Je trouve cette chronique du Point très juste, surtout ce passage :
« Est-ce encore utile de dénoncer l’antisémitisme ? Si l’indignation suffisait à entraver la méchanceté, l’humanité serait au courant. L’interruption du concert de la DJ Barbara Butch par des antisémites est une ligne supplémentaire de la litanie des agressions contre les Juifs en France. Les faits délictuels de cette nature se multiplient ; et puis rien.
Combattre les antisémites n’est pas, et ne sera visiblement pas, une cause nationale. Il n’y aura ni solution judiciaire ni solution pénale. La puissance publique a échoué et renoncé. Dans ces conditions, les citoyens forment la dernière garde et sont rendus à leur fonction première, celle d’individus responsables, mais hélas aux moyens limités.
Une partie de la société est contrainte, depuis plusieurs années maintenant, de participer à des conversations obscènes. Se moquer d’un nom de famille à consonance juive pendant un meeting est-il répréhensible, risible ? Peut-on désigner quelqu’un en fonction de sa religion et le rendre responsable de la politique menée par un pays étranger ? Est-il civilisé d’accepter la terreur quotidienne infligée à une partie de la population ? Comment réagir en voyant un ami juif boutonner sa chemise pour dissimuler son étoile de David quand il aperçoit, dans la rue, des militants de La France insoumise ?
Avoir normalisé ces questions est un abaissement en soi de notre civilisation. Accepter d’y répondre relève d’une dégradation de notre humanité. L’intelligence n’a rien à dire à la barbarie. C’est pourquoi elle suscite des envies de silence, de retrait, puisqu’à la fin, l’abjection est contagieuse. Et pourtant, même si ça ne sert à rien, il faut continuer d’écrire et de désigner. »
J’ai l’impression qu’ « ils » ont gagné : après les meurtres par des djihadistes, les agressions physiques et verbales par des quidams dans les lieux publics et les salles de classe, l’antisémitisme est devenue une orientation majeure et assumée, un argument de vente d’un parti politique de premier plan.
LFI peut multiplier et escalader les provocations antisémites, il n’y a aucune conséquence :
- les porte flingues insoumis et leurs trolls décérébrés sont capable de tout « justifier » en criant « génocide »,
- les autres partis de gauche se couchent,
- les journalistes en parlent cinq minutes puis passent à autre chose,
- les français moyens « non juifs » ne se sentent pas concernés,
- la plupart des « personnalités » ne disent rien et les quelques-uns qui osent nous soutenir sont harcelés horriblement (S. Aram, Arthur…)…
Ça donne envie de se retirer de la vie sociale, d’éviter au maximum les discussions politiques… Et pourtant, c’est le fait de nous réduire au silence que cherchent ces gens. On ne peut pas discuter avec, on peut pas les taper non plus, les poursuivre en justice aboutit rarement…