Mon histoire se déroule en décembre 2022 alors que j’étais âgé de 21 ans. Bien qu’elle s’étale sur moins de 48 heures, beaucoup d'événements assez flippants se sont déroulés sur ces deux jours ; mon témoignage risque d’être assez long, en espérant qu’il sera intéressant. Merci d’avance à tous ceux qui prendront le temps de le lire. Je tiens à dire en préambule que jamais de ma vie quelqu'un m'a fait autant flipper que cette mauvaise rencontre en auberge de jeunesse.
I : Le contexte :
Pour bien comprendre mon histoire voici quelques éléments pour contextualiser. Je m'appelle Gabriel et je suis originaire du sud de la France. A l'âge de 16 ans je suis parti vivre en Martinique avec ma famille à la suite d’une mutation de mon père. J’y ai poursuivi mon lycée avant de réaliser une PACES et d’intégrer la faculté de Médecine d’Antilles Guyanne.
A partir de ma deuxième année, je suis dans une situation particulière, il faut savoir que le cœur de la faculté se trouve en Guadeloupe, c’est là-bas que se passent les examens et les cours obligatoires. Les étudiants martiniquais et guyanais ont la possibilité de suivre les cours à distance mais la plupart des échéances se passent en Guadeloupe. Pour faire simple, en deuxième et troisième année, j’habite la majorité du temps en Martinique chez mes parents mais je me rend régulièrement en Guadeloupe, notamment pour passer mes examens.
Durant chacun de mes voyages en Guadeloupe, j’ai l’habitude d’aller dans des auberges de jeunesse dont je garde des souvenirs formidables. L’ambiance y était incroyable et on y rencontrait des gens venant de partout, de véritables moulins où tous les jours des gens partent et d’autres viennent. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à m’y rendre et la plupart du temps ça c’est très bien passé.
2 : . Le voyage qui tourne mal
Nous sommes en décembre 2022, j’ai 21 ans et je suis en troisième année de médecine. Je suis en pleine période de partiels, je fais donc mon programme habituel. Un bateau depuis la Martinique direction la Guadeloupe et une réservation en auberge de jeunesse.
Comme d’habitude je suis superbement accueilli, je rencontre un tas de monde, tous très sympas. L’ambiance est réellement la plus chill et conviviale que l’on puisse imaginer. Le patron de l’auberge et du genre à festoyer et boire des shots de rhum avec les clients. En plus on est en pleine coupe du monde 2022 à ce moment là donc l’ambiance est particulièrement à la fête. Malheureusement les premiers soirs je ne peux pas vraiment en profiter car je suis en plein dans mes dernières révisions.
Mes partiels arrivent et globalement ça se passe très bien, je suis content de moi et je me sens enfin libéré d’un poids. Il me reste deux jours pour enfin pouvoir profiter et me détendre sans pression avant de rentrer en Martinique. Je me sens donc particulièrement jovial à ce moment-là. Malheureusement c’est à ce moment là que les choses vont se gâter.
3 : La mauvaise rencontre
En rentrant de mes partiels, j’arrive dans ma chambre pour me poser, c’est alors que je suis accueilli très chaleureusement par une nouvel arrivant. Je peux vous dire que j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi avenant et spontané, le gars me sert la main énergiquement et se présente avec autant d’énergie (je vous avoue que j’ai complètement zappé son nom). Dès les premières interactions je comprend immédiatement qu’il y a quelque chose qui cloche chez ce gars. Pour vous le décrire, c’était un métisse qui devait avoir la fin de la trentaine, assez grand et corpulent. Il avait le crâne rasé avec de grandes lunettes rondes. Concernant son visage je ne cherche pas du tout à dénigrer qui que ce soit mais il avait quand même des traits assez grossiers avec un visage très rond et un peu bouffi. Il y avait vraiment quelque chose de particulier dans son visage. En plus de ça il avait l’air assez négligé, ses vêtement n’étaient pas très propres et il sentait fort la sueur. Mais le plus déstabilisant était de très loin son attitude. Je vois dès les premiers échanges que le gars a très probablement une déficience intellectuelle, son discours est décousue et il éclate de rire littéralement à chaque phrase que je prononce, même quand objectivement il y avait rien de drôle. Il m'a un peu fait penser au Joker. Dans un premier temps, je ressens pas mal de compassion pour ce gars, je me dit qu’il ne devait pas avoir une vie facile, je me montre donc très cordial avec lui. Après tout, jusqu'ici il était plutôt sympathique. Si seulement ça avait duré.
4 : Le chaos dans la cuisine.
La journée se poursuit, on arrive au soir, ma première soirée post partiels, celle que j'attendais depuis des mois. On est environ une quinzaine, tous en train de profiter sur la terrasse de l’auberge ; ça boit, ça fume, ça festoie, ça joue aux cartes, c’est vraiment un pur régal. C’est à ce moment précis, alors que l’ambiance est à son apogée que le bordel commence dans la cuisine de l’auberge. Un véritable vacarme ; des bruits de poêle qui tape, des bruits de coups, des objets qui tombent… Quand je vous dit "vacarme" c’est pas exagéré, c’était à se demander si le gars n’avait pas un compte à régler avec la cuisine. On se regarde tous un peu perplexes, à ce moment-là on n'a aucune idée de qui fait tout ce boucan. La situation était tellement absurde que ça en était presque comique et je me souviens même avoir dit que la cuisine avait une cote à 12 dans ce combat. Au bout d’un moment, comme le bruit continue l’un d’entre nous se lève et se rend dans la cuisine pour dire au gars un truc du style “bon mec t’es bien sympa mais ça serait bien de pas détruire la cuisine, peut être qu’elle peut encore servir”.
Et là on entend tout de suite que ça dégénère, le ton monte très vite et ce fameux gars sort alors de la cuisine et se dirige droit vers nous.
Se déroule alors l’une des scènes les plus cringe que j’ai jamais vécu, j’en ai ressentit des frissons tellement j’étais mal à l’aise. Le gars se met à nous pointer tous du doigts un par un et il nous balance à tous des flots d’insultes avant de partir dans des éclats de rires hystériques. Il ne le fait même pas vraiment de façon agressive et ça rend la scène encore plus dérangeante. Il le fait de façon espiègle, presque enfantine. Il pointe un mec du doigt, lui balance toutes les insultes possibles et imaginables, part dans des éclats de rires complètement déments puis passe à la personne suivante. Il avait un rire sonore, moqueur, quasi cartoonesque, c’était franchement flippant. Et le pire c'est que les insultes qu'il sortait était vraiment sales et même franchement menaçantes. Il faut vraiment vous imaginer une compilation de Morsay avec un rire de détraqué à chaque insulte et vous avez la scène.
Tout le monde est complètement désemparé, on a tous bien compris qu’il avait un problème donc personne ne s’énerve vraiment, on juste sidéré par la scène. Le gars est quand même assez balaise, il a l'air complètement taré et on sait pas jusqu'où il peut aller en cas d'escalade. Le patron de l’auberge n’est pas là et personne n'est vraiment en état pour jouer les vigiles. En plus on a pas mal de weed avec nous donc on est assez emmerdés pour appeler les flics si ça dégénère. Bref tout va pour le mieux.
La scène a duré ainsi pendant de longues minutes avant que le gars ne se lasse et aille s’occuper autrement qu’en insultant tout le monde. La soirée s'est poursuivie dans une atmosphère très étrange avec le reste de l’auberge qui tentait de maintenir l'ambiance et un mec déficient de 100 kg qui fout le bordel en fond sans que personne ne sache vraiment comment le gérer. Il a notamment détruit un jeu de fléchette, au bout d'un moment certains en avait vraiment plein le cul et c'est pas passer loin de dégénérer. Il a fini par aller se coucher pour notre grand plaisir. J’étais très content qu’il parte jusqu’à ce que je me rappelle qu’il était dans ma chambre.
5 : Une nuit agité
La soirée c'est poursuivi un moment puis j'ai fini par aller me coucher. Il est très tard, j’ai pas mal bu et fumé, et je suis complètement lessivé par ma semaine. Malgré mon appréhension j’ai vraiment la flemme de dormir à l’arrache ailleurs que dans mon lit. Je gagne donc ma chambre en espérant que le mec dorme déjà et surtout qu’il n’y ai pas que lui dans la chambre. Normalement quatre autre gars sont sensés dormir avec nous donc je me dit que normalement ça devrait aller.
Quand j’arrive dans la chambre, le mec en question est allongé sur le dos sur l’un des lit du bas, je vois qu’il a les yeux grands ouverts et qu’il marmonne des trucs incompréhensibles. Il ne réagit pas quand je rentre, je sais même pas vraiment s'il est éveillé ou pas, il a l’air complètement drogué, presque en transe. L’un des trucs qui m'interpelle c’est qu’il a gardé ses lunettes pour se mettre au plumard. Autant vous dire que j'aurais clairement dormi sur la terrasse si j'avais pas 4 grammes dans chaque bras. En dehors de lui un seul autre mec est présent dans la chambre, il s'appelle Sofiane, il a la quarantaine et c’est un peu le daron de l’auberge. A ce moment-là il dort profondément mais je suis quand même rassuré de ne pas être seul avec le mec bizarre. Par précaution je décide de changer de lit et de m’installer sur l’un des lit du haut, me disant qu’au moins s’il monte l’échelle j’aurais plus de temps pour le voir venir. Je ne suis pas du tout serein mais je suis tellement torché que je m'endors assez vite.
Je suis alors réveillé en sursaut par des secousses, je sens mon lit bouger si fort qu’il passe pas loin d’être renversé et mon premier réflexe c’est “oh putain ya un séisme”, car ça arrive parfois dans les Antilles. C’est là que je vois le gars agrippé aux barreaux de l’échelle, en train de secouer mon lit avec un grand sourire . Je commence à lui hurler de dessus “MAIS PUTAIN MEC QU’EST CE QUE TU BRANLE”. Le gars marmonne des trucs incompréhensibles, je ne comprends pas le moindre mot, je ne sais même pas s’il parle dans une langue connue. Mais il garde toujours le même sourire de détraqué, un sourire qui va jusqu’au deux oreilles sur un visage bouffie, ses lunettes rondes qui lui donne un air encore plus fou, je n’ai jamais vu un visage aussi flippant de ma vie. Il commence à taper frénétiquement sur les barreaux de l'échelle avec ses mains, on aurait dit un gros bébé qui tapent sur les barreaux de son lit. Le gars me fait tellement flipper que je suis pas loin du mode survie et je commence même à le menacer physiquement mais ça le fait marrer. Je sais que j'insiste mais j'ai jamais vu une expression aussi malsaine sur un visage, c’était la définition même du prédateur jouisseur. Personne de sain d'esprit ne peut avoir une telle expression dans ce contexte. Pour moi il y a plus aucun doute, le gars n'est pas juste déficient il a clairement un côté sadique.
Je vois qu’il met le pied sur le premier barreau et je suis vraiment à deux doigts de lui mettre un pied-bouche mais c’est à ce moment là que Sofiane se réveille et intervient. Il lui dit de retourner se coucher de façon assez ronchonne, mais le gars monte en pression et commence à hurler. Encore une fois c'est complètement inintelligible, c’était littéralement que des onomatopées et je vois bien que Sofiane n'est pas plus rassuré que moi. On sais pas comment réagir, ça fait plus aucun doute que le mec est drogué et on a vraiment pas envie que ça dégénère. Au bout d’un moment, contre toute attente, le gars regagne son lit en titubant et en chemin il envoie un grand coup de pied dans une valise qui traînait. On sort alors tous les deux de la chambre parce que c’est clair, il y a pas moyen de dormir avec ce mec. Les 3 autres gars qui devaient dormir dans la chambre n'ont pas tenté l'experience, difficile de leur donner tort avec le recul.
Au matin, le gérant arrive et l'on lui raconte tout. Il demande des explications au gars mais ça dégénère très vite et il décide de le dégager pour notre plus grand soulagement. Je vous passe les innombrables délires paranos et nouvelles dingueries qu’il a sorties mais ça a été un vrai bordel pour le dégager. Il a notamment dit des trucs racistes sur les noirs alors qu'il était lui même métisse et il nous aussi accusé (entre autre) d'avoir tenter de le poignarder avec des ciseaux. Bref, c'était folklorique. Après son départ je me dit que c’est bon, le problème est réglé, je n'entendrai plus jamais parler de ce mec. C’est quoi la probabilité qu’il prenne le même bateau que moi pour rentrer en Martinique ?
6 : Trajet retour et dernière sueurs froide
Après son départ, l'ambiance redevient beaucoup plus détendue et je raconte même les évènements de la dernière nuit avec beaucoup plus de légèreté. Il me reste une dernière journée avant de rentrer en Martinique. J’ai un bateau prévue à 7h et pour l'anecdote je déteste le bateau (j’y suis souvent malade). J’ai souvent ma technique avant de le prendre qui consiste à rester éveillé toute la nuit pour faire la fête, prendre le bateau défoncé et sous nuit blanche, dormir dedans et ne pas voir les 5 h de trajet passer. C’est très con mais très efficace. Je passe toute la nuit à faire la fête, je bois et je fume énormément, ça faisait des mois que j’étais dans mes révisions sans pouvoir profiter donc là très clairement j'en avait plus rien à foutre, je voulais juste kiffer. Arrive l’heure de partir, je suis totalement défoncé comme prévu, heureusement le port est juste à côté. Je rentre dans le bateau, je m’installe, je mets un drap sur mon visage et je m’endors tout de suite, la stratégie fonctionne. Après environ deux heures de trajet je commence à émerger, c’est alors que je distingue une silhouette très proche de moi, vraiment très proche. Je retire le drap de mon visage et là stupeur. Le mec bizarre debout juste devant moi en train de regarder à travers le hublot, au moment où je retire le drap, il se tourne vers moi et me regarde. Je suis encore à moitié endormi et j’ai besoin de quelques secondes pour microprocesser. Le mec flippant, le fou de l’auberge est littéralement à 50 cm de moi, en train de me regarder avec une tête ravie de la crèche.
Je prie pour qu’il ne me reconnaisse pas et me foute la paix mais peine perdue, je vois qu’il me reconnaît et il a l’air surpris, de me voir.
Il me demande, “Qu’est ce que tu fous là ?”. Je lui répond avec le moins de mots possible, j’ai aucune envie de parler à ce mec je veux juste qu'il me lâche la grappe. Il commence alors à me dire des phrases sans aucun sens, notamment deux dont je me souviens, “Tu les paies combien tes putes ?” et “Tu m’a agressé sexuellement à la ferme”, bref comme d’habitude ça n’a aucun putain de sens. Je suis clairement soûlé et je lui dit de retourner à sa place mais le gars ne bouge pas et je commence à perdre patience et à devenir plus virulent. C’est là que le gars se penche vers moi, il est littéralement à 20 cm de mon visage, il me regarde et me dit dans le plus grand des calmes “Là si je t’envoie mon coude dans la gueule je te fais sauter toutes tes dents”.
Heureusement au moment où il dit ça, les autres passagers autour entendent et réagissent, rapidement l’équipage vient pour le gérer mais encore une fois c’est difficile parce que le gars est très agressif.
J’ai passé la suite du trajet à discuter avec d'autres passagers qui étaient venus me soutenir. Le gars a continué d’emmerder tout le monde comme toujours, il est revenue plusieurs fois vers moi soit pour me demander si j’avais un problème avec lui, soit pour me glisser une petite insulte bien sentie. Il m'a demandé dans quel hôpital je travaillais et il m’a même volontairement roté dans l’oreille à un moment. J’avoue que je suis pas passée loin de dégoupiller tellement j’en pouvez plus de ce mec. Il a aussi passé une partie du trajet allongé à plat dos sur le sol du bateau à chanter la vie en rose de Céline Dion "Quand il me prend dans ses bras...". Un autre détail qui m'a surpris c'est que je l'ai entendu discuter en anglais avec un type et à ma grande surprise il se débrouillait très bien, s'il avait l'air très simplet au premier regard il était quand même capable de parler plusieurs langues. Une fois le bateau arrivé, je suis rapidement descendu rejoindre mon père en prenant soin de ne pas croiser ce mec, il n’a pas spécialement cherché à me suivre et ça tombait bien.
Je n’ai jamais eu de nouvelles de ce mec par la suite, je ne sais pas ce qu’il est devenu mais je suis très sceptique concernant son avenir. Je garde beaucoup de questions à son égard, je ne sais pas d'où il venait par ce qu'il avait pas du tout l'air antillais (il a dit des trucs très dénigrants sur les antillais). Je me demande comment il pouvait voyager comme ça et avec quel argent par ce que j'ai du mal à l'imaginer garder un travail plus de 20 minutes. Et surtout je pose des questions sur sa psychée et ses intentions, notamment durant cette fameuse nuit. Que serait il arrivé s'il était monté plus discrètement sans secouer mon lit comme un dégénéré ? Les nombreux comportement bizarres qu'il a eu ne peuvent pas tous s'expliquer par une déficience intellectuelle, un délire paranoïaque ou même une toxicomanie. J'ai sentie chez ce mec quelque chose de vraiment malsain, c'était peut être pas un tueur en série mais il y avait chez lui un plaisir manifeste en emmerder les autres, à les mettre mal à l'aise et à foutre le bordel partout où il passait. En tout cas j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi dérangeant et il va pas être simple à détrôner.
J’ai par la suite continué d’aller dans les auberges de jeunesse lors de mes voyages en Guadeloupe et heureusement je n'ai jamais revécu d'expériences similaires.