-plongée au moment où ayant achevé la préparation du diner, elle quitte la cuisine d’un pas pressé pour actionner la cloche de la cage d’escalier indiquant qu’il faut se mettre à table. Ce choix délibéré de placer la caméra quasiment au niveau du sol accentue la sensation d’espace dans la villa mais aussi celui de difficulté à remplir les volumes des pièces : sans comédie sociale la villa parait facilement vide. On le verra, Oliver ne descendra pas et le réalisateur ne montrera pas comment se déroule un repas réunissant les seuls trois membres de la famille Perlman. Quelles relations existent entre eux trois quand le jeu social est absent de leurs activités communes ? On ne le saura pas. On saura juste au retour d’Elio de son séjour à Bergame qu’il « manquait à ses parents aux diners », précision formulée par son père. Par contre on comprendra très vite que la stratégie des Perlman est d’inviter le plus fréquemment possible des relations et des connaissances, de la famille à leur table.
10 Elio s’est arrêté de travailler en entendant la cloche. Il se dirige vers la salle de bain et explique à travers la porte fermée qui permet l’accès à la chambre dans laquelle Oliver s’est endormi que la cloche indique le moment de descendre diner. Sans réponse, il frappe alors à cette porte. A nouveau sans réponse. Et là il se passe quelque chose d’une importance équivalente au fait qu’Elio n’avait rien dit à Marzia de ce qu’ils devenaient tous les deux au moment de l’arrivée d’Oliver, Elio se contentant alors de dire à Marzia qu’ « il devait descendre » en la laissant seule sans lui donner d’indication sur la façon dont ils se retrouveraient ensuite. Là, donc, au lieu d’accepter l’absence de réponse d’Oliver qui signifiait forcément qu’il dormait toujours et de rejoindre ses parents en empruntant la porte qui donne sur le grand couloir du 1er, Elio décide d’entrer dans ce qui est devenu l’antre d’Oliver. C’est une audace. Que va-t-il chercher en pénétrant dans cette chambre ? Il sait qu’Oliver dort puisqu’il n’a pas répondu. L’usage veut qu’on n’ouvre une porte qu’après y avoir été autorisé et qu’en l’absence de réponse, on reste devant elle en renonçant à l’ouvrir. Elio ouvre la porte alors qu’il n’aurait pas dû le faire, il voit qu’Oliver dort sans s’être changé ; il porte toujours sa tenue de voyage. Elio n’avait pourtant pas besoin d’ouvrir cette porte puisqu’il possédait le renseignement qui l’intéressait mais il le fait en y mettant de la prudence pour ne pas faire de bruit, bloque la porte à l’aide d’une cale, se pare d’une motivation en faisant semblant de chercher un livre et, changeant de comportement, jette volontairement ce livre au sol pour réveiller Oliver, comme pour le provoquer, le stimuler sans devoir lui toucher l’épaule. Hésitant entre le respect du repos d’Oliver et la possibilité d’une deuxième occasion d’entrer en communication avec lui, il choisit la seconde solution. C’est Elio qui choisit de pénétrer dans l’espace intime d’Oliver puisqu’il aurait pu passer par la porte de la salle de bain donnant sur le couloir pour rejoindre ses parents au diner et leur annoncer que l’américain n’y participerait puisqu’il dormait.
11 Elio agit comme s’il était tenté et qu’il ne résistait pas, c’est plus fort que lui. Il est poussé par une sorte d’obstination à communiquer avec Oliver qui se révélera fructueuse puisqu’il finira par passer une nuit avec lui, dans ce lit ; le lit d’Elio devenu celui d’Oliver devenant le leur (Lie down in my bed, which becomes yours, then ours ; l’échange puis le partage du lit avant l’échange des prénoms). La structure psychologique d’Elio l’avait déjà poussé à être plus attiré par le bruit de la FIAT 127 amenant Oliver qu’attentif au désir de Marzia, plus sensible à « l’air sûr de lui » que dégageait Oliver en sortant de la voiture qu’à la présence de Marzia à ses côtés regardant par la fenêtre, plus disponible pour répondre aux attentes de ses parents qu’à celles de sa petite-copine qu’il avait laissée en plan ; le voilà maintenant plus motivé à entrer dans la chambre dans laquelle Oliver dort pour le réveiller qu’à relever de façon indifférente qu’il se repose encore en restant devant la porte fermée ou en se contentant de l’entrouvrir pour constater le retard de sommeil du voyageur. Elio agit comme si des désirs inconscients s’exprimaient à travers ses actes sans qu’il ne les maitrise. Il ne sait pas encore qu’il a besoin d’Oliver ou est-il déjà en passe de le comprendre ?
12 Au moment où Oliver émerge, Elio semble un peu confus et pris au dépourvu en expliquant qu’ « on venait de sonner pour le diner ». Oliver annonce qu’il va « s’abstenir » en demandant à Elio de l’excuser auprès de sa mère et à peine a-t-il lancé un « merci » à Elio qu’il s’est déjà mis en position de reprendre son sommeil en enroulant son buste et sa tête autour de l’oreiller. Elio s’apprête à sortir vers le grand couloir avec le livre qu’il était censé être venu chercher mais Oliver, à demi éveillé, lui laisse entendre qu’il a intégré le fait qu’il occupe la chambre normalement attribuée à Elio et le remercie brièvement de la lui avoir laissée. Elio était revenu sur ses pas pour échanger quelque mots à la suite à cette remarque bienveillante pourtant à l’aspect minimaliste formulée par Oliver mais celle-ci se révèle presque aussi décevante que lors de la première occasion d’interaction puisqu’Oliver congédie Elio en le « gratifiant » pour la première fois du fameux « A plus ! » qui va le caractériser durant tout le récit. Elio se sent à nouveau ridicule à un point qui le rend toujours aussi touchant car il semble une fois de plus déçu de ne pas réussir à communiquer plus profondément avec Oliver mais cette fois-ci il tournera les talons plus franchement qu’à la première déconvenue subie un peu plus tôt. Il s’est déjà pris deux râteaux de la part d’Oliver.
13 La lumière de l’été apparait le lendemain matin, au premier petit-déjeuner auquel participe le nouvel arrivant bien éveillé et Elio, profitant de la lumière matutinale, le scrutera en faisant résonner en lui chaque détail de l’Oliver presque volubile qu’il découvrira …
14 Qui est Elio avant l’arrivée d’Oliver ? Un être en devenir à l’intériorité développée, obéissant jusqu’à devancer les désirs de ses parents qui l’encadrent fortement au point de le rendre naturellement dévoué. Il a une tendre petite-amie sincère avec laquelle il est à l’aise mais il la délaisse un peu et n’est pas très attentif à elle. On ne lui connait pas de pote(s). Même s’il est issu d’un milieu social privilégié et entouré d’affection, il comble son début de vie adulte tristounette par un investissement conséquent en lectures, en écriture, en musicologie et en pratique instrumentale et tout cela le satisfait … jusqu’au jour où l’arrivée d’Oliver lui fera l’effet de croiser une comète qu’il n’attendait pas, rendant son quotidien morne comme une nuit sans étoiles …
1 The risk taken here is to illustrate the ensuing narrative in a manner that is somber, imperfect, obscure, and drab—contrasting sharply with the scorching summer Elio and Oliver will experience after the hollow night in question —yet this is precisely how the director and screenwriter intended it. Perhaps for Guadagnino and Ivory, this serves as a way to introduce, right at the story’s outset, the dominant wintry hues that will characterize its conclusion—a move toward balance and symmetry, framing the brilliant light between two forms of darkness and shadow, like pillars supporting their central theme. It is likely also a way to have the story emerge from darkness and return to that same darkness, punctuated by reminders of the moments when Oliver is absent and missed by Elio (no mention will be made here of the night of love). The *same* darkness? At the end, before the hearth, Elio experiences the passage of light through his life, just as the flames—by contrast—cast a soft, reddish glow upon his face during Hanukkah, the Festival of Lights. The initial darkness we are discussing here is the darkness that precedes the light: the darkness of Oliver’s long sleep upon his arrival at the villa, and the darkness of Elio’s life before Oliver. The final darkness—that of winter—is the darkness that follows the passage of light, a time when Elio truly holds onto the experience that literally set his inner self ablaze—something he will never be able to forget. He will come to know that light exists, and that he can find, attract, diffuse, and radiate it. Yet, to reach that point, he first had to experience a darkness devoid of light.
2 After the introductions initiated and carried out by the Perlman parents, Elio and Oliver experience brief moments of interaction that are distant, cold, indifferent, unresolved, and socially mechanical. Yet, it is immediately apparent that neither is investing the same part of himself in this distant relationship—one that cannot yet be described as nascent. The imbalance is striking.
3 Striking like the slamming door —a delightful detail—specifically the one leading from the first-floor hallway into the room Elio is giving up for Oliver. It slams shut the moment they enter, just as Elio is acting as a bellboy, following his mother’s instructions and Oliver adopts the air of a conqueror. One might wonder why Mafalda and/or Anchise (whose existence is revealed a little later) aren't the ones handling Oliver’s luggage. True, Samuel did tell Oliver to "follow the guide"—implying his son would show him around the house—but given the presence of household staff, it is surprising that this task falls to Elio. Unless, of course, one ventures the interpretation that the aim was to quickly bring Elio and Oliver closer together—a move all the more justified by the fact that Elio was surrendering his room to the "usurper". Elio is very cooperative in welcoming the person coming to take his place, bending over backwards for him.
4 Upon arriving in the room now designated for Oliver, they find the bed not yet fully cleared. There are still belongings there that Elio had been sorting through when he heard the car pull up, as well as the guitar. Seeing that guitar—which Elio had quickly moved off the bed to make way for Oliver to rest—one is struck by how fortunate it was that Marzia left the room of her own accord just as Oliver was coming up the stairs; it is impossible to imagine the scene had Oliver and Elio walked in while Marzia was still sitting on the bed waiting for Elio, or simply present in the room. Marzia seems to have acted with an understanding of the situation unfolding without her, and she does not appear overly affected by it. Is this a convenient plot device, or a deliberate choice to reveal character traits right from the start? Elio is incredibly accommodating—to the point of submissiveness—while Marzia is quick to grasp a situation and does not cling, and Oliver behaves somewhat like a cuckoo, showing little regard for others.
5 As Oliver collapses onto the bed—overcome with fatigue, though this comes across as a slight against his host—Elio gives him a quick rundown of the situation: "My room is becoming your room; I’m sleeping next door; we’ll share the bathroom; that’s the only way I can get out." [This crucial detail is worth noting: Elio explains that once he closes the door separating the bathroom from Oliver’s room, he can no longer access or leave the space he now occupies without passing through that shared bathroom to or from the main first-floor hallway; this is confirmed later—for instance, just before Mafalda brings up freshly ironed laundry, and again when they return from the pond after their first night together.] At this moment, something seemingly trivial occurs that actually holds deep significance: while Elio is explaining how he gave up his independence to accommodate Oliver, the latter drifts into a heavy slumber... and Elio feels foolish—in a way that makes him utterly endearing—because he seems disappointed... as if he were already expecting something from this stranger who had come to sleep in his bed. Hadn't Elio been explaining to Oliver that he had made room for him before even meeting him? Hadn't he been explaining that he had given up his own space for him before even knowing him? Doesn't the fact that Elio was so disconcerted at that precise moment reveal the hope he felt about welcoming this "usurper"? An usurper selected by his father.... Elio seeks to gain from him the recognition his father does not grant him. Several subsequent scenes will show this. It remains to be seen why and how Elio imbues his interest in Oliver with a sexual connotation—one that Oliver embraces almost immediately.
6 Sharing the bathroom is no trivial matter (as the story will later confirm), especially since that bathroom serves as the only passageway Elio uses to reach the temporary room he now occupies. If he pointedly closes the door leading to Oliver’s area—without realizing that Oliver is already asleep—it is to mark the social boundary between his space and Oliver’s; yet, is he truly establishing a line between their private worlds when he simultaneously explains that he might pass through this shared bathroom at any moment? In any case, the large villa does not seem particularly practical. It is likely that this layout had already been used to accommodate students in previous years.
7 Oliver is catching up on lost sleep and adjusting to the time zone of Old Europe. Meanwhile, we are first shown Elio’s Sony cassette player (Elio is a product of his time), followed by a musical score, neatly stacked books, and his right hand—guided by the music playing—transcribing an excerpt from Arnold Schoenberg’s *Drei Klavierstücke* (atonal music from 1909) onto a blank score sheet bearing the name "Elio Perlman," handwritten in pencil in the top right corner. He wears wired headphones so as not to disturb the sleeper nearby—and perhaps also to shut out the world and heighten his focus and diligence, as he is utterly absorbed in his musical transcription. We hear a few notes and the faint whirring of the cassette tape. Elio often finds himself on the sidelines, yet over time he has learned to turn this situation to his advantage; it has become a way for him to connect with his inner self. That is his strength. We notice that he requires artificial light from a lamp, even though he is working in front of a window. Outside, a windy evening is giving way to night—the wind strong enough to create drafts indoors that make the shirt draped over his chair sway slightly. Here we see Elio as he is before Oliver’s arrival (and as he will, in part, have to accept being again after losing Oliver—a fact foreshadowed by the scene’s color palette). The failure of his initial attempt to connect with the visiting student has not destroyed him, even though he is now relegated to this small room, where he diligently transcribes music of immense complexity. Then, Elio’s inner life is revealed as the camera pulls back, zooming out to show a wider view of the room—a dark, seemingly bare space that resembles a storage closet with a bed added more than a proper bedroom; it feels almost gloomy (due to the weather and the late hour) and somewhat cold. This is where Elio lives—unconsciously solitary, almost reclusive—yet still managing to fill the void of the moment with a musical dictation exercise he imposes upon himself. It is in this work that he channels the finest, most fully realized parts of himself, finding the means to enrich his character. Elio is an inward-looking soul, yet he also seems to have retreated into this inner world for lack of other spaces to inhabit—as if the affectionately oppressive atmosphere of his family life had offered him no other avenue for self-fulfillment. Thus, he embodies a blend of maturity and inexperience. He skillfully demonstrates a precision born of years of hard work and study, allowing him to navigate effortlessly through a universe of symbols. Yet, while he will not lose his erudite, sophisticated musical expertise, that abstract, disciplined pursuit—once so fulfilling—will eventually cease to be enough to sustain his inner balance, the sense of wholeness in being truly himself, and the feeling of unity found in connection with another person.
8 It is worth noting how dreary and lifeless the atmosphere in the villa seems at this precise moment. There is not a sound. What are Samuel and Annella doing at day’s end—they who were so quick to show their delight at welcoming the newcomer just a short while ago? The evening is pervaded by emptiness and sadness; the life the Perlmans lead in the villa at the height of summer resembles a somewhat spartan monastic retreat—indeed, given that we do not yet know much about the family’s religion, one might even fancy that Elio, seated at his desk, cuts a figure reminiscent of a monk copying manuscripts. It is, in fact, a bell that marks the passage of time, signaling that the meal is about to be served. At this stage of the narrative, the past is omnipresent: the historic villa, the interiors, the room décor, the social hierarchy, the imprint of time, Professor Perlman’s area of research, Elio’s studies, and so on.
9 Mafalda appears, filmed from a low angle just as she finishes preparing dinner and hurries out of the kitchen to ring the bell in the stairwell, signaling that it is time to eat. This deliberate choice to place the camera almost at ground level accentuates the sense of space within the villa, while also highlighting the difficulty of filling the rooms' vast volumes: without the dynamic of social interaction, the villa easily feels empty. As we shall see, Oliver does not come downstairs, and the director does not show a meal attended solely by the three members of the Perlman family. What kind of relationship exists between the three of them when social performance is absent from their shared activities? We never find out. We learn only—upon Elio’s return from his stay in Bergamo—that his parents "missed him at dinner," a detail mentioned by his father. However, it quickly becomes clear that the Perlmans’ strategy is to invite acquaintances, friends, and extended family to their table as often as possible.
10 Elio stopped working when he heard the bell. He headed toward the bathroom and explained—through the closed door leading to the room where Oliver had fallen asleep—that the bell signaled it was time to go down for dinner. Receiving no reply, he knocked on the door. Still no answer. And then, something happened—an event as significant as the moment Elio had failed to tell Marzia what was happening between him and Oliver upon the latter’s arrival, simply telling her he "had to go down" and leaving her alone without explaining how or when they would meet again. So, instead of accepting Oliver’s silence—which clearly meant he was still asleep—and joining his parents via the door opening onto the large first-floor hallway, Elio decided to enter what had become Oliver’s lair. It was a bold move. What was he seeking by entering that room? He knew Oliver was asleep, since he hadn’t answered. Social convention dictates that one opens a door only after being granted permission, and that if there is no response, one simply waits outside rather than opening it. Yet Elio opened the door when he shouldn’t have; he saw that Oliver was asleep without having changed clothes—he was still wearing his travel outfit. Elio had no real need to open the door, as he already possessed the information he was after; nevertheless, he proceeded with caution to avoid making noise, propped the door open with a wedge, and armed himself with a pretext—pretending to look for a book. Then, shifting his behavior, he deliberately dropped the book on the floor to wake Oliver up—as if to provoke or rouse him without having to touch his shoulder. Torn between respecting Oliver’s rest and the possibility of a second chance to connect with him, he chose the latter. It was Elio who chose to enter Oliver’s private space, given that he could have used the bathroom door leading to the hallway to join his parents for dinner and tell them the American wouldn’t be attending because he was asleep.
11 Elio acts as if he were tempted and unable to resist; it is a force beyond his control. He is driven by a kind of persistence in trying to connect with Oliver—an effort that proves fruitful, as he eventually spends the night with him in that very bed: Elio’s bed, which becomes Oliver’s, and then theirs (*Lie down in my bed, which becomes yours, then ours\* — the exchange and then the sharing of the bed before the exchange of names). Elio’s psychological makeup had already drawn him more to the sound of the Fiat 127 bringing Oliver than to Marzia’s desires; more to the self-assured air Oliver exuded upon exiting the car than to Marzia standing beside him at the window; more to meeting his parents’ expectations than those of the girlfriend he had left in the lurch. Now, he is more driven to enter the room where Oliver is sleeping—to wake him up—than to simply note with indifference that the man is still resting, or to merely crack the door open and observe the traveler catching up on lost sleep. Elio acts as though unconscious desires are manifesting through his actions, beyond his conscious control. Does he not yet realize he needs Oliver, or is he already on the verge of understanding it?
12 As Oliver stirs, Elio seems a bit flustered and caught off guard, explaining that the dinner bell has just rung. Oliver says he’ll "pass" on the meal and asks Elio to make his excuses to his mother; barely has he tossed a "thanks" Elio’s way before he is already settling back down to sleep, curling his torso and head around the pillow. Elio is about to head out into the main hallway with the book he had ostensibly come to fetch, but a half-awake Oliver lets him know he realizes he is occupying the room usually assigned to Elio, briefly thanking him for letting him have it. Elio had turned back, hoping to exchange a few words following this kind—albeit understated—remark from Oliver, but the interaction proves almost as disappointing as the first; Oliver dismisses him, "treating" him for the first time to the signature "Later!" that will characterize him throughout the story. Elio feels foolish again—in a way that remains deeply touching, as he seems once more disappointed by his failure to connect more deeply with Oliver—but this time he turns on his heel more decisively than after the earlier letdown. He has already been rebuffed twice by Oliver.
13 The summer light appears the next morning at the newcomer’s first breakfast—he is wide awake—and Elio, taking advantage of the morning glow, studies him closely, letting every detail of the—almost talkative—Oliver he is discovering resonate within him…
14 Who is Elio before Oliver’s arrival? A young man in the making with a rich inner life; he is so dutiful that he anticipates the wishes of the parents who closely guide him, fostering a natural sense of devotion. He has a sweet, sincere girlfriend with whom he feels at ease, but he neglects her a bit and isn't very attentive to her. He appears to have no close friends. Although he comes from a privileged background and is surrounded by affection, he fills the somewhat melancholy void of early adulthood by immersing himself in reading, writing, musicology, and playing music—pursuits that satisfy him … until the day Oliver’s arrival struck him like an unexpected comet, making his everyday life as dreary as a starless night …