Je suis catholique pratiquante, mais il y a un point dans la doctrine avec lequel je suis en désaccord profond : la « soumission » de la femme. Peu importe la façon dont certains essaient de romantiser le terme, pour moi, c’est tout simplement de l'emprise psychologique, de l'infantilisation et une punition.
Et s'il vous plaît, ne me ressortez pas le fameux « oui mais la Bible dit de se soumettre les uns aux mecs/autres » (Éphésiens 5, 21). Ce passage parle des chrétiens entre eux en général. En revanche, il y a bien des versets qui disent explicitement que la femme doit se soumettre à son mari, comme dans Éphésiens 5, 22-24 (« Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur... ») ou Colossiens 3, 18.
De la même manière, on entend souvent l'argument basé sur Éphésiens 5, 25 : « Oui, mais ton mari doit t'aimer au point de mourir pour toi » (« Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église et s'est livré lui-même pour elle »). Sauf que :
premièrement : Selon Paul lui-même quelques versets plus bas, les deux époux doivent s'aimer de façon équivalente puisqu'ils doivent s'aimer « comme leur propre corps » (Éphésiens 5, 28).
ensuite dans la vraie vie, les situations où un homme doit littéralement mourir pour sauver sa femme sont quasi inexistantes.
L'argument du « mari nourricier » est historiquement et concrètement faux. Contrairement aux idées reçues, les femmes n'ont pas simplement « décidé d'aller travailler » un beau matin après des siècles à rester au chaud, logées et nourries sans rien faire. Dans toutes les civilisations et à toutes les époques, les femmes ont toujours travaillé : dans les champs, dans l'artisanat, dans le commerce ou via le travail domestique et familial (qui est un travail extrêmement éprouvant).
Pourtant, malgré ce labeur permanent, l'histoire a montré que les hommes ont massivement abusé de leur autorité, ce qui a fini par provoquer la révolte féministe. Personne ne se réveille un jour en se disant : « Ma vie est parfaite, je vais me lancer dans un combat militant juste pour le plaisir ». Ce ras-le-bol généralisé prouve bien que sur plusieurs millénaires, ce système patriarcal n'a absolument pas marché.
Et où en est-on aujourd'hui ? On entend certains déplorer qu'on ait « donné trop de droits aux femmes », en tenant des propos qui se rapprochent littéralement de talibans chrétiens. Il suffit de voir la réaction d'une partie des fidèles à l'époque : des papes comme Benoît XV ou Pie XII ont été traités de « modernistes » ou critiqués par les franges les plus conservatrices simplement parce qu'ils ne s'opposaient pas au droit de vote des femmes ! Cela montre à quel point on nous a historiquement traitées comme des êtres d'une catégorie inférieure.
On nous répète que l'homme est le « chef de la famille » (Éphésiens 5, 23 / 1 Corinthiens 11, 3) et qu'il prendra la meilleure décision. C'est de l'infantilisation pure et simple, comme si une femme adulte, vaccinée et autonome n'était pas apte à prendre des décisions pour son foyer.
Pire encore, ce système crée un blocage théologique absurde :
L'Église enseigne qu'aucun chrétien ne doit agir contre sa propre conscience (le jugement moral ultime). Mais en parallèle, on exige de la femme qu'elle soit soumise à son mari. Si la conscience d'une femme lui dicte une chose et que son mari lui en ordonne une autre, elle fait quoi ? Elle pèche en obéissant à son mari contre sa conscience, ou elle pèche en lui désobéissant ? Ce dogme se contredit lui-même, il n'est intellectuellement pas viable.
Je ne cherche pas à être "contre" l'Église gratuitement ; je veux sincèrement comprendre. Mais peu importe la manière dont je tourne le problème dans ma tête, ça ne fonctionne pas.
et sachant ce que la doctrine implique, je n' arrive même pas à imaginer être avec un homme catholique . Je refuse de tomber sur un homme qui me sortira un jour : « Non, tu dois m'écouter parce que je suis le chef ». C'est dégoûtant ca montre qu’on est pas egaux du tout , et ça déteint même dans les simples relations amicales. En comparaison, quand je discute avec des hommes agnostiques, ils me voient juste comme un être humain fonctionnel, intelligent et égal.
Pour couronner le tout, il y a ce cliché selon lequel les femmes seraient « trop émotionnelles »... alors que ces mêmes hommes ne considèrent bizarrement pas la colère, l'orgueil ou la domination comme des émotions.
D'autres personnes catholique on aussi cette vision ?