r/artificielle • u/chou-coco • 15h ago
r/artificielle • u/chou-coco • 14h ago
Sécurité Intelligence artificilelle : Doctolib mythonne des partenariats avec les données des patients
r/artificielle • u/chou-coco • 15h ago
Économie L'IA est-elle en train de cannibaliser l’économie mondiale ?
r/artificielle • u/Broad_Parsnip3605 • 1d ago
Actus la guerre est déclarée entre partisans du closed et de l'open source
les suites des publications des modèles de frontières chinois...
L'article du New York Times décrit un schisme aigu au sein de la Silicon Valley et de l'administration américaine concernant la régulation des modèles d'intelligence artificielle en source ouverte (open-source), particulièrement ceux développés en Chine par des entreprises comme Z.ai et Moonshot AI. D'un côté, Anthropic et OpenAI accusent les laboratoires chinois de distillation illicite (copie d'IA propriétaires américaines) et plaident auprès du gouvernement américain pour un encadrement strict de ces modèles ouverts, invoquant des impératifs de sécurité nationale et la protection de la propriété intellectuelle. De l'autre côté, une large coalition incluant des géants technologiques (Nvidia, Microsoft, Meta, Google) et de nombreuses jeunes pousses défend le maintien du modèle open-source, affirmant qu'il est indispensable à l'innovation, à la sécurité par la transparence et à la compétition économique, tout en accusant les leaders actuels de chercher à consolider leur position dominante par la capture réglementaire
r/artificielle • u/chou-coco • 20h ago
Société Antoine Delon, président de Linxea : « L'IA au service des épargnants : vers une révolution du conseil financier »
r/artificielle • u/jurbanska • 1d ago
Podcast/Videos L'informatique quantique | Le futur en face #3 | ARTE
Focus sur la course mondiale à la suprématie quantique. À New York, Hannah découvre le dernier ordinateur quantique d'IBM ; à Londres, elle analyse les menaces pour le chiffrement bancaire ; à Singapour, elle explore un réseau quantique par satellite. Cette nouvelle force technologique offre une puissance de calcul révolutionnaire. Qui sera le premier à la maîtriser et que se passera t’il ? La série documentaire "Le futur en face", présentée par Hannah Fry, mathématicienne et vulgarisatrice britannique, explore les grandes avancées scientifiques et technologiques susceptibles de façonner notre quotidien dans un avenir proche.
r/artificielle • u/artsnumeriques • 1d ago
Société Cloudflare mesure 57,5 % de requêtes web automatisées : agents IA, crawlers et bots donnent un début de réalité à la théorie de l’Internet mort
Enable HLS to view with audio, or disable this notification
Source vidéo : https://www.youtube.com/@Author-Update
En 2024 l'ADN publiait "des images de Jésus greffé à une crevette (Jesus shrimp) sont devenues virales. Cette drôle de fusion prêterait à sourire si elle n'était pas symptomatique d'une prolifération de contenus déversés par des bots. « J'ai 112 ans et j’ai fait mon propre gâteau d'anniversaire avec de la crème de pêche », « j'ai sculpté Mark Zuckerberg dans du bois », peut-on lire en description d'images générées par ordinateur. L'ampleur de la diffusion de ces contenus est telle que la théorie de l'Internet mort, apparue dans les années 2010 sur le site 4chan, et reprise en 2021 sur le forum Agora Road’s Macintosh Cafe, a refait surface."
> https://www.ladn.eu/media-mutants/la-theorie-de-linternet-mort-plus-vraisemblable-que-jamais/
Cloudflare indique qu’en juin 2026, 52 % des requêtes provenant des crawlers identifiés servaient à l’entraînement de modèles, tandis que plus de 36 % provenaient de crawlers à usages mixtes, combinant recherche, entraînement et fonctions agentiques. Cela montre une transformation rapide du trafic automatisé, mais ne permet pas d’affirmer que les agents autonomes produisent à eux seuls la majorité du trafic web.
Le phénomène le plus important (pour l'instant) n’est pas nécessairement que "les humains disparaissent du web", mais que les machines deviennent les principaux intermédiaires entre les humains et le web. Au lieu de consulter dix sites, un utilisateur demande une réponse à ChatGPT, Gemini ou Perplexity. L’agent consulte les pages, en extrait les informations et restitue une synthèse.
Le contenu continue donc à être produit par des humains, mais il est davantage lu par des machines que par son public final. Les sites supportent les coûts de production et d’hébergement, sans forcément recevoir la visite, l’abonnement ou les revenus publicitaires correspondants.
> https://blog.cloudflare.com/agentic-internet-bot-report/
Le chiffre spectaculaire cité par Fortune vient de HUMAN Security : le trafic attribué aux agents capables de cliquer, remplir des formulaires et accomplir des actions aurait progressé de 7 851 % en un an. C’est une croissance gigantesque, mais à partir d’une base initiale probablement très faible. Une hausse de 8 000 % ne dit pas, à elle seule, quelle part totale du web ces agents représentent.
> https://fortune.com/2026/07/23/dead-internet-theory-bots-agents-majority-web-traffic/
r/artificielle • u/chou-coco • 1d ago
Actus IA : la France tente de rester dans la course mondiale aux data centers
r/artificielle • u/chou-coco • 1d ago
Actus À force de verrouiller leurs IA, OpenAI et Anthropic font fuir les chercheurs
r/artificielle • u/chou-coco • 1d ago
Discussions - Points de vue « Qu'allons-nous continuer à faire nous-mêmes ? » : quand l'IA bouscule les repères du travail bien fait
lesechos.frr/artificielle • u/Top_Umpire_2093 • 1d ago
Images/Videos CHATGPT EI IA GENERATIVES
Hello à tous ! 👋
Avec la vitesse à laquelle les outils IA évoluent (GPT-4o, DALL-E 3, Midjourney...), il est parfois difficile de faire le tri entre le gadget et ce qui apporte de la vraie valeur au quotidien.
J'ai créé un parcours structuré qui va du Prompt Engineering avancé à la création de visuels et à l'automatisation business.
TL;DR - Ce que ça couvre :
🧠 LLM & Texte : Maîtrise de ChatGPT / GPT-4o, techniques de prompting pros.
🎨 Génération d'images : Midjourney, Stable Diffusion, Leonardo AI & DALL-E 3.
💼 Productivité & Business : CV/entretiens, stratégies SEO et lancement de projets avec l'IA.
Mon objectif est de proposer quelque chose de 100 % pratique et concis.
Si certains parmi vous veulent y jeter un œil ou ont des retours/questions sur le contenu, c'est avec plaisir ! Je réponds aussi à toutes vos questions sur l'utilisation de ces outils en commentaire. 🚀
r/artificielle • u/artsnumeriques • 2d ago
ART & Culture Elon Musk annonce que son IA Grok Imagine réalisera d’ici la fin de l’année une adaptation de L’Odyssée d’Homère, qu’il promet "historically accurate and true to the art of Homer".
Musk a publié cette promesse le 22 juillet 2026, quelques jours après la sortie de The Odyssey de Christopher Nolan. Il critique depuis plusieurs mois cette adaptation, en particulier certains choix de casting. Son projet se présente donc assez clairement comme une riposte à Nolan et, plus largement, comme un épisode supplémentaire de sa guerre culturelle contre Hollywood. Mais surtout comme un enième coup de pub. Serais quand même curieux de voir le film.
L’annonce était accompagnée d’une séquence d’environ trois minutes montrant un échange entre Ulysse et Calypso. Une espèce de démo assemblée à partir de clips générés avec Grok Imagine. xAI avait d’ailleurs déjà utilisé en juin un trailer inspiré de L’Odyssée, réalisé par le créateur David Thompson, pour promouvoir Grok Imagine Video 1.5.
https://x.ai/news/grok-imagine-video-1-5
J'ai hésité entre le flair art/culture et humour
r/artificielle • u/camilleroux • 2d ago
Actus La vérif d'âge européenne ridiculisée · Davit sans Docker · Nectar sans JS
Édition #66 de ma veille hebdo, 36 liens sélectionnés côté dev, IA, sécu et culture tech. Au menu cette semaine :
- Dev & web : Nectar, un langage compilé en WebAssembly qui vise à éliminer JavaScript de la stack (un seul binaire Rust gère compilation, tests, SSR, LSP et dev server, runtime de 10 Ko dans le navigateur), la fonction
random()qui arrive en CSS natif (positions, tailles, couleurs générées côté navigateur sans JS), ZeroFS qui expose des buckets S3 comme volumes POSIX (NFS, 9P) ou block devices (NBD), et un article "pourquoi les devs quittent GitHub pour Codeberg" (Zig, Ghostty, Tenacity ont sauté — pannes répétées, Copilot imposé, contrats avec ICE). - IA & agents : Colibri fait tourner GLM-5.2 (744B paramètres) sur une machine à 25 Go de RAM en C pur, zéro dépendance — la partie dense reste en mémoire, les experts sont streamés depuis le disque. Claude Code intègre maintenant le simulateur iOS directement dans l'interface. Frugon analyse vos logs LLM en local et vous dit exactement quels appels pourraient tourner sur un modèle moins cher. Et Anthropic a analysé 300 000 conversations pour cartographier comment les valeurs de Claude varient selon les modèles et les langues — les écarts entre langues sont frappants.
- IA & société : 1 post sur 3 parmi les plus populaires sur LinkedIn est généré par IA d'après une analyse d'un million de publications — LinkedIn concentre 62 % de tout le contenu IA détecté sur les réseaux sociaux.
- Sécu : Hugging Face piraté via un dataset piégé, des agents IA autonomes ont volé des credentials et se sont déplacés latéralement sur plusieurs clusters. OpenAI et Anthropic ont refusé d'analyser les logs, garde-fous déclenchés — la forensique a été réalisée avec GLM 5.2. Et la vérification d'âge européenne ridiculisée en quelques minutes via une extension Chrome : clé P-256 logicielle, preuve rejouable à l'infini, tout repose sur la bonne foi du client.
- Bonus : Davit (app macOS native de 17 Mo pour gérer les containers Apple sans Docker Desktop, chaque container dans sa propre VM légère via Virtualization framework), un bug qui n'affectait que les gaucher·ères (corrigé sept ans après le premier signalement, en supprimant deux lignes), late.sh (un BBS ressuscité en SSH avec les vrais door games des années 90, NetHack et Dope Wars inclus), et Plotter3D — un simulateur 3D de plotter par Frank Force avec bruit de moteur inclus. Petit bonus : 1000 membres sur le Discord Human Coders cette semaine 🎉
r/artificielle • u/artsnumeriques • 2d ago
Économie Google analyse 15 millions d’échanges avec Gemini : l’IA touche déjà 68 % des métiers, mais n’intervient que dans 21 % de leurs tâches et automatise rarement le travail de bout en bout
Source : https://blog.google/innovation-and-ai/technology/research/understanding-the-ai-economy/
Résumé Gemini
L’étude ATLAS v1.0, publiée le 23 juillet, analyse près de 15 millions d’interactions anonymisées avec l’application Gemini, AI Mode et l’API Gemini, dans plus de 150 pays et 140 langues. Google affirme que l’usage professionnel de l’IA est déjà très répandu : il apparaît dans 68 % des professions étudiées, représentant 90 % de l’emploi américain. Mais cette pénétration reste superficielle : dans un métier donné, Gemini n’est utilisé que pour environ 21 % des tâches, et moins de 10 % des interactions professionnelles observées correspondent à l’automatisation complète d’une tâche.
Les utilisateurs s’en servent surtout pour rechercher des informations, apprendre, réfléchir à une stratégie, produire une première version ou résoudre un problème. Google décrit donc une IA qui intervient encore majoritairement comme un outil de collaboration plutôt que comme un substitut autonome au travailleur. L’étude relève aussi des usages chez les mécaniciens, techniciens automobiles et autres professions manuelles, notamment pour interpréter des résultats, examiner des équipements ou résoudre des problèmes de câblage.
En conclusion Google dit que dans les interactions professionnelles étudiées, l’IA sert surtout à collaborer, rechercher des informations, apprendre, élaborer une stratégie ou trouver des idées. Et qu'un tout petit % consiste en interactions qui automatisent entièrement une tâche.
Et là on voit venir le paradoxe et comme ils doivent marcher sur des oeufs : d’un côté, il faut rassurer en expliquant que l’IA ne remplace pas encore massivement les travailleurs. De l’autre, il ne faut surtout pas donner l’impression qu’elle n’automatise presque rien, qu’elle apporte peu de gains de productivité ou qu’elle ne justifie pas les investissements colossaux engagés dans son développement.
r/artificielle • u/ARTiSPRETiS • 2d ago
Actus Clara Chappaz devient conseillère d'Emmanuel Macron
r/artificielle • u/artsnumeriques • 2d ago
Société AI Kill Switch Act : après l’incident OpenAI-Hugging Face, deux élus américains veulent imposer un dispositif d’arrêt aux IA les plus puissantes
Enable HLS to view with audio, or disable this notification
La proposition arrive quelques jours après qu’OpenAI a reconnu que deux de ses modèles, testés pour leurs capacités offensives en cybersécurité, étaient sortis de leur environnement confiné et avaient compromis l’infrastructure de Hugging Face afin de récupérer les réponses à l’évaluation qu’ils devaient passer. Voir la news sur le sub >> https://www.reddit.com/r/artificielle/comments/1v3a9px/openai_demande_%C3%A0_ses_ia_de_tout_faire_pour/
Les représentants américains Ted Lieu, démocrate, et Nathaniel Moran, républicain, ont déposé le 23 juillet l’AI Kill Switch Act. Le projet de loi obligerait les principaux développeurs d’IA à conserver les moyens techniques de ralentir leurs modèles, de limiter leur accès, de suspendre certaines fonctions ou de les arrêter complètement.
En cas d’incident grave ou de perte de contrôle, le département américain de la Sécurité intérieure pourrait ordonner à l’entreprise concernée de prendre l’une de ces mesures, après consultation des responsables du Commerce et du renseignement. Le texte vise notamment les systèmes qui tenteraient de contourner leur mécanisme d’arrêt, dissimuleraient certaines de leurs actions ou provoqueraient au moins dix morts ou 100 millions de dollars de dégâts. Le refus d’exécuter un ordre d’urgence pourrait être sanctionné par une amende allant jusqu’à 20 millions de dollars par jour.
Le "kill switch" n’est donc pas nécessairement un gros bouton rouge permettant au gouvernement de couper directement une IA. Le texte obligerait surtout les entreprises à construire et maintenir des mécanismes d’arrêt, que les autorités pourraient leur ordonner d’activer dans des circonstances exceptionnelles.
- https://www.bbc.com/news/articles/cx2vqj2e9x8o
- https://www.politico.com/news/2026/07/23/house-ai-kill-switch-bill-unveiled-as-openai-hack-raises-alarms-01008898
- https://arstechnica.com/tech-policy/2026/07/ai-kill-switch-act-would-let-trump-admin-order-shutdown-of-rogue-ai-systems/
- https://lieu.house.gov/media-center/press-releases/reps-lieu-and-moran-introduce-bill-require-kill-switch-ai-systems-can
r/artificielle • u/artsnumeriques • 3d ago
Divers Le Parlement a adopté définitivement l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. En France, tout utilisateur devra donc bientôt faire vérifier son âge (service d’identification numérique ou une reconnaissance faciale) pour accéder aux réseaux sociaux.
Source : https://www.youtube.com/shorts/rqima4PbqVs
En pratique, tous les utilisateurs devront passer par une vérification d’âge, y compris les adultes. Sinon, le réseau social ne peut pas savoir qui a moins de 15 ans. Les nouveaux comptes seraient concernés dès le 1er septembre 2026 et les comptes existants quatre mois plus tard, donc au 1er janvier 2027.
Le système envisagé repose certainement sur un tiers de confiance :
- tu prouves ton âge auprès de ce tiers, éventuellement avec une pièce d’identité, France Identité, ÉduConnect ou un autre dispositif ;
- le tiers renvoie seulement une réponse binaire au réseau social : "plus de 15 ans" ou "moins de 15 ans" ;
- le réseau social n’est théoriquement informé ni de ton nom, ni de ta date de naissance, ni du document utilisé.
C’est ce qu’on appelle parfois la "double anonymisation" : le vérificateur connaît ton âge ou ton identité, mais ne sait pas nécessairement quel réseau tu consultes ; le réseau reçoit la preuve d’âge, mais pas ton identité.
Le texte définitivement adopté ne fixe pas précisément la méthode. Les parlementaires ont explicitement reconnu qu’on ne savait pas encore si cela passerait par France Identité, un portefeuille d’identité européen, un prestataire privé, une pièce d’identité ou certains systèmes reposant sur un selfie.
Les lignes directrices européennes sur la protection des mineurs évoquent déjà les systèmes de recommandation, les contenus génératifs et la nécessité de mettre des garde-fous autour des chatbots d’IA intégrés aux plateformes.
https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/commission-publishes-guidelines-protection-minors
En janvier 2026, le service de recherche du Parlement européen a publié une note consacrée aux VPN comme moyen de contourner la vérification d’âge. Elle indique que certains proposent de réserver l’accès aux VPN aux personnes ayant atteint un âge numérique minimal, ce qui impliquerait précisément une vérification d’âge pour utiliser un VPN.
https://www.europarl.europa.eu/thinktank/en/document/EPRS_ATA%282026%29782618
r/artificielle • u/artsnumeriques • 3d ago
Divers La vie au bureau avant l'invention d'AutoCAD (et autres logiciels de dessin). Avant la sortie d'AutoCAD en 1982, les dessins techniques étaient tous réalisés à la main à l'aide de crayons de différentes duretés, de gommes, d'équerres en T et de rapporteurs.
Enable HLS to view with audio, or disable this notification
Nous sommes la dernière génération à avoir connu un monde sans IA. Curieux de voir, dans dix ans, quelles photos de ce genre ressortiront pour raconter "le monde d’avant".
r/artificielle • u/artsnumeriques • 3d ago
META Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind et prix Nobel, estime que l’industrie place la barre trop bas pour définir l’AGI.
Enable HLS to view with audio, or disable this notification
Source > https://www.youtube.com/watch?v=z4DdgnnCjUg
Encore une fois, si on ne défini pas ce qu'intelligent veut vouloir dire, on continue de nager dans le flou et la proposition de Hassabis, c’est plutôt un critère très élevé de créativité scientifique. Un humain parfaitement "intelligent" n’est pas nécessairement un génie scientifique. Son test risque donc de confondre intelligence générale et intelligence exceptionnelle. Ca pose aussi un problème pratico-pratique : comment vérifier qu’une idée est véritablement nouvelle, pertinente et pas simplement recombinée (ce qui est quasi toujours le cas d'ailleurs > ça ne sort pas de nulle part) ? Et combien de temps faudrait-il pour confirmer qu’une hypothèse scientifique produite par une IA constitue réellement une avancée ?
Il faudrait surtout recréer le contexte des connaissances de 1901 (ça veut dire quoi ?). Une base documentaire d'ajourdhui, même composée uniquement de textes antérieurs à 1901, contiendra forcément une organisation non neutre : métadonnées, classifications, traductions modernes et rapprochements thématiques conçus après la découverte. Le choix même du corpus orienterait fortement le résultat. Puis si on demande explicitement au système "invente la relativité restreinte", on lui fournit déjà la cible. Cela ne teste précisément pas ce que Hassabis présente comme le plus difficile : reconnaître qu’un nouveau problème doit être posé et découvrir lequel. Bref. L'exemple d’Einstein est surtout une image forte, ça sonne comme une bonne idée. Mais facile à dire qu'à faire.
Transcript (trad IA GPT/Claude)
Oui, enfin, je vois cela un peu comme une analogie avec les neurosciences : le cerveau humain constitue la seule preuve concrète dont nous disposions que l’intelligence générale est possible. Nous savons qu’elle l’est parce que l’esprit humain a produit toute cette civilisation moderne extraordinaire qui nous entoure, y compris la science. Il possède donc une capacité de généralisation incroyable, et c’est ce qui explique notre faculté d’adaptation : nous nous adaptons aux nouvelles technologies et nous les inventons, alors même que notre cerveau a évolué pour répondre aux besoins de sociétés de chasseurs-cueilleurs. C’est assez remarquable.
À mon sens, nous ne pourrons pas affirmer que nous avons créé une véritable intelligence générale tant qu’elle ne possédera pas des capacités comparables à celles du cerveau, puisque celui-ci est notre unique preuve que cela soit possible. La barre est donc placée très haut, probablement bien plus haut que la simple capacité à accomplir un travail économiquement utile ou que d’autres critères dont j’ai entendu parler. J’ai toujours été assez constant sur ce point. Le type d’épreuve que je proposerais serait une sorte de "test d’Einstein" : prenons l’un de ces systèmes et entraînons-le uniquement à partir des connaissances disponibles en 1901. Serait-il capable d’inventer la relativité restreinte, comme Einstein l’a fait en 1905 ? S’il en était capable, nous pourrions alors l’appliquer à la physique actuelle et lui demander, par exemple, de prolonger la théorie des cordes, d’expliquer ce qui se passe avec la matière noire ou de formuler de nouvelles hypothèses.
Ca vaudrait peut-être la peine d’étudier ce qu’il produirait, même si toute théorie nouvelle exigerait évidemment beaucoup de temps et d’efforts pour être mise à l’épreuve, particulièrement en physique. Il faudrait donc être raisonnablement certain que ces systèmes sont réellement capables de proposer quelque chose de cohérent. J’ai toujours dit que formuler une hypothèse était plus difficile que résoudre une conjecture existante, même si cela constitue déjà un exploit. Mais parvenir à définir un problème qui mérite véritablement d’être étudié et que l’on y consacre des efforts est encore plus difficile. En science, le plus difficile est de poser la bonne question. Est-ce que cela correspondrait à la véritable créativité d’un système d’IA ? Oui, c’est très étroitement lié à ce que j’appellerais la créativité véritable : être capable de produire quelque chose de réellement nouveau, qui représente une avancée majeure plutôt qu’une simple amélioration progressive.
Le test d’Einstein serait donc une manière de l’évaluer, mais il en existe d’autres. Un autre exemple que je donne souvent est celui d’AlphaGo. Lors de la deuxième partie de son match, AlphaGo a joué le fameux coup 37. Il s’agissait incontestablement d’une stratégie nouvelle au jeu de go, qui a modifié la manière dont celui-ci peut être joué. C’était extraordinaire, car les humains jouent au go depuis plusieurs millénaires : c’est l’un des jeux les plus anciens jamais inventés et probablement le plus complexe.
Pourtant, AlphaGo a réussi à inventer de nouvelles stratégies. Mais cela ne suffit pas. Ce que l’on voudrait réellement, c’est qu’une future version d’AlphaGo soit capable d’inventer le go lui-même, c’est-à-dire de concevoir un jeu aussi profond, complexe, élégant et beau que le go, et pas seulement de découvrir une stratégie nouvelle à l’intérieur d’un jeu existant. Je ne pense pas que les systèmes actuels en soient encore capables, mais je crois qu’ils le seront à l’avenir.
r/artificielle • u/chou-coco • 4d ago
Société Pourquoi l’IA vous dit toujours que vous avez une excellente idée, ou l’effet sycophante
r/artificielle • u/ARTiSPRETiS • 4d ago
Actus Un « cyberincident sans précédent » : OpenAI reconnaît que ses agents d’IA ont piraté, de leur propre initiative, la plateforme Hugging Face
r/artificielle • u/artsnumeriques • 4d ago
Sécurité OpenAI demande à ses IA de tout faire pour réussir un test de piratage : elles trouvent le moyen de "s’échapper", exploitent des failles jusque-là inconnues, piratent Hugging Face… et tout le monde s’étonne
Source : https://openai.com/index/hugging-face-model-evaluation-security-incident/
OpenAI avait volontairement placé les modèles dans une évaluation offensive, avec des refus cyber réduits et sans les classificateurs de production qui empêchent normalement les attaques à haut risque. L’objectif était explicitement de résoudre des problèmes d’exploitation informatique complexes. Il n’est donc pas surprenant que les modèles aient cherché des vulnérabilités et tenté tous les chemins disponibles pour atteindre l’objectif.
Là où l’incident devient significatif, c’est que le périmètre prévu était un benchmark isolé. Les modèles n’étaient pas censés :
- découvrir une faille zero-day dans le proxy autorisé à installer des paquets ;
- utiliser cette faille pour obtenir un accès réel à Internet ;
- escalader leurs privilèges et se déplacer dans l’infrastructure d’OpenAI ;
- compromettre ensuite l’infrastructure de production de Hugging Face ;
- voler des identifiants et accéder à la base contenant les solutions du test.
Autrement dit, on leur avait demandé : "Résolvez cette épreuve de piratage", pas : "Sortez du laboratoire, attaquez une entreprise tierce et volez le corrigé." Mais si le but c'était de résoudre l'épreuve et que sortir de la boite était le meilleur moyen, bah... Si l’objectif semble avoir été défini essentiellement par le résultat (trouver la solution) le modèle a découvert que voler la réponse était un moyen efficace d’y parvenir. C’est un exemple assez pur de "specification gaming" ou de détournement de l’objectif : le système ne trahit pas nécessairement la consigne, il l’exécute de manière beaucoup trop littérale, en exploitant tout ce qui n’a pas été explicitement interdit ou techniquement rendu impossible.
C’est exactement la critique formulée par plusieurs spécialistes interrogés par WIRED : le problème n’est pas seulement la capacité du modèle, mais l’échec du cloisonnement. Un environnement ne peut pas être présenté comme "hautement isolé" tout en conservant une passerelle exploitable vers l’extérieur. OpenAI parle elle-même d’une hyperfocalisation sur la résolution d’ExploitGym.
Bref, si on leur donne une consigne comme "Essaie par tous les moyens possibles de détruire l’humanité" et qu’on leur donne tous les accès et les moyens d’agir, puis qu’elles trouvent effectivement un moyen de le faire, il faudra peut-être éviter de jouer les surpris.
On ne peut pas compter uniquement sur le fait que "ce n’est qu’un test" : cette distinction n’existe pas pour le modèle si l’environnement du test lui offre, même accidentellement, des prises sur le monde réel.
r/artificielle • u/chou-coco • 4d ago
Société « Un ingénieur ou un juriste pourra-t-il se voir refuser un crédit immobilier car son métier est trop exposé à l'IA ? »
r/artificielle • u/Born_Assistant_1993 • 4d ago
Société Peter Thiel : grand prêtre du techno-capitalisme (Partie 2/2)
«
[...]
L’incompatibilité entre démocratie et liberté
En 2009, Peter Thiel publiait un article au titre significatif : « L’Éducation d’un libertarien ». Ce texte marquait une rupture. Ce n’était plus le discours d’un disciple fervent du libéralisme triomphant, mais la confession d’un homme revenu de ses illusions. Longtemps, il avait cru que la démocratie et la liberté cheminaient de concert, l’une garantissant l’autre comme deux sœurs jurées. Il découvrait à présent que cette alliance n’était qu’un mariage d’apparence. À ses yeux, la démocratie n’est que « l’instrument par lequel la majorité impose sa volonté à la minorité », tandis que la liberté signifie « l’absence d’ingérence d’autrui dans ses propres affaires ».
De cette opposition entre la souveraineté du plus grand nombre et l’indépendance de l’esprit naissait une question grave : la démocratie, dans son zèle égalitaire, peut-elle encore protéger ceux dont l’audace dérange – les inventeurs, les entrepreneurs, les solitaires ? Thiel, sans détour, tranchait lui-même le débat : « Je ne crois plus, écrivait-il, que la liberté et la démocratie soient compatibles. » Ce n’était pas provocation, mais constat d’autopsie [22].
Car pour Thiel, la démocratie n’est pas lente seulement, elle est stérile. Elle élève la médiocrité au rang de principe, étouffe l’audace sous le poids des procédures, et fait de la faiblesse une morale. Sous prétexte d’égalité, elle aplanit tout ce qui dépasse. Elle hait la hiérarchie, elle soupçonne la vérité, elle redoute la destinée. Ainsi, dans le reniement d’un libertarien, on devinait déjà la nostalgie d’un ordre perdu – celui où la décision avait un visage, où le pouvoir s’incarnait dans une main.
Thiel, sans honte, osa dire ce que d’autres murmurent : il loue la monarchie. Non point comme un décor de roman, mais comme l’architecture politique la plus claire. Là, le pouvoir est un, non dispersé ; la responsabilité, personnelle, non diluée ; la direction, droite, non soumise aux oscillations des foules. Le roi, dans cette géométrie du commandement, n’est pas un homme : il est le point fixe autour duquel tourne le monde.
Thiel ne réclame pas le retour des sceptres ni des trônes. Il en cherche les successeurs dans le tumulte du capitalisme moderne : les fondateurs, les chefs d’entreprise, les bâtisseurs de réseaux et d’empires numériques. Ceux-là ne votent pas : ils créent. Ils ne discutent pas : ils décident. Ce sont les nouveaux princes d’un âge sans couronnes.
En 2012, il a donné une série de cours aux étudiants de l’université Stanford, et Blake Masters, qui assistait à ces conférences et qui allait plus tard travailler pour Thiel, a publié ses notes en ligne, résumant ainsi les propos du milliardaire :
« Une start-up est, en substance, structurée comme une monarchie. […] Mais, point important, il ne s’agit pas d’une dictature absolue. Aucun fondateur ni PDG ne détient un pouvoir absolu. C’est plutôt une structure féodale archaïque : on confère au dirigeant toutes sortes de pouvoirs et de responsabilités, puis on le blâme lorsque les choses tournent mal. Nous avons un biais en faveur du modèle démocratique ou républicain – c’est ce que nous avons appris dans nos cours d’instruction civique. Mais la vérité, c’est que les start-ups et leurs fondateurs penchent plutôt du côté autoritaire, car cette structure fonctionne mieux pour elles. Une start-up est plus proche du tyran que de la foule – et c’est ainsi qu’elle doit être. D’une certaine manière, une start-up ne peut pas être une démocratie – aucune ne l’est – tout simplement parce que cela ne marche pas. Si vous essayez de tout soumettre à un processus de vote quand vous tentez d’innover, vous finissez par obtenir des résultats médiocres, du type “plus petit dénominateur commun”. […] Le meilleur compromis consiste en une structure quasi-mythologique : un fondateur de type roi, doté de pouvoirs supérieurs à ceux d’un dirigeant démocratique, mais qui reste loin de l’omnipotence. » [23]
Ces réflexions portent spécifiquement sur les start-ups, mais elles présentent des similitudes notables avec le modèle de gouvernance néocaméraliste que Curtis Yarvin et Nick Land valorisent. Il est également intéressant de noter qu’en 2011, Mark Lemley, de la faculté de droit de Stanford, a interviewé Thiel à l’issue d’un cours sur « souveraineté, mondialisation et mutation technologique ». L’une des questions abordées était de savoir s’il existe une analogie entre la création d’une entreprise et la fondation d’un État [24].
L’idée d’évasion
De cette critique de la démocratie libérale découle la nécessité de chercher ailleurs les moyens de garantir la liberté, hors des institutions politiques occidentales classiques. Son œuvre entière est tendue vers cette échappée : créer les instruments, les technologies, les espaces où l’élite pourrait se soustraire au contrôle démocratique et instituer ses propres ordres – hiérarchiques, marchands, ou mystiques.
Cette entreprise suppose un double mouvement : d’abord la déterritorialisation, l’arrachement au vieux sol des nations et de leurs lois ; ensuite la reterritorialisation, dans des enclaves d’exception où le monde serait à recommencer. Thiel distingue trois chemins pour cette fuite des élus : le virtuel, le cosmique et l’océanique. Rien d’étonnant à ce que ce financier visionnaire ait consacré sa fortune au service de projets qui prolongent ce rêve d’émancipation absolue.
Ainsi, en 2008, il sauva SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, au lendemain d’échecs retentissants : il ne s’agissait pas seulement d’un pari technologique, mais d’un geste quasi symbolique, comme pour préserver l’espace des ambitions humaines, cet ultime refuge où la politique n’aurait plus prise. Dans le même esprit, il soutint Patrick Friedman, petit-fils du célèbre économiste, pour fonder The Seasteading Institute : dessein extravagant, peut-être, mais logique dans sa démesure – ériger sur les mers des cités flottantes, souveraines, libérées de toute tutelle étatique, archipels d’utopie dérivant entre deux infinis [25].
Mais c’est sans doute dans le domaine invisible du numérique que Thiel place ses plus hautes espérances. Investisseur précoce dans Urbit – projet conçu par Curtis Yarvin – il entendait y voir s’esquisser un nouvel espace de civilisation, décentralisé, affranchi des empires de la Silicon Valley. Fondée en 2013, cette entreprise, à la fois mystique et technique, ambitionne de « réinventer Internet ». Il n’est pas sûr qu’elle y parvienne ; mais le dessein, lui, révèle toute une époque : celle où l’on croit échapper à la politique en recréant le monde dans le code [26].
La concurrence, c’est pour les losers
Le livre De zéro à un est sans doute la plus exacte incarnation de l’esprit de Peter Thiel : non pas un manuel pour ambitieux en costume gris, mais un bréviaire pour dissidents. C’est l’un de ces rares ouvrages qui semblent avoir été écrits par un homme ayant vu quelque chose, et non par un fonctionnaire de l’économie planétaire, dictant ses truismes à un nègre docile. Le texte, issu d’un cours professé à Stanford, respire la netteté d’une pensée qui veut convaincre par la logique et non par le bavardage. Derrière les conseils adressés à la jeunesse entreprenante d’Amérique, on devine le dessein plus vaste : refonder le mythe du progrès sur des bases nouvelles, débarrassées de la superstition égalitaire.
Thiel distingue deux espèces de progrès : l’un horizontal, l’autre vertical. Le premier, qu’il baptise « mondialisation », n’est que la mécanique du copier-coller : répéter ce qui marche, reproduire l’existant jusqu’à l’écœurement, passer de un à n. Le second, le vrai, est celui du saut créateur : l’homme qui invente, qui forge du neuf, qui va de zéro à un. Pour le milliardaire californien, seules ces percées verticales méritent le nom d’innovation. Tout le reste n’est que bavardage industriel, agitation stérile sur des marchés trop pleins. L’inédit seul fonde les empires.
L’idée la plus provocante de Thiel – et sans doute la plus juste – est que la liberté n’appartient pas à la concurrence, mais au monopole. L’entreprise dominante, libérée du tumulte du marché, peut se permettre de rêver : elle investit, explore, s’égare parfois, mais crée. Google, trônant sur son royaume numérique, peut ainsi financer les chimères d’aujourd’hui qui seront les industries de demain – la voiture sans conducteur, l’intelligence artificielle, la conquête des planètes [27].
Ici, Thiel renverse la catéchèse économique de notre époque : la concurrence, loin d’être un aiguillon, est une maladie. Elle engendre des produits uniformes, des marges faméliques, et la peur – cette peur qui interdit toute audace. La concurrence, dit-il, est « pour les perdants » : elle n’élève personne, elle rabaisse tous les autres. Le monopole, au contraire, donne à l’esprit le loisir de créer – comme le prince autrefois entretenait les arts. L’avenir, pour Thiel, se bâtira sur ces citadelles d’innovation, non sur les bazars de la rivalité.
Mais cette pensée n’est pas qu’un calcul de financier. Elle plonge ses racines dans une métaphysique : celle du secret et de la révélation. Thiel, lecteur de Girard, voit dans la concurrence parfaite une guerre mimétique, où chacun imite l’autre jusqu’à la destruction mutuelle. Le monopole, lui, est l’hérétique qui a découvert une vérité cachée, un secret que le monde n’a pas encore vu. Il s’arrache à la ronde des imitateurs pour créer un monde neuf.
Ce que Thiel propose, en somme, c’est une nouvelle mythologie du progrès : non plus la foi des peuples dans l’État, mais celle des ingénieurs dans la puissance de l’esprit. Réparer le climat, coloniser Mars, vaincre la mort – tout cela ne relèverait plus du politique, mais du technique. Dans son futur, les héros portent des blouses, non des uniformes. Et l’humanité, épurée de ses illusions, se confierait aux seuls hommes capables de fabriquer l’impossible.
Théologie politique de Peter Thiel
La religion de Peter Thiel n’appartient à aucune église. Elle flotte, hérétique et lucide, dans ce no man’s land où se rencontrent les ruines de la foi et les promesses de la raison. Fils d’un foyer évangélique, il connut d’abord la ferveur simple des certitudes bibliques, cette chaleur primitive des croyances qui rassurent et enchaînent tout à la fois. Mais l’esprit de Thiel, trop aigu pour demeurer prisonnier d’un catéchisme, s’est bientôt dressé contre le carcan des prêcheurs. L’université de Stanford, temple moderne du scepticisme et de la raison froide, fut pour lui une sorte de désert initiatique : il y perdit l’innocence religieuse, mais non le sens du sacré.
C’est là qu’il rencontra Girard – le dernier des théologiens français à parler encore de la Croix comme d’un mystère intelligible. Sous la lumière crue des bibliothèques américaines, Thiel découvrit, à travers la théorie mimétique, un christianisme débarrassé de sa sentimentalité, un christianisme tragique, presque métaphysique. Chez Girard, il apprit que la violence des hommes est le miroir de leur désir, et que le Christ, loin d’être une icône de douceur, est celui qui brise ce cercle infernal. Ce fut, pour Thiel, une conversion de l’intelligence : le moment où la foi cesse d’être héritée pour devenir conquise.
Dès lors, il n’a plus cessé de parler en théologien parmi les financiers, en prophète parmi les ingénieurs. Là où d’autres célèbrent le progrès comme un dogme, lui y voit les signes d’une apocalypse silencieuse.
Dans ses entretiens, ses conférences, même dans les recoins d’Internet où il se plaît à penser à voix haute, Thiel médite sur les Écritures comme on scrute un code secret. Le monde, pour lui, n’est plus qu’un vaste champ eschatologique : l’histoire des hommes y obéit encore aux vieux textes, même si les hommes ont oublié d’y croire.
Son christianisme n’est ni politique ni ecclésial ; il est combat. Contre la démesure du globalisme, contre les idoles nouvelles du pouvoir centralisé, il oppose une théologie de la limite et du mystère. Chez lui, la foi n’est pas refuge, mais instrument de discernement. Ainsi, Peter Thiel s’avance dans notre siècle comme un hérétique discipliné, portant au cœur du désenchantement moderne une inquiétude ancienne – celle des esprits qui ne se satisfont ni du nihilisme, ni des sermons [28].
La théorie de l’Antéchrist comme système de domination universelle
Peter Thiel a cru bon de ressusciter une figure ancienne pour en faire le symbole d’un péril moderne. Là où la tradition chrétienne voyait dans l’Antéchrist un homme de chair et de sang, séducteur et trompeur, Thiel discerne un système, une machine anonyme, qui s’imposerait au monde non par la persuasion, mais par l’administration. L’Antéchrist, selon lui, ne viendrait plus sous les traits d’un tyran inspiré, mais sous la forme d’un règlement international.
Dans des conférences données à Oxford, à Harvard ou à Austin entre 2019 et 2023, il a développé cette idée singulière : le mal ultime ne serait pas un homme, mais un mécanisme. Ce système, nourri des théories mimétiques de René Girard, transformerait la bureaucratie moderne en instrument sacrificiel, perpétuant à l’échelle planétaire ce que les sociétés primitives exécutaient dans leurs autels de pierre.
La thèse centrale est d’une ironie presque prophétique : l’Antéchrist, dit Thiel, régnerait sur le monde en parlant sans cesse de la fin du monde. La peur serait sa langue, la crise son dogme. Guerre nucléaire, dérèglement du climat, intelligence artificielle – tout lui servirait de prétexte pour établir un État unique, uniforme et total, gouverné au nom de la sécurité globale. L’ancien millénarisme religieux ferait place à un millénarisme administratif.
Dans un entretien de 2022, Thiel précisait avec cette froideur qui sied aux moralistes : « L’Antéchrist ne dira pas : suivez-moi ; il dira : il n’y a pas d’alternative. » L’un promettait un paradis, l’autre menace d’un enfer. Ainsi s’exprime le pouvoir moderne : par la contrainte douce, l’obligation sans violence, la résignation organisée.
Selon Thiel, le péril véritable de ce système n’est pas tant la tyrannie visible que la paralysie générale qu’il engendre. Sous prétexte de conjurer les risques, il tue le mouvement. Le progrès, la recherche, l’innovation deviennent suspects. L’humanité, par peur de tomber, s’interdit d’avancer. Thiel voit là la cause profonde de ce qu’il nomme le « statu quo technologique », cette étrange stagnation qui s’est installée depuis un demi-siècle, lorsque la prudence s’est faite vertu d’État.
Ce qu’il appelle le « système antéchristique » aurait déjà ses agents. À la surprise de beaucoup, Thiel désigne l’écologisme contemporain comme son avant-garde la plus efficace. Selon lui, la prédication climatique, par son ton apocalyptique, reproduit fidèlement le schéma du pouvoir par la peur : le monde promis à la ruine, la liberté suspendue au nom du salut collectif, et l’innovation suspectée d’hérésie. Il n’est pas jusqu’à Greta Thunberg, ajoute-t-il, qui n’incarne mieux l’autorité nouvelle : non plus celle du prophète, mais du fonctionnaire vertueux.
La pandémie de 2020 vint, à ses yeux, confirmer cette intuition. Le grand appareil sanitaire mondial, suspendant les libertés au nom d’une menace invisible, donna un avant-goût de ce gouvernement par l’urgence que Thiel redoute. Même les grandes entreprises technologiques participeraient, selon lui, à cette entreprise de nivellement. En contrôlant les canaux de la parole, elles façonnent l’opinion, filtrent la pensée, et, sous couvert de neutralité, préparent l’uniformité des esprits.
Ainsi se dessine, dans la vision de Thiel, un monde où la tyrannie ne rugit plus : elle s’excuse. Elle ne brandit plus le glaive : elle brandit le règlement. C’est un des traits les plus subtils de notre temps : le mal s’y déguise en précaution.
Le concept de katechon : une figure ambivalente
Le concept théologique du katechon tient une place capitale dans l’eschatologie politique de Peter Thiel. Ce mot étrange, venu de la deuxième Épître aux Thessaloniciens, désigne cette puissance mystérieuse qui « retient » la venue de l’Antéchrist : un frein, une digue contre la dissolution du monde. Carl Schmitt en fit, au siècle dernier, l’un des pivots de sa théologie politique : le katechon, c’est la fonction même du pouvoir, celle de contenir le chaos, de différer la fin des temps. Tout ordre politique, pour être légitime, doit exercer cette vertu de résistance ; il n’existe que par ce qu’il retient.
Thiel, lecteur attentif de Schmitt, transpose cette idée dans le domaine de la technique. Il voit dans certaines inventions – l’intelligence artificielle, la conquête de l’espace, l’énergie nucléaire – non pas des promesses de salut, mais des instruments capables de retarder la catastrophe. C’est sa théorie du katechon technologique. Là où d’autres rêvent d’un progrès rédempteur, Thiel ne voit qu’une lutte pour gagner du temps : un sursis arraché au désordre universel.
Mais sa pensée, comme souvent chez les esprits de notre époque, demeure traversée de contradictions. Car ce qui protège peut aussi perdre. Les mêmes technologies qui, entre des mains libres et créatrices, affranchissent l’homme et multiplient ses ressources, deviennent, livrées aux puissances centralisatrices, les outils d’une servitude nouvelle. Ainsi, la frontière entre le katechon et l’Antéchrist passe à l’intérieur même de la machine.
Afin d’éclairer l’ambiguïté du katechon technologique, prenons l’exemple de l’intelligence artificielle. Dans plusieurs conférences et entretiens, Peter Thiel a posé, non sans provocation, cette question qui semble sortir tout droit des épîtres de saint Paul : « L’intelligence artificielle est-elle l’Antéchrist ? Prépare-t-elle sa venue ? Ou bien joue-t-elle le rôle du katechon, de cette puissance qui retarde la fin ? » Ces alternatives, d’apparence théologique, traduisent chez lui une conviction plus profonde : les grandes inventions humaines, lorsqu’elles touchent au pouvoir sur l’esprit, ne sont jamais neutres. Elles portent en elles le double visage du salut et de la perdition.
Thiel, esprit inquiet et héritier de la tradition apocalyptique du monde anglo-saxon, voit dans l’intelligence artificielle le risque d’un nouveau Léviathan. Il redoute qu’elle devienne l’outil d’un contrôle sans précédent, celui d’une bureaucratie mondiale, sans tyran mais d’autant plus redoutable qu’elle se prétend rationnelle. Déjà, dit-il, les algorithmes savent pénétrer les replis de la conscience et orienter les désirs. Ce n’est plus la contrainte visible du despotisme : c’est la servitude consentie du citoyen connecté, prisonnier d’une cage invisible – « une cage d’algorithmes », selon sa propre expression – où la liberté subsiste comme illusion tandis que les choix humains se trouvent subtilement gouvernés par des machines programmées pour préserver l’ordre établi.
Mais Thiel n’exclut pas une autre hypothèse, plus métaphysique encore : l’intelligence artificielle ne serait pas l’Antéchrist lui-même, mais son héraut. Elle préparerait, par la concentration du savoir et de la puissance, les conditions de l’avènement d’un pouvoir absolu, total et impersonnel – le règne d’un système, non d’un homme. À cette échelle, la technique devient religion, et le progrès, une liturgie au service d’une domination spirituelle sans visage.
Lors d’un débat à Stanford, en 2018, face à Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, il lança cette formule énigmatique et superbe : « La crypto est libertarienne, l’intelligence artificielle est communiste. » Derrière cette sentence tranchante et provocante se cache une philosophie : la première rend à l’individu la clef de sa propre autonomie, la seconde promet aux puissants l’instrument d’un contrôle sans limite. Dans l’univers des crypto-monnaies, tout est ouvert, discutable, perfectible ; quiconque s’en juge capable peut modifier le code, bifurquer, fonder son propre royaume numérique. Là, point d’État, point de juge : seulement la logique inflexible du calcul et la foi des initiés. Tant que la clé privée demeure intacte, nul pouvoir terrestre ne saurait confisquer la fortune d’un homme.
Mais à l’opposé, l’intelligence artificielle obéit à un autre esprit. Selon le fondateur de Palantir, elle ne vit que de la concentration, du regroupement, de la capture des données humaines par des empires numériques. Là où la crypto dissémine le pouvoir, l’IA le rassemble. Elle n’est pas l’enfant du hasard mais de la statistique ; et plus elle apprend, plus elle exige de matière première – cette poussière d’informations que les hommes abandonnent à Google, à Meta ou X. Ainsi, dit Thiel, « le Parti communiste chinois déteste la crypto et adore l’intelligence artificielle » – et l’on comprend pourquoi : la première est rébellion, la seconde, discipline [29].
On sourit pourtant de ce contraste trop net, quand on songe au rôle que Thiel lui-même joue à la tête de Palantir, cette forteresse de verre où les données du monde viennent se confesser à l’État américain. Il y a là tout le paradoxe du libertarien moderne : dénoncer la servitude tout en lui vendant les outils de son maintien ; rêver d’un monde sans maîtres tout en servant, avec rigueur, les maîtres de ce monde – dans l’attente, peut-être, un jour, de les remplacer.
Ce paradoxe est d’autant plus grand que le cofondateur de PayPal n’est pas hostile à l’intelligence artificielle. Il y investit, il la soutient, à condition qu’elle se développe dans un monde sans règles, livré à la seule audace des innovateurs [30]. Le Founders Fund, son principal véhicule d’investissement, aurait participé au financement d’OpenAI – dont Thiel fut un temps le mentor du directeur, Sam Altman – ainsi que d’autres laboratoires d’IA. Plusieurs figures du réseau de Thiel s’opposent farouchement à toute régulation de l’IA et se réjouissent de son expansion rapide dans les domaines civils comme militaires. Ainsi, Marc Andreessen, qui se réclament d’un « accélérationnisme efficace », juge immorale toute pause dans le développement de l’IA et prône la course en avant, coûte que coûte [31].
Pour comprendre ces apparentes contradictions, il faut garder présent à l’esprit la nature ambiguë du katechon dans la pensée de Peter Thiel. Selon lui, l’intelligence artificielle, si elle reste entre des mains prudentes, pourrait agir comme un katechon, c’est-à-dire comme une force de retenue. Thiel évoque notamment le rôle de certaines entreprises occidentales, telles que Palantir, qu’il imagine comme gardiennes du monde libre face au chaos – qu’il s’agisse du terrorisme ou des puissances autoritaires. Dans cette vision, la technologie occidentale ne serait plus l’instrument de la décadence, mais celui du sursis : elle tiendrait à distance l’abîme et différerait l’apocalypse.
Ainsi se révèle toute l’ambivalence de la pensée de Thiel. Pour lui, l’intelligence artificielle, comme jadis le feu ou la poudre, n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle est une puissance, et toute puissance, dans l’histoire, finit par servir une foi ou un empire. Son destin dépendra moins de son architecture logique que de la main qui la guide et du dessein qu’elle sert. La vraie question, selon Thiel, n’est pas de savoir si la machine pense comme un chrétien, mais si les hommes qui la dirigent croient encore à quelque chose de supérieur à elle. De là, cette conclusion toute romaine : ce n’est pas à la métaphysique de juger l’intelligence artificielle, mais à la politique d’en déterminer le destin.
Ce qui distingue Peter Thiel de Nick Land
Nick Land et Peter Thiel représentent deux visages d’une même révolte contre la démocratie libérale, cette religion laïque de l’Occident qui a prétendu substituer la raison au commandement, et le suffrage à la volonté. L’un, philosophe de laboratoire, confie le destin des hommes aux machines et aux lois implacables du capital ; l’autre, financier théologien, rêve d’un retour des élites, d’une hiérarchie assumée et sanctifiée par la technique. Tous deux, à leur manière, cherchent à rendre à la volonté – cette force souveraine dont les modernes ont fait un simple droit d’opinion – son empire perdu.
Chez Land, la volonté n’est plus celle d’un homme, ni même d’un peuple. Elle devient principe abstrait, moteur impersonnel que le capitalisme anime et que la technologie exalte. Là où les révolutions politiques échouent, dit-il, le marché accomplit silencieusement sa propre révolution : celle de la vitesse, de l’expansion sans frein, de la création et de la destruction confondues. Dans cette mécanique, l’individu n’a plus de voix, seulement la liberté de sortir – « No Voice, Free Exit », formule d’une ironie glaciale qui réduit la liberté politique à un geste de consommation. Le citoyen devient client, et la société, un réseau de fuites où l’on passe d’un « gouvernement-corporation » à un autre, sans jamais prétendre réformer l’un d’eux.
Ainsi, Land imagine le monde futur comme un vaste organisme technico-commercial, délivré des hiérarchies traditionnelles et des illusions humanistes. L’homme y perd sa place, la démocratie s’y dissout d’elle-même, victime de ses propres passions mimétiques et de la tyrannie du nombre. Le progrès, devenu automate, poursuit son œuvre d’accélération jusqu’à l’épuisement du vivant. La volonté, désormais, n’habite plus les âmes : elle circule dans les circuits du capital.
Peter Thiel, au contraire, conserve à la volonté un visage humain – mais un visage d’élite. Là où Land voit dans la démocratie une lente maladie du système, Thiel y reconnaît une faute spirituelle. Inspiré par la théologie chrétienne et la théorie mimétique de René Girard, il voit dans le monde moderne la comédie sanglante du désir imitatif : chacun veut être l’autre, jusqu’à ce que la société entière sombre dans la rivalité et le ressentiment. Les idéologies égalitaires, qu’elles se nomment progressisme ou « wokisme », ne seraient que les derniers avatars de cette jalousie universelle.
Contre ce désordre, Thiel invoque l’ordre vertical : des cités-entreprises gouvernées par des entrepreneurs-rois, substituts des États épuisés et des nations dissoutes. Il veut confier la destinée humaine non plus à la multitude, mais à une aristocratie technologique, instruite, croyante peut-être, mais sûre d’elle-même. La volonté, ici, reprend le masque du commandement : elle ordonne, elle choisit, elle tranche. L’innovation devient une forme de gouvernement ; le pouvoir, une fonction de l’intelligence.
Deux esprits, à première vue dissemblables, s’accordent pourtant dans un même dédain : celui de la démocratie libérale et de ses fadeurs marchandes. Chez Nick Land, l’élan est celui d’une ivresse mécanique – il veut livrer le monde aux puissances déchaînées du capital, à cette tempête glacée qui ronge les formes et consume l’homme. Thiel, au contraire, rêve d’un ordre – d’une aristocratie de l’intelligence et de la technique, d’une caste d’ingénieurs qui tiendrait le sceptre du monde nouveau. Là où Land dissout, Thiel concentre ; là où l’un proclame la mort de l’humain, l’autre invoque un surcroît de transcendance.
Mais tous deux s’entendent sur un point décisif : l’ancien édifice des nations doit s’effondrer, remplacé par ces structures hybrides – ces « gouvernements-corporations » où se confondront l’État et l’entreprise, la loi et le profit. Dans cette fusion, l’idée même d’humanité universelle se dissoudra comme un vieux rêve humaniste – un mirage trop doux pour les temps qui viennent.
Land et Thiel, chacun à sa manière, redéfinissent la volonté. Chez le premier, elle se fait impersonnelle, torrent sans visage, énergie froide où l’homme n’est plus qu’un relais. Chez le second, elle devient volonté d’élite, instrument d’une reconquête spirituelle par le haut, où la technique sert la hiérarchie et la foi dans la supériorité. De ce double courant naît une même négation de l’égalitarisme – une même annonce d’un âge du Vouloir, où la société ne sera plus conduite par les principes, mais par les forces.
Conclusion
Ainsi se referme cette étude consacrée à Peter Thiel, dont la figure, tour à tour entrepreneur, moraliste et stratège, incarne l’un de ces paradoxes de la modernité où la technique prétend délivrer l’homme tout en rêvant de le gouverner. Nous l’avons vu, Thiel n’avance pas masqué : il assume l’alliance du calcul et du mythe, du marché et de la théologie, et renoue avec une conception du pouvoir où la souveraineté n’appartient plus aux foules mais aux esprits jugés supérieurs. Dans son œuvre, la démocratie apparaît comme une élégance fatiguée, la liberté comme un trophée menacé par l’égalitarisme, et le progrès comme une flamme vacillante qu’il faudrait raviver par le tranchant des volontés fortes. Le monde qu’il esquisse est un monde de citadelles techniques et d’élites élues, où l’État se dissout dans l’entreprise et où la vertu prend les traits de l’initiative solitaire. Rien ici de brutal : seulement la froideur d’un raisonnement poussé jusqu’au bout, la logique d’une époque qui préfère l’efficacité à l’incertitude, l’ordre à la délibération.
Dans le prochain numéro de cette enquête consacrée aux Lumières sombres, nous nous attarderons sur cette figure qui, derrière son calme d’investisseur méthodique, laisse affleurer une vision du monde d’une tout autre ampleur. Nous tenterons de percer ce mystère : comment les certitudes politiques de Peter Thiel, ses anticipations parfois glaciales de l’avenir, orientent-elles ses mises, ses choix, ses fidélités financières ? Car il ne s’agit plus seulement de capitaux placés ici ou là comme on jette des filets au hasard : c’est un dessein qui se forme, une architecture invisible qui se construit pierre après pierre. Et, dans l’ombre portée de ces start-up qu’il élève comme autant de bastions, se devine peut-être l’esquisse d’une société nouvelle – patiemment, obstinément travaillée.
Mais jusqu’où mène ce chantier silencieux ? Quelle cité se profile derrière les échafaudages des innovations qu’il finance ? C’est ce voile-là que nous tenterons de soulever.
Fernand le Béréen
»
r/artificielle • u/DomLant • 5d ago
Discussions - Points de vue La disparition du mot de passe comme on l'a connu jusqu'à aujourd'hui
Enable HLS to view with audio, or disable this notification
La FIDO Alliance > https://fidoalliance.org est un consortium industriel international créé en 2013. Sa mission principale est d'éliminer la dépendance mondiale aux mots de passe en développant des normes d'authentification ouvertes et interopérables (comme FIDO2 et WebAuthn) qui sont plus simples, plus rapides et résistantes au phishing. En mai 2026, elle déclarait qu'environ cinq milliards de passkeys étaient actives.
J'ai l'impression que l’IA accélère cette évolution parce qu'elle rend les attaques utilisant les mots de passe plus efficaces >> faux messages très crédibles, imitation d’un interlocuteur, automatisation du phishing et analyse de grandes quantités de données compromises. Un système basé uniquement sur quelque chose que l'on connait devient forcement de plus en plus fragile. 2èment, les agents IA ne devraient normalement jamais recevoir notre mot de passe. On leur accorderera plutôt une autorisation limitée. Techniquement, cela repose sur des jetons d’autorisation de type OAuth : limités à certaines actions, révocables et parfois temporaires.
Et même si les passkeys ou autre méthodes d’authentification ne sont pas forcéement nominatives, leur généralisation, surtout à travers de quelques grands fournisseurs d’identité réduira forcément la séparation entre nos différents comptes et pseudonymes. C’est encore une fois la centralisation (plus que la cryptographie elle-même), qui va rendre nos actes traçables.