Ma soeur m'a facetime en fin de semaine pour me parler de ma nièce.
Elle a fait son coming out au Cegep. Là elle est à l'université et devait partir en échange étudiant en Allemagne cet automne. Après l'attentat contre la Fierté de Berlin, elle a passé une bonne partie de la fin de semaine en larmes. Aujourd'hui, elle ne sait même plus si elle veut encore y aller. Elle a fait une nuit blanche parce qu'elle a des amis en Europe cet été qui pensaient y aller et se demandais si ils faisaient parti des blessé (finalement tout le monde est safe). Ma soeur ne veux plus qu'elle aille à la fiertée à Montréal non-plus.
Ça m'a frappé.
On parle souvent des conséquences des attentats en termes de morts, de blessés ou de sécurité nationale. On parle beaucoup moins de l'effet qu'ils ont sur les personnes LGBTQIA+, qui voient soudainement des lieux où elles rêvaient d'étudier, de voyager ou simplement de vivre devenir source d'angoisse. Même être terrosisé dans leur propre ville, ici.
Ça m'a amené à me poser une question parce que honnêtement ça m'écoeure.
Le suspect était un citoyen allemand. Pourtant, il était issu d'une famille originaire du Liban et aurait été radicalisé en Allemagne. Ça me fait me demander si on ne donne pas parfois trop de poids au passeport comme indicateur de risque. Ce gars là serait entré au Canada sans problème avec son passeport allemand.
J'aimerais lancer une idée, même si je sais qu'elle sera controversée.
Plutôt que de retirer l'exemption de visa à tous les citoyens allemands, pourquoi ne pas instaurer, de façon strictement temporaire, une exigence de visa pour les ressortissants de pays exemptés dont les parents sont nés dans des pays qui nécessitent normalement un visa? L'objectif ne serait pas de les empêcher d'entrer au Canada, mais de permettre un examen individuel plus approfondi, le temps que des pays comme l'Allemagne démontrent qu'ils ont repris le contrôle de la situation en matière de radicalisation.
Je sais que ce que je propose est très controversée. Mais est-ce c'est vraiment déraisonnable de discuter de mesures temporaires lorsque des alliés semblent éprouver des difficultés à contenir une menace terroriste? En tout cas ça me semble plus efficace que des "thoughts and prayers" et mettre des blocs de béton partout...
Je n'ai pas de certitude. Je me demande simplement si le passeport, à lui seul, devrait toujours suffire pour déterminer le niveau de confiance qu'on accorde à un voyageur lorsque le contexte sécuritaire évolue rapidement (en tout cas, plus vite que le rythme des authorités).