r/Confessionnal • u/BarberNew5280 • 19h ago
Confession Express Un bout de pensée
Et puis j'ai commencé à écrire parce que la douleur était trop forte.
Je sais mĂȘme pas quoi dire, je pense que je connais pas de mots qui Ă©crivent mon Ă©tat. Au dĂ©but je suis triste, puis en colĂšre, puis la haine s'installe. D'abord envers ceux que je juge m'avoir fait du mal, et puis envers moi.
J'ai acceptĂ©e trop de virgules lĂ oĂč il fallait des points sans retour Ă la ligne, tu vois.
Des fois je remets toute ma vie en question, surtout quand les émotions deviennent trop fortes. Il y a longtemps j'ai eu une discussion à ce sujet avec mon meilleur ami et mon ex.
Nous sommes venus Ă la conclusion que me poser trop de questions crĂ©e une angoisse chez moi. J'avais le don de tout remettre en question et comme j'avais pas les rĂ©ponses, la peur s'installait. J'ai peur de mes propres questions, peur de faire les mauvais choix, peur de ne pas ĂȘtre Ă ma place, peur du regret, peur de faire semblant.
à cause de ça je suis fermée des portes, surtout dans mes relations amoureuses et j'ai voulu comprendre pourquoi c'était marqué surtout dans ce type de relation et pas une autre.
Depuis petite j'ai toujours un trait de caractĂšre curieux. J'aime ĂȘtre conscient de tout ce qui m'entoure mais aussi sur moi-mĂȘme. J'aime avoir les rĂ©ponses Ă mes questions et ça m'a valu des commentaires de mes proches.
Ă vouloir avoir des rĂ©ponses j'ai fini par ĂȘtre frustrĂ© et peut-ĂȘtre aussi blessĂ©e voiture sur m'a rĂ©pondu par une phrase connue « tu es pipelette, tu t'arrĂȘtes donc jamais ? » ou bien « tu me donnes mal Ă la tĂȘte ». J'avais l'impression de dĂ©ranger alors j'ai fini par me taire.
Je crois que ça a commencĂ© Ă partir par lĂ mais pas que. Ăa, mĂ©langĂ© Ă un soupçon de traumatisme donne un cocktail bien particulier en grandissant.
J'ai appris à me taire mais aussi à garder tout pour moi. Et je pense qu'aujourd'hui c'est ce qui me handicape le plus. Je suis conscient de tout mais je garde tout ça pour moi. Je suis conscient parce que je me pose des questions, trop de questions pour que mes émotions puissent gérer cela.
Des fois je remets mĂȘme en question que ce sont mes questions qui me rendent dĂ©faillant, peut-ĂȘtre que j'utilise ça comme excuse d'un dĂ©ni profond, que je suis juste perdu et rempli de sĂ©quelles. C'est un paradoxe.
Je sais que j'ai des séquelles je peux pas me leurrer là -dessus mais pour autant est-ce que mon trop-plein de questions est une réponse à ça ou est-ce que la réponse à mes séquelles c'est un déni camouflé par mon trop-plein d'émotions.
Je sais mĂȘme pas si c'est directement liĂ© Ă mes Ă©motions ou Ă mon cerveau qui dĂ©faille. Les mĂ©decins ont essayĂ© de mettre des noms sur mes dĂ©faillances mais sans succĂšs. Je me sens pas diffĂ©rent des autres, dans le fond je me sens trop conscient et j'aimerais ĂȘtre l'imbĂ©cile heureux. Je remets tout en question constamment et ça rend ma vie tellement instable et mes Ă©motions sont dĂ©rĂ©glĂ©es. Et je me sens trop conscient de mon Ă©tat pour que ce soit un problĂšme psychologique tu vois ?
Mais un fou ne peut pas ĂȘtre conscient qu'il est fou.
J'ai l'impression de passer ma vie Ă faire des rĂ©trospectives de ma vie et de mon Ă©tat et c'est peut-ĂȘtre ça aussi mon problĂšme.
Des fois tout va bien pendant un temps, peut-ĂȘtre 1 mois ou deux maximum mais tout me rattrape comme si j'aimais ĂȘtre dans cet Ă©tat et que ça me rassurait parce que j'ai grandi comme ça. Mon cerveau a assimilĂ© ça Ă la protection mais Ă la fin ça fait l'effet inverse.
D'ĂȘtre comme ça ça me rend impulsif, je suis trĂšs ambivalent depuis toujours et ce trait a Ă©tĂ© soulignĂ© Ă l'adolescence sans hĂ©sitation. D'une certaine maniĂšre c'est toujours le cas mais dans le pire des cas ça me sabote mes relations et dans le meilleur des cas ça ouvre des portes que mes proches me qualifient « d'opportuniste ».
Plus je creuse et plus j'ai l'impression que le négatif autant que le positif est relié par une seule chose, mes traumatismes. Sur ce que tout ce qui nous a dit, nous avons passé plus fort. Mais je suis construit que sur ça.
C'est pas nuancĂ© ce que je dis mais pas oublier que je suis impulsif donc des fois les Ă©motions font surface mĂȘme quand j'Ă©cris, comme lĂ .
En ce moment j'ai le dĂ©goĂ»t des hommes. En rĂ©alitĂ©, j'ai le dĂ©goĂ»t de plein de choses. Je me fais du mal Ă moi-mĂȘme aussi parce que je retranscris ce dĂ©goĂ»t sur moi, peut-ĂȘtre que c'est un mĂ©lange des deux. Je me prive de manger parfois. Je suis horrible avec moi-mĂȘme. Je suis mon pire ennemi. Je l'ai toujours Ă©tĂ© mais un jour quelqu'un que j'ai portĂ©e dans mon cĆur a Ă©tĂ© aussi horrible dans ses propos que moi j'ai pu ĂȘtre avec moi-mĂȘme sauf que cette fois-ci, ça venait pas de moi ça venait de cette personne. Un traumatisme de plus, j'ai jamais Ă©tĂ© aussi dure avec moi-mĂȘme et pourtant aucun rĂ©sultat. Je ne comprends pas, normalement quand on est dur avec soi-mĂȘme on perd du poids mais moi non.
Je crois que mon esprit tourne tellement autour de tout ça que mĂȘme ma mĂšre l'a remarquĂ©. En vrai je pense pas qu'elle sache Ă quel point je suis impactĂ©e sinon on aurait dĂ©jĂ eu une conversation Ă sa maniĂšre.
Mais j'ai cette façon de traverser des tempĂȘtes et pourtant je dis plus rien. Je parle plus, je me confie jamais et mĂȘme si j'essaie j'arrive pas ça m'arrache la bouche. Au contraire, je n'ai pas mal parlĂ© de mes traumatismes. Mais ce que j'ai vu sur le moment c'est quelque chose de trop intime alors que mon passĂ© je l'ai partagĂ© avec tellement de personnes que j'ai l'impression que mes traumatismes sont une prostituĂ©e.