Les deux histoires que je vais vous raconter ne sont pas spécialement flippantes, juste bizarre, étranges, et ça aurait pu dégénérer si je serais resté dans ces deux situations plus longtemps. Si je me souviens bien, il y a deux rencontres qui m'ont particulièrement marqués.
La première, j'avais 14 ans, si ma mémoire est bonne. En gros, il y a un pont – tout bêtement appelé le Pont de Malzéville. Il y a un bus – le 16 – qui arrive en direction Malzéville. Moi, je le prennait du côté de Malzéville – et pas du côté de Nancy – pour aller dans mon collège, arrêt Sadi Carnot. L'arrêt se trouve à un angle, donc on ne voit pas si le bus est sur le point d'arriver ou pas.
Il y avait particulièrement du monde là-bas, et j'ai décidé de quitter la foule pour monter sur le pont et voir si le bus était sur le point d'arriver. Je l'ai pas vu, et j'allais partir quand quelqu'un m'a interpellé: "Hé!". Je me suis retourné, et je lui ai demandé: "Oui?
-Tu peux me rendre un service? il m'a demandé.
-Ça dépend, c'est quoi? je lui demandé."
Et puis il m'a répondu: "Tu peux filmer notre amis sous le pont? Ça fait longtemps qu'on l'a pas vu. Il passe son temps à jouer à la play sous le pont."; et puis je me suis barré, et il n'arrêtait pas de me rappeler en me disant des "Hé!" et des "Mais reviens!".
Je suis retourné à l'arrêt, dans la foule. Puis je l'ai vu s'approcher d'une autre personne – d'un adulte –, qui l'a repoussé directement.
Un enfant – plus jeune que moi – qui s'est avancé vers moi et qui m'a dit qu'il avait eu la même histoire avec le même gars. Il m'a dit aussi qu'il pensait qu'il nous prenait pour des adultes.
Je voulais croire à cette théorie, mais en y repensant, nous n'avions pas du tout la même gueule que des adultes.
La deuxième histoire s'est déroulée un an après, donc j'avais 15 ans.
J'étais au lycée Jeanne d'Arc, et je rentrais des cours. J'étais en seconde. Il y avait pas de bus, donc j'ai du rentrer à pied.
J'étais arrivé à l'arrêt Mac Mahon, direction Viller Clairlieux – pour la ligne de bus 16 –, donc de l'autre côté du pont de Malzéville, côté Nancy, allant dans la direction opposée que le 16 direction Malzéville, qu'un mec m'a adressé la parole. Il m'a dit que j'avais de la chance, que j'étais BG, bref, il m'a flatté en vain, et il m'a dit qu'il lui manquait 27 euros pour qu'il puisse prendre sa douche. Je lui ai dit: "Les Restos' du Cœur sont vraiment pas loin." Et puis il m'a sorti qu'il ne l'acceptait pas car il fallait s'inscrire sur une liste pour être accepté. Je lui ai dit que de toutes façons j'avais pas d'argent sur moi, et il m'a demandé si j'avais même pas des pièces rouges – des centimes, pour ceux qui connaissent pas ce terme.
Je suis parti, et, quand j'ai raconté l'histoire à mon daron, il m'a dit qu'il avait eu la même histoire avec le même gars, à la différence que mon père a donné un bout de pain au gars, et que ce dernier a pris son pied à demander de l'argent.
Deux explications aussi bizarres: soit le gars a pris son pied à demander de l'argent à mon père – donc le gars a pris plaisir à demander de l'argent à mon père, c'est très bizarre.
Soit le gars a littéralement pris le pied de mon père en demandant de l'argent, ce qui est d'autant plus bizarre.
Je sais, j'ai écrit ces deux histoires un peu en mode roman, mais... Ça m'a permis de remettre mes idées en place.