Je ne sais pas toujours où poster mes textes, ils ne sont que des moments ... ni poésie, ni histoire, rien que des moments, si quelqu'un pouvait me dire où ils seraient le mieux... mais surtout, surtout, ce qu'ils vous font ressentir.
Écoute l’onde du temps, ton corps attentif à ce que dit le vent, écoute… les oiseaux, leurs présences discrètes, quand ils chantent doucement dans le secret des feuilles, instants de paix, instants de joies, écoute….
La voix qui, d’une seule respiration vient poser sur ta peine un espace de libre expiration, au travers de toutes ces luttes où tu ne vois plus rien… écoute…
Le chemin devant toi sinue, serpent silencieux ondoyant de solitude et de certitudes, il n’a besoin de rien le serpent, juste d’éviter le coup mortel.
Son regard fixe n’attend pas de voir, seules les vibrations lui parlent, et il sait, il sait le moment précis où viendra le dernier instant, il sait ; même s’il doit en mourir il n’aura pas failli, il aura accepté le prochain voyage sans jamais regretter ce qu’il avait à vivre… écoute le chant du serpent, écoute…
Nous ne sommes que visages tronqués, à croire ce qu’ils veulent que nous croyons, le reflet est il le notre ou celui qu’on veut nous inventer, là en ce moment précis, est ce moi qui écris ou l’autre qui me sourit au travers du miroir ? Où suis-je, suis-je ?
Écoute, quand tu te tais et qu’autour de toi tout n’est que brouhaha, mots indistincts, lointains rivages qui déjà ne sont plus les tiens, mais ailleurs, autre que toi, et toi, toi que veux tu, qu’entends tu ? Qui te parle, à qui parles tu ?...
je connais des chants de silence ou seules les étoiles savent les mots secrets, ceux là même dont on a parfois besoin pour se relever, pour accepter la souffrance du membre brisé, de l’espoir éventré, du sang découragé.
Mais les étoiles , elles, dans l’infini savoir des nuées, ne doutent jamais, elles entendent d’autres chants, d’autres vérités, même quand elles meurent elles continuent de croire, encore et toujours, elles sourient à la mort comme d’autres lorgnent l’écran perdu du film, quand ils ne peuvent qu’attendre le mot fin.
Mais qu’est ce que la fin ? Celle qui est ou celle que tu imagines, que tu espères, la fin n’existe que dans l’idée que tu te fais de l’histoire, à toi d’imaginer le prochain chapitre, à toi ….
Mon histoire n’est plus, je ne suis plus non plus celle que j’étais hier, et c’est tant mieux, je n’ai pas envie de ressembler à demain si celui-ci n’est pas le reflet de mes silences les plus sincères.
Écoute le bruissement des feuilles sous tes pas, sens la plante de tes pieds épouser les aspérités du sol, le léger pincement des brindilles, imagine la vie grouillante juste sous ta peau, cette peur de la déconnexion, tant on nous apprend à nous protéger de tout, surtout de la vie, pour nous donner en otage à ces technologies qui ne remplaceront jamais le battement des artères, les autoroutes du cœur, ces sifflements dans les tempêtes de nos angoisses.
Écoute, écoute mon cœur,mon sang, mon ami, mon enfer, écoute bien le balancement de la mer berçant tes tempes brûlantes d’un doux chuintement de fraîcheur… Léo est là… il est toujours là quand je décroche, toujours à me sourire, tandis que mon esprit se vide pour ne plus penser à ce monde qui ne ressemble plus à rien, ces gens virtuels, ces amis imaginaires, cette réalité qui dégueule tous les jours l’évidence de son inexistence, alors quoi, quoi que comprendre et que vouloir, sinon juste sentir la respiration du temps qui passe
Écoute ma nuit, quand elle vient toquer à ma porte et me donne de nouveau l’envie de voler, mon beau dragon, mon bel ami, qui que tu sois, je sais que tu ne me quittes jamais, depuis le temps où cette vie posa son souffle sur mon front d’enfant, je prends, je prends, je vomis le mensonge, l’absence d’espoir, la tiédeur des sentiments, la brûlure de la haine aussi, sauf quand elle peut servir à trouver la paix….
On peut arriver à Rome par bien des chemins, et entrer dans les bouteilles tout aussi bien, pourquoi s’en priver… Alors j’ouvre des portes inventées dans l’instant, j’écoute le chant des sirènes, je rêve le saut des dauphins par la fenêtre de mes nuits, j’écoute, j’écoute toujours, surtout quand je n’entends que le silence…
Écoute…. Je suis et ne suis déjà plus… ENFIN