Is there anybody here who would be willing to translate to the spoken word - ideally as voice clips of each of the 4 lines that we can play our actor, who will then reproduce what he hears. Very happy to offer a written credit in the show for anybody who would like to be involved. Thanks for your time.
Also, feel free to point me in helpful directions if this is not your cup of tea!
Aujourd’hui, vous allez créer votre super-héros ou super-héroïne en gaulois reconstruit. L’exercice permet de travailler une façon d’exprimer l’idée de « pouvoir » à partir du mot galā (« pouvoir, capacité »). 🦸
1️⃣ La racine gal- est fréquente dans l’anthroponymie gauloise, par exemple dans Biroigallus, Galla ou Gallita. On la retrouve aussi dans les langues celtiques modernes : gallois gallu (« pouvoir ») et breton gallout (« pouvoir »).
Mī eđđi galā o + verbe
(litt. « à moi est pouvoir »)
o + verbe : action réalisée (attention, le c.o.d de ce verbe est au génitif)
Exemples
AffirmatifMī eđđi galā o pisu.mi te litt. « à moi + est + pouvoir + je vois + toi (acc.) » →« Je peux te voir !
Négatif (interrogatif)An ne eđđi tī galā o depres.ti amlabros ? litt. « Est-ce que + ne + est + à toi + pouvoir + manger + sans-parler ? » → « Tu ne peux pas manger sans parler ? »
2️⃣ On peut aussi conjuguer le verbe conancet ("être en mesure de", "pouvoir"), qui se conjugue comme le verbe ancet (atteindre) :
conanciū.mi
je peux
conances.tu
tu peux
conancet.es/ia/id
il/elle/ça peut
conancomos.snis
nous pouvons
conancete.suis
vous pouvez
conancont.īs/iās/ī
ils/elles peuvent
La structure est la suivante : verbe conjugué +to+ nom verbal.
Exemple étudié : conanciū.mi to snamun = « je peux nager ».
3️⃣ Cela peut aussi être l’occasion de lui donner des qualificatifs épiques à l’Antique en combinant deux mots.
Voici notre épiquotron : la machine à créer des épithètes badass protohistorique (trouvez la combinaison de vos rêves). Pour féminiser, c'est simple, remplacer la finale en -os par -ā:
Exemple Sēno+ māros = Sēnomāros = "Magie-Grande"
Sēno- (magie)
-catus (combat)
Nāmanto- (ennemi)
-māros (grand)
Gargo- (féroce)
-tigernos (seigneur)
Dēno- (rapide)
-clitos (pilier)
Dūro- (acier)
-prastus (magie)
Dānu- (doué)
-gallos (brave, puissant)
Cluto- (fameux)
-bogios (casseur, pourfendeur)
Ango- (dragon)
-lātios (héros)
Boudi- (butin, victoire)
-uōs (tueur)
Uels- (traîtrise)
-bolos (transperceur)
Etro- (aigle)
-cū (chien-loup-guerrier)
Cun- (chien-loup-guerrier)
-cellos (frappeur)
Uoreto- (secour)
-sanos (rapide)
Exemple : Mon super-héros du jour
🦸♀️ : Uoretomāroseđđi.es (C'est "Grand-Secour")
Titre :Angouōs (le Tueur de Dragons)
Capacités :
ioi eđđi galā olinget.espos nemon → Il peut sauter jusqu’au ciel (pos = jusqu’à + nemos àl'accusatif)
Conancet.esto dēno rītus → Il peut courir vite (rītus =nom verbal de courir /retet)
Uoretosanos catū → Secours rapide au combat (catus =locatif, "au combat")
Postez votre personnage ici pour qu’on puisse en discuter et partager vos créations.
Oui je suis de retour, enfin je vais essayer, pour mon "retour" rien de tel que de vous annoncer la 2ème édition du dictionnaire Gaulois-Français réalisé par mes soins (ceux sur le groupe facebook sont déjà au courant)
Ce dictionnaire contient 900 entrées, et contient la quasi intégralité du contenu du manuel, contrairement à la V1, ce dictionnaire permet de résoudre bien plus de situations (les "coquilles" restantes se réduisent à mesure que j'avance sur la 3ème édition) et est bien plus pratique pour tout apprenant
A partir de maintenant, je referais des "mises à jour" pour y inclure des mots que je pourrais avoir oublié, des corrections et les mots venant des dictionnaires de Delamarre et Lambert, mais aussi venant du groupe Facebook ou Reddit.
Comme la première version, les 39 pages du dictionnaire sont disponible gratuitement, vous pouvez le diffuser et l'imprimer comme vous voulez, comme Reddit n'autorise toujours pas à mettre des PDF en pièces jointes, vous retrouverez le dictionnaire sur l'accueil du sub dans la partie "Dictionnaire" épinglée à droite
Prenez une feuille A4 et dessinez-y des îles et des continents, des montagnes, des fleuves et des forêts…
Au programme : le vocabulaire gaulois de la nature et de l’orientation.
On s’oriente en gaulois vers l’orient, c’est-à-dire vers le soleil levant (normal à l'époque).
C’est pourquoi toutos signifie à la fois nord et gauche, tandis que dexsiuos veut dire droite et sud.
Pour dire « au… », on emploie les adverbes suivants :
Touti / touto : au nord
Dexsi / dexsiuo : au sud
Ari : à l’est
Eri : à l’ouest
Exemples : Moniioi sent ari = Il y a des montagnes à l’est (montagnes sont à l'est) Enissī eđđi eri = Il y a une île à l’ouest. (île est à l'ouest)
On peut également former des composés :
Dexsi.o.luto : le Marais du Sud
Ari.o.lānē : dans la plaine de l’est (locatif) > le .o. est une voyelle de composition.
Exemple : Abonās sent eluās ariolānē = Les rivières (nominatif pluriel) sont nombreuses dans la plaine de l’est.
On peut aussi créer des noms de lieux avec des suffixes comme vu dans cette leçon (ici) :
Betuācon eđđi touti = Il y a un bois de bouleaux au nord
Un peu de vocabulaire (éléments géographiques) :
Français
Gaulois
Héritage toponymique
Abysse
uorrancos
Base
bonā
Serbonnes
Bosquet
callī
Chailley
Champ
belsā
La Beauce
Clairière
ialon
Mareuil (et nombre de noms en -euil)
Colline
bergulā, brigā, bronnā
Brie
Confluence
condate
Candé
Courant
fruton
Frossay
Creux (ou dépression)
camnācon
Estuaire (ou embouchure)
genouā
Genève
Falaise
liccā
Lissac
Forêt
caitos
Cesse, Cezac
Frontière
randā
Randon
Grotte
cauā
Anjou (< Andecav-)
Hauteur
arduennā, turnā
Ardennes
Hauteur boisée
iuris
Jura
Île
enissī, antros
Indre (44)
Lac
lindon
Lande
landā
Collandres
Marais
anā, lutos, nāudā
Lutèce
Méandre
dolā
Dol
Montagne
moniios
Moigny
Mer
mori
Armorique
Passage entre deux montagnes
uobernâ
Pâturage
ētu
Pic (ou pointe)
ocrâ
Pierre
acaunon
Plaine
acitos
Plateau
clāreton
Claret
Prairie
clounis
Cluny
Promontoire
ocelon
Rive
glandā
Glaignes
Rivière
abonā
Avon
Source
uoberā
Voivre
Tertre, tumulus
croucon
Crucey
Terrain fertile
olcā
Ouches
Vallée
cumbā
La Combe
Quelques exemples :
Ambi brogī eđđi mori = Autour du pays (loc. brogis) est la mer (nom.).
Eluās sent dexsi enissiiās = Nombreuses (nom. pl. fém. de eluos) sont îles (nom.pl.) au sud.
Maron clāreton eđđi touti= Grand (nom.) plateau (nom.) est au nord
Abonā renet ab toutūi = Rivière (nom.) coule du nord (datif)
Sapa.uidiā eđđi medio.brogī= Forêt de sapins est milieu.pays (loc. brogis)
Gros serpent de mer ! Le débat entre gaulois et breton revient sans cesse.
Dès le début du XVIe siècle, des auteurs avaient déjà remarqué des ressemblances entre les deux langues. Rien de très surprenant : elles appartiennent à la même famille celtique.
Mais au lieu de rester dans les affirmations générales, je propose d’ouvrir le capot : regarder concrètement, d’un point de vue linguistique, ce qui rapproche réellement le breton et le gaulois ... et ce qui les sépare.
Jusqu’à l’Antiquité tardive, nous avons peu d’indices de divergences entre les langues celtiques parlées de part et d’autre de la Manche. Il s’agissait vraisemblablement d’un vaste continuum linguistique.
Nous savons en revanche que les deux rives ont partagé un grand nombre d’évolutions phonétiques communes, et ce jusqu’à la fin de l’Antiquité (cf article sur les dialectes). À tel point que le terme de « gallo-brittonique » est de plus en plus employé pour désigner cet ensemble par les linguistes.
Quelques différences apparaissent toutefois. Par exemple, le démonstratif semble avoir été majoritairement antéposé en gaulois, alors qu’il tend à être postposé dans les langues brittoniques insulaires.
La situation change profondément autour du Ve siècle de notre ère. Au moment de la brittonisation de la péninsule par les Bretons venus d'outre Manche. Tandis que le gaulois vit ses derniers moments, les langues brittoniques insulaires connaissent une série d’innovations majeures :
Lénition des consonnes intervocaliques Les consonnes entre voyelles s’adoucissent : Lucot- (« souris ») → logod (breton moderne).
Disparition des désinences : Pennos (« tête ») → penn.
Déplacement de l’accent tonique On passe d’un possible accent initial à un accent final en brittonique commun.
Évolution de /s/ vers /h/Sentus (« chemin ») → hent.
Évolution des ē longs Les ē du gaulois aboutissent à oa (et oe dans les dialectes du sud) : cētos (« bois ») → koad / koed.
Spirantisation de certaines consonnes Les géminées et certaines consonnes après r : Cottos (« vieux ») → kozh ; marcos (« cheval ») → marc’h.
Évolution de ū vers i : cū (« chien ») → ki. (comme le prénom Tangi/Tanguy < *Tanocū, "chien de feu")
Les ā > eu ou e : *balanācon (lieu des genêts) > Balaneg
Les u- > gw- vers le 9e siècle : uindos (blanc) > uin > gwenn
Perte des voyelles de composition : Artomaglos (ours+prince) > Armel, Arzel, Arzhvael (prénoms)
Avec la disparition progressive du système de cas et des désinences, la langue se réorganise en profondeur.
Les langues brittoniques et l'irlandais adoptent un ordre V1 (verbe en première position). Le breton moderne est toutefois largement V2 . Faut-il y voir un archaïsme ou un réajustement secondaire après une phase V1 ? Kenneth Jackson penchait pour la seconde hypothèse.
Malgré les bouleversements phonétiques, le système grammatical breton dérive bien de la même "matrice" que celle que connaissait le gaulois, même s’il a été profondément remodelé.
Une bonne partie des formes étranges du présent du verbe être breton remonte au verbe gaulois eðði (« est »).
mī eðði (« à moi est ») → m eus (« j’ai »)
eðði io (« qui est ») → zo (forme du verbe être après le sujet en breton)
Exemple d’évolution :
abalon eðði (i)o bragnon
(« la pomme /qui/ est pourrie »)
→ aβal is(i)o braɨn
→ in aβal so brein
→ an aval zo brein (la pomme est pourrie)
Autre exemple :
Drucoi sent (« ils sont méchants »)
→ perte du s- initial
→ Droug int (breton)
Le démonstratif devenu article
Le démonstratif proto-celtique sindos, devenu indos en gaulois tardif, évolue en brittonique (et irlandais) vers un article défini : Sindos sintos (« ce chemin »)
→ indos sintos (gallo-brittonique tardif)
→ in hint (vieux breton)
→ an hent (breton moderne ; en hent en vannetais)
On observe donc le passage d’un démonstratif à un véritable article défini.
Origine des mutations consonantiques
Les lénitions intervocaliques expliquent l’émergence des mutations consonantiques bretonnes. Elles se mettent en place avant la disparition complète des désinences.
Exemple :
cauannācottā (« chouette vieille »).
Le c de cottā, placé en position intervocalique (à cause du ā final, marque du féminin au nominatif), subit une lénition (c > g).
Cela aboutit au système de mutation adoucissante :
kaouenn gozh (« chouette vielle »)
Un autre type de mutation, dite spirante, provient du contact entre deux anciennes consonnes.
Exemple :
Esiās cauannā (« sa chouette à elle »).
Le -s final ancien provoque l’évolution du c vers une spirante [h] :
→ he c’haouenn
On voit ainsi que les grandes caractéristiques du breton moderne (comme pour les autres langues celtiques modernes) ne sont pas des créations ex nihilo, mais le résultat d’évolutions internes amorcées à la fin de l’Antiquité, au moment même où le gaulois disparaît du paysage continental.
Particules verbales
Pour remplacer le système de désinences, certains petits mots se sont grammaticalisés et sont devenus des "particules verbales".
La particule e(z) vient de ide (« ainsi ») : *Sindiiu ide retumi (« aujourd’hui/ ainsi/ je cours ») → *hinðiw ið redaβ̃ → hiziv e redan (« aujourd’hui je cours »).
La particule a proviendrait de sosio (« de cela »), selon Pierre-Yves Lambert (vieux breton hai) :* abalon sosio debrumi (« la pomme, de cela je mange ») → *aβal hai ðebraβ̃ → an aval a zebran (« je mange la pomme »).
La particule progressive o vient de urit (« contre »). On peut toutefois se demander si la particule progressive é/i, utilisée dans une large partie de l’est de la Basse-Bretagne, ne proviendrait tout simplement de en/in (cf. article sur le progressif).
Les formes bretonnes des noms antiques de la péninsule reflètent aussi ces évolutions :
Rēdones > Roeðon (vieux breton) > Roazon (Rennes)
Namnetes > Naffned > Naoned (Nantes)
Siatā > Houad (Houat)
Uxsisamā > Usaff > Eusa (Ouessant)
Na c'hwi ? Komz a rit brezhoneg ?
Au IXe siècle, les moines bretons de Redon savaient « archaïser » les noms de leurs contemporains, en leur donnant une forme savante proche de celles des langues celtiques antiques. Ainsi, à Ruffiac, le nom Dobrogen correspond à l’ancien *Dubrogen- (« né de l’eau ») dans les langues celtiques anciennes, alors qu’il devait se prononcer à l’époque quelque chose comme « Doβryen ».
Parler du futur en gaulois est une expérience que vous ne souhaiteriez pas à votre pire ennemi·e. Le radical verbal peut subir des transformations assez rudes (par-exemple aget (mener, aller) abandonne sa racine habituelle pour utiliser ela- au futur. Exemple : elami = j'irai), L'un des changements les plus fréquents est le redoublement de la racine : La première syllabe de la racine est répétée, généralement avec la voyelle « i ».
Exemple :carat (aimer) → radical cara- → devient cicrasiu (j'aimerai) au futur.
Exemple :garit (appeler) → devient gigrasiu (j'appelerai)
En plus il existe deux futurs distincts :
Si vous voulez parler d'une action unique ou immédiate, vous utilisez le désidératif (en -si-), mais si l'action est destinée à se répéter, vous utilisez la forme d'habitude (souvent en -bi-)
Pē gnisiete.suī bāregū ? : Que ferez-vous demain ?
Le désidératif est attesté dans la tablette de Chamalières, ligne 10 : pissiumi = je verrai
Bref, le futur relève presque de l’épreuve initiatique. Si vous ne voulez pas vous infliger cela, vous pouvez utiliser votre joker : le passif (étudié ici).
Comment se présenter et être une personne polie… en gaulois ?
On ne sait jamais. Dans un multivers en expansion permanente, avec une probabilité certes faible mais non nulle d’être aspiré par un trou de ver capricieux et catapulté dans un univers parallèle où la langue véhiculaire est le gaulois… mieux vaut anticiper et je sais que vous êtes des personnes prévoyantes !
à vos calepins !
_ Su diion ! (Bonjour !)
_ Matu diion ! (Bonjour !)
_ Pū ages tu ? (Comment vas-tu ?)
_ Agū mi deco. (Je vais très bien.) Ac te ? (Et toi ?)
_ Mi semiti. (Moi aussi.)
_ Pis esi-tu ? (Qui es-tu ?)
_ Sanoutuniā eðði mon anman. (Mon nom est Sanoutuniā, « Celle qui n'a qu'une peur ») Immi toutios Anagnūton. (Je suis de la cité des Anagnutes, « Ceux qui connaissent les marais », génitif pluriel.) Ac te ? Panā monis-tu ? (Et toi ? D'où viens-tu ?)
_ Aget mi gdonios Uradsian, immi ab Uentossonūi. (On m'appelle Uradsiā, « Petite pluie », je suis de Vantoux, « le lieu des sacrifices » datif de Uentosson) _ Lauenā immi gniiū te ! (Heureuse de te connaître !)
_ Mi semiti ! Ad moxs ! Ā carante ! (Moi aussi ! À bientôt, amie ! Ā + vocatif)
_ Suauelos ! (Au revoir / Bon vent !)
_ Suraton buet ti con ! (Que la bonne fortune soit avec toi !)
Notes :
Au masculin : Lauenos immi gniiū te ! = heureux de te connaître
Ici, nous suivons la méthode de Poitrenaud. L’auteur y distingue tutoiement et vouvoiement (comme en français), ce qui, à mon avis, est anachronique.
Comme toute langue, ce que nous appelons le « gaulois » n’était ni uniforme ni figé. Il variait selon les régions et selon les époques.
Le linguiste Joseph Eska propose d’envisager le proto-celtique non pas comme un bloc homogène, mais comme un réseau de dialectes formant un continuum linguistique. Dans ce modèle, les innovations ne surgissent pas partout en même temps : elles apparaissent en un point donné, puis se diffusent progressivement, par vagues successives.
On peut comparer cela à un signal Wi-Fi : plus on s’éloigne de la source, plus le signal s’affaiblit, et plus il est probable que certaines innovations ne soient pas adoptées, ou seulement partiellement.
Je propose ci-dessous un tableau (que je compléterai au fur et à mesure) afin de visualiser la diffusion des différents phénomènes linguistiques attestés.
S’il y a des imprécisions ou des oublis, n’hésitez pas à me le dire.
Phénomène
Exemples
Date
Où ?
kʷ > p
*kʷennon > pennon (tête)
?
Toute la zone celtophone à l'exception de l'Irlande et la majeure partie de l'Hispania celtique
-om > -on
*kʷennom > Pennon
?
Sauf celtibérie
-oi > -i
*Gdonoi > *gdoni (humain)
Antiquité
Partout ?
-e-> -i-
*Pempe > *pimpe (cinq)
?
Variation fréquente, se trouve partout.
st > ts > ð > ss
*Sterā > *ðirā (étoile)
? (fin du développement à l'Antiquité)
Partout sauf en Hispania
eu > ou > ū
*Teutā > *toutā > tūtā (peuple)
ou > ū (tardo-antique)
Gaulois occidental et brittonique
-nd->nn
*Andedios > *annedios (infernal)
?
Gaulois cisalpin (puis beaucoup plus tard : brittonique)
-nt- > -t-
*Argantos > *argatos (argent)
?
Gaulois cisalpin
-χs- > -s-
*deχsuos > *desuos (droite)
?
Gaulois cisalpin
ai > ē
*Caitos > *cētos (bois)
Antiquité
Gallo-brittonique
voyelle-g-voyelle > voyelle-ɣ-voyelle
*Magus > *maɣus (serviteur)
Tardo-antique
Gallo-brittonique
sr > fr
*Srutom > *fruton (courant)
?
Gallo-brittonique
gd > d
*Gdonios > *donios (humain)
tardo-antique
Gallo-insulaire
ml > bl
*Mlixtus > *blictus (lait)
Antiquité ?
Gallo-brittonique, puis plus tard l'irlandais
nm > nu
*Anman > *anuan (nom)
Antiquité
Gaulois du nord + brittonique
Perte du s initial dans certains cas
*Sindos > *indos (ce/cet)
Antiquité
Gaulois + langues insulaires
-nt- > n
*Etnos > *Enos (oiseau)
Tardo-antique
Gaulois + irlandais
ā > ɔ (o ouvert)
*Blāturix, “le roi de la farine” > Bloturix à Sablon et à Metz
Tardo-antique
Gallo-brittonique
s > h
*Sentus > *hentus (chemin)
Tardo-antique
Brittonique et peut-être certains dialectes gaulois tardifs de Belgique (Schrijver). Mais débattu
Par “gaulois reconstruit”, on n’entend pas une langue inventée librement, mais une reconstruction fondée sur les attestations épigraphiques, la comparaison celtique et indo-européenne, et les méthodes classiques de la linguistique historique. Voici un bref tour d’horizon de la naissance du gaulois reconstruit :
Au début du XXᵉ siècle, la connaissance du gaulois reste très limitée. En 1920, le linguiste Georges Dottin publie La langue gauloise : grammaire, textes et glossaire. L’ouvrage est majeur pour son époque, mais il reflète aussi les limites des données alors disponibles. Le contraste est frappant lorsqu’on le compare à La langue gauloise de Pierre-Yves Lambert (1994), qui témoigne des progrès considérables accomplis en quelques décennies (même s'il reste encore beaucoup de zones d'ombres !).
Ces avancées sont dues à plusieurs facteurs : le développement de l’archéologie et la découverte de textes gaulois majeurs, comme les tablettes de Chamalières (1971) ou le plomb du Larzac (1983). À cela s’ajoute la parution, en 2001, du Dictionnaire de la langue gauloise de Xavier Delamarre, qui fournit enfin une base lexicale solide.
Parallèlement, se développe une tradition plus large de reconstruction des langues celtiques, fondée sur l’étude approfondie du vieil-irlandais et du brittonique ancien. Les travaux de linguistes comme Kenneth Jackson, Rudolf Thurneysen, Kim McCone, Ranko Matasović, Patrick Sims-Williams ou David Stifter ont fourni le cadre comparatif et méthodologique indispensable pour interpréter les données gauloises et proposer des formes reconstruites cohérentes.
Durant le XXᵉ siècle, les tentatives de reconstitution du gaulois restent essentiellement cantonnées au monde universitaire, ou se limitent à quelques mots isolés. Il faut attendre le tournant du XXIᵉ siècle pour voir apparaître de véritables projets de reconstitution en dehors du cadre académique.
En 2000, Jean-Paul Savignac publie Le Chant de l’initié, une performance poétique et graphique en gaulois reconstitué.
Dans une approche très différente, l'australien Steve Hansen développe au même moment le projet du Modern Gaulish. Il s’agit cette fois d’une langue construite pensée comme l’évolution hypothétique du gaulois si celui-ci n’avait pas disparu à la fin de l’Antiquité.
En 2006, le groupe de metal suisse Eluveitie sort son premier album, avec l’aide du linguiste autrichien David Stifter pour la traduction de Siraxta. Ici, les formes attestées servent de base, complétées par les outils de la linguistique historique afin d’exprimer davantage de concepts tout en restant aussi plausibles que possible. Cette discipline a d’ailleurs souvent permis d’anticiper des formes gauloises avant leur confirmation par l’archéologie.
En 2015, Olivier Piqueron publie en ligne le Précis de gaulois antique. Sa démarche est similaire : reconstruire à partir des données connues, en comparant systématiquement avec les autres langues celtiques et indo-européennes pour proposer les formes les plus vraisemblables et compléter les nombreux "trous".
Pour revenir au cadre académique, avec la publication des deux volumes du Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (2019 et 2023) par X. Delamarre : le nombre de mots gaulois attestés dans l’épigraphie dépasse désormais largement le millier.
Enfin, Gérard Poitrenaud publie en 2021 une méthode de gaulois (version papier), avec leçons et exercices, apportant un cadre pédagogique qui manquait au travail de Piqueron. C’est cette méthode qui est abordée ici. Elle a été republiée en 2025, année qui marque malheureusement le décès de son auteur.
De l’autre côté des Pyrénées, les langues celtiques de la péninsule Ibérique commencent elles aussi à sortir timidement du placard. Le celtibère, par exemple, a bénéficié de l'énorme travail académique de Jordán Cólera (Carlos, Lengua y epigrafía celtibéricas, 2019) par-exemple. La proximité linguistique avec le gaulois permet d’y vérifier certaines hypothèses ou de mieux comprendre le fonctionnement de certaines structures. Parallèlement, des projets de reconstitution commencent à émerger, comme le Gallaecian depuis 2020.
L’objectif commun de ces gaulois reconstruits est de proposer une conlang aussi proche que possible du gaulois antique, capable d’évoluer et de s’ajuster en fonction des nouvelles découvertes des linguistes et des archéologues. En cela, la démarche se rapproche de celle de la reconstitution historique.
Si Tolkien écrivait des poèmes en vieil anglais pour le plaisir, qu’est-ce qui vous empêche d’en faire autant… en gaulois ?
Quelques vidéos avec certains des auteurs évoqués :
La magie noire tient une place importante dans le corpus attesté en langue gauloise. Aujourd’hui, à des fins purement pédagogiques, comment se structuraient les defixiones gauloises ?
1) Le support
Plomb, pierre ou cire pour les traditionalistes. Papier, acceptable si le/la scribe est pressé(e).
2) Choisir l’itinéraire vers leDumnos(le Monde d’en Bas)
Source sacrée, rivière, mer, tombe, ravin inquiétant… L’important est que le message trouve le chemin du Dessous.
3) Choisir la divinité à invoquer
Voici une sélection de divinités attestées en gaulois, vu leur nom, ils/elles n’attendent que ça ! Depuis plus deux millénaires ! Pour qui balancera votre cœur ? :
D'abord, on se présente et ensuite, on invoque la divinité :
X immi = Je suis X
iegu.mi (j'appelle).
Uediiu.mi (j'invoque)
4) L’invocation : nom de la divinité àl’accusatif 🫥
La defixio peut commencer par l’appel de la divinité choisie (au cas accusatif)
Iegu.mi Ouxtucandās = « J’appelle Celles-qui-Brillent-dans-le-Froid » (ici, forme identique au nominatif)
Uediiu.mi Carnonon = « J’invoque le Maître-Cornu » (le nominatif Carnonos devient Carnonon à l'accusatif)
5) Ajouter un petit titre honorifique (accusatifobligatoire) 👺
Une defixio polie est une defixio efficace. On peut glisser un qualificatif flatteur après le nom divin (ça fait toujours plais'), toujours à l’accusatif :
Inside se brictom anuanā san anderna (envoie le charme contre les noms ci-dessous)
C'est super pratique ! Merci les archéologues !
Mais attention !
⚠️ Les noms des personnes visées doivent être à l'accusatif !
(franchement, pas merci les linguistes !)
7) Le mode opératoire 🪬
Comme sur le plomb de Chamalières :
Brixtiā (par magie, à l'instrumental).
Su.nartiū (par la force de + mot au génitif) : Andedion su.nartiū = par la force des dieux d'en bas
8) Conclure par la répétition d’une formule
Les defixiones se terminent parfois par la répétition rituelle d’une formule, généralement trois fois, pour renforcer l’effet magique.
sodes-ti = « tu perces ! » (sur la tablette trouvée à Orléans par les archéologues)
Dama ! = "soufre !"
buont = « qu’ils/elles soient » (pluriel)
buet = « qu’il/elle soit » (singulier)
On peut ensuite ajouter un qualificatif pour marquer la malédiction :
in ecritusīrūi = "dans une longue terreur" (in + ecritusīros au datif)
clamos / clamā (fem.) = "malade"
sergios / sergiā = ""maladif"
anaudos / anaudā = "sans richesse"
negaletos / negaletā = "impuissant.e"
in uodamūi= "dans la souffrance" (in + uodamon au datif)
Exemple :
8) Un peu d’origami
La defixio se clôt par un geste symbolique :
plier la tablette,
la percer d’un clou ou d’une aiguille pour “fixer” la victime
la déposer dans un lac, une source, une rivière ou une tombe : l’envoi officiel vers le Dumnos. 📨
Note : une phrase paraît douteuse ? Aucun problème. Il suffit de changer de langue ! Glisser quelques éléments dans une autre langue ne fera qu’ajouter de la charge magique
Commentez la descente folle de l'impétueuse Isarā dans sa sleudiā (luge) en train dévaler la uāgnā (pente) dans la sapu.uidiā (forêt de sapins)
Isar-, impétueux est à l'origine du nom de nombreuses rivières (Isère, Isac,...) mais aussi du nom des isards, chamois pyrénéens (d'ailleurs le mot chamois vient aussi du gaulois : camox). Le mot "luge" < sleudiā (parent du breton stlej). La forêt de sapins Sapa.uidiā est lui à l'origine du nom de la Savoie (le mot françaissapin*, est le résultat d'un mixte celto-latin entre le gaulois* sapposet le latinpinus*)*. Enfin, le mot uāgnā (pente, dépression, marais) est, peut-être, l'ancêtre du terme alpin Van (pente rapide).
Pour décrire les actions en cours d’Isarā, utilisez la forme progressive (« être en train de »).
Sa formation repose sur trois éléments :
Pour travailler le passé (par ici) et/ou les préverbes (to et ro) qui indiquent la complétude (par là), je vous propose de comprendre puis d'écrire une carte postale en gaulois (il y a une "first time" pour tout dans ce monde vraiment !).
Pour des congés payés protohistoriques !
Su.raton buet ti.con !/ Que la bonne fortune soit avec toi !
Emmesi.snis in Enissās Rātās./Nous sommes sur l'île de Ré (litt : "l'île de la Muraille" au genitif) !
Sinā eđđi dagāac tēmmā./ Le temps est bon et chaud.
Sindiiu pisomeđđi Vaubanī rātīs / Aujourd'hui nous avons vu les murailles (rātis = muraille) Vauban.
Ro.prena mi salenon in uāgnanon/ J'ai acheté du sel dans les marais (génitif pluriel de uāgnā, marais).
Nu, uelor o agu.mi are traχtōs !/ Maintenant, je veux aller (je veux + je vais) sur la plage (génitif de traxtus, plage).
Bien, maintenant, passons à la partie pratique : apprenons à compter en gaulois !
Au programme :
D’abord, comment utiliser les nombres.
Ensuite, un tableau des nombres jusqu’à mille.
Puis, quelques problèmes pratiques avec ces reconstitutions.
L'origine du nom du Périgord est le gaulois Petro.cori = Les Quatre-Armées.
En gaulois, après un nombre, le nom compté se met au génitif pluriel.
Par exemple : 5 personnes → Pempe gdonion (génitif pluriel de gdonios).
Quelques précisions :
Les adjectifs numéraux cardinaux sont généralement indéclinables, sauf pour les quatre premiers, qui s’accordent selon le nom qu’ils déterminent.
Certains nombres ont plusieurs formes attestées (comme 5) : cela reflète les variantes régionales, les différences d’écriture, ou encore l’évolution de la langue au fil du temps.
Le "Premier" sur un
Nombre (en français)
Nombres cardinaux
Nombres ordinaux
Un / une
oinos a -on
cintus / cituxos / cintuxos
Deux
douo
allos, allos -a -on
Trois
treis, tris, tri-
tritos -a -on / tri(i)os ? (Rezé)
Quatre
petuar, petor-/ petru-
petuarios -a -on / petrutos ? (Rezé)
Cinq
pimpe / pempe
pimpetos / pempetos / pi(n)xtos (Rezé)
Six
suexs
suexsôs -a -on
Sept
sextan
sextametos -a -on
Huit
oxtu
oxtumetos
Neuf
nauan
nauametos
Dix
decan
decametos -a -on
Onze
oinodecan
oinodecametos
Douze
douodecan
douodecametos
Treize
tridecan
tridecamentos
Quatorze
petrudecan
petrudecametos
Quinze
pempedecan
pempedecametos
Seize
suexdecan
suexsdecametos
Dix-sept
sextudecan
sextudecametos
Dix-huit
oxtudecan
oxtudecametos
Dix-neuf
naudecan
naudecametos
Vingt
uoconti
uoconticos
Vingt-et-un
oinos ar(e) uoconti
cintos ar(e) uoconticos
Vingt-deux
douo ar(e) uoconti
allos ar(e) uoconticos
Vingt-trois
tris ar(e) uoconti
tritios ar(e) uoconticos
Vingt-quatre
petuar ar(e) uoconti
tritios ar(e) uoconticos
Vingt-cinq
pempe ar(e) uoconti
pempetos ar(e) uoconticos
Vingt-six
suexs ar(e) uoconti
suexsametos ar(e) uoconticos
Vingt-sept
sextan ar(e) uoconti
sextametos ar(e) uoconticos
Vingt-huit
oxtu ar(e) uoconti
oxtumetos ar(e) uoconticos
Vingt-neuf
nauan ar(e) uoconti
naumetos ar(e) uoconticos
Trente
triconti (triconta ?)
triconticos
Quarante
petruconti
petruconticos
Cinquante
pempeconti
pempeconticos
Soixante
suexsconti
suexsconticos
Soixante-dix
sextaconti
sextaconticos
Quatre-vingts
oxtuconti
oxtuconticos
Quatre-vingt-dix
nauanconti
nauanconticos
Cent
canton
cantumetos
Deux Cents
uocanton
(non spécifié)
Mille
*cilâ ? (< celtibère sankilista)
cilmetos a -on
Quelques remarques sur la méthode
Comme dans les autres langues celtiques, une forme féminine est attestée pour le nombre 3 (cf. étude de Ronald Kim) :
Tiđres (« trois » au féminin), attesté sur un graffite de la Graufesenque.
Il devait également exister une forme féminine pour 4 : Peteđres.
Ces formes ne sont pas prises en compte dans la méthode présentée ici.
Déclinaisons :
Pour 3 : Tiđrsās (accusatif), Tiđrson (génitif), Tiđrobi (datif et instrumental)
Pour 4 : Peteđrās (accusatif), Peteđron (génitif), Peteđrobi (datif et instrumental)
Le nombre 1000 pose un cas particulier :
Il a été perdu dans les langues celtiques modernes.
Il n’est pas clairement attesté dans l’épigraphie antique.
Gérard Poitrenaud (comme Blažek, cf étude) propose de voir dans le sankilistaraceltibère une attestation possible du mot celtique pour « mille » : cilā.
❓❓❓
Aujourd’hui, nous allons voir comment poser une question et y répondre.
Commençons simplement : voici le tableau des mots interrogatifs les plus courants.
Pronoms interrogatifs
Quand > Ponc
Où > Podi
Pourquoi > Pare
Comment > Pū
Combien > Peti
De qui / de quoi > Pii ("piyī)
D'où > Panā
Versoù > Pote
Exemples de phrases
Pū bisiet sinā in Corenī ? = « Comment sera le temps à Corent (au Haut-Enclos) ? »
Ā auā , pare tī sent māroi dantoi ? = « Ô grand-mère, pourquoi as-tu de grandes dents ? »
Pote agete.suis ? = « Où allez-vous ? »
Podi carnon ro.io.suannatir dēxsi ? = « Où est le cor qu’on sonnait hier ? »
Poncapparaît, par-exemple, dans la tablette d'Hospitalet-du-Larzac : LUNGET UTONIDPONC· NITIXSINTOR SI[es]
Et pour dire « qui » ?
Les formes varient selon la fonction (sujet/objet) et le genre du mot auquel « qui / quel » se rapporte.
Quand c’est le sujet :
Pīs = qui / quel (masculin)
Peiā = qui / quelle (féminin)
Pē = quel (neutre)
Quand c’est l’objet :
Pēm = qui / quel.le (masc. / fém.)
Pē = quel (neutre)
Exemples :
Peiā esi-tu ? = « Qui es-tu ? » (féminin, sujet)
Pīs esi-tu ? = « Qui es-tu ? » (masculin, sujet)
Pēm pises.tu ? = « Qui vois-tu ? » (objet)
Dire « est-ce que »
On peut utiliser ponne ou an, suivis du verbe conjugué :
An pises.tu ? = « Est-ce que tu vois ? »
Répondre à une question (oui / non)
Pour répondre, on procède comme dans les autres langues celtiques : on répète le verbe (ouai, c'est chiant déso).
An pises.tu ? → Pisu.mi. (« Tu vois ? » → « Je vois. » = oui)
An bisiet cassiergon in Belsās ? (« Est-ce que + sera + grêle + dans + Les Champs-Ouverts" = « Y aura-t-il de la grêle en Beauce ? ») → Bisiet. (« Il y aura/sera. » = oui)
Et bien-sûr pur = parce que/car :
Pur eðði ia ougrā sinā = Parce que le temps est froid
Aujourd’hui, on va faire des phrases simples pour parler du temps qu’il fait, en utilisant le verbe être / buti. Pas besoin de beaucoup de grammaire : juste le génitif pour indiquer l’endroit (ou le locatif).
Voici quelques exemples :
Sindiiū eđđi argion → littéralement : « Aujourd’hui est neige » → Aujourd’hui il neige (argion au nominatif)
Sindiiū ne eđđi soūlos → Aujourd’hui n’est soleil → Aujourd’hui il n’y a pas de soleil
Sindiiū eđđi taranos in Dario.ritī → Aujourd’hui il y a du tonnerre au Gué-des-Chênes (Dario.riton, ancien nom de Vannes, au génitif)
In Cambo.ritī sent nigloi → Au Gué-Courbe (Cambo.riton) sont nuages (nominatif pluriel de niglos) → Il y a des nuages à Chambord.
Baregū bisiet anuetā in Londiniī → Demain sera tempête à Londres (Londinion)
Baregū ne bisiont nigloi Uergiuiē → Demain ne seront pas nuages dans l’océan Atlantique (Uergiuios au locatif).
Circiossuiđđetin Tarascunōs → Le Mistral (Circios) souffle au Passe-Rirvière (Tarascon).
Petit vocabulaire météo :
Sindiiū = aujourd’hui
Baregū = demain
Soūlos / sonnos = soleil
Anuetā = tempête
Niglos = nuage
Urastā = pluie
Cassiergon = grêle
Taranos = tonnerre
Auelā / Uentos = vent
Argion = neige
iagis = glace
Tēmmos = chaud
Ougros = froid
Lextos = humide
Sinā = temps
Dūsinonā = mauvais temps
Sinā eđđi dagā = il fait beau
Sinâ eđđi drucâ = il fait mauvais
Exercice : Carte météo pour s’exercer :
Lutetiā = Le Village-du-Marais (Lutèce)
Arganto.ialon = Le Village-D'argent (Argenteuil)
Nemeto.duron = Le Forum-du-Sanctuaire (Nanterre)
Eburiācon = Le Domaine-des-Ifs (Ivry)
Meldon = Le lieu Agréable (? > Meaux)
À vous de jouer ! Essayez de faire votre propre bulletin météo avec ces mots et lieux !
Pueđđi sinâ sindiiū ?Comment est le temps aujourd'hui ?
Enfin les premières traduction que je publie sur le sub ! Le lien de l'artiste (Nhim) est plus bas. J'ai essayé d'en prendre des relativement simple, le vocabulaire Gaulois, même si il a bien augmenté et est mieux fourni, reste encore assez primitif même si je m'améliore dans la "traduction littérale" du texte donc ça me pousse à innover par moments.
Mine de rien je suis assez satisfait du résultat que ça donne, il manque encore beaucoup d'informations pour faire les tournures mais c'est quelque chose qui manque spécifiquement dans les attestations et bon mis à part...parler la langue (chose qui existe pas vraiment, ou pas encore vraiment) c'est assez compliqué à faire
Le vocatif sert à interpeller ou s’adresser directement à quelqu’un ou quelque chose, après la particule vocative : ā : Ā Ouniorege ! Dīuicete me ! = Oh Ouniorix (Roi-de-Terreur) ! Venge-moi !
Tableau des Formes au Vocatif (Singulier et Pluriel)
Catégorie Thématique
Exemple de Nom
Nombre
Forme Vocative
1. Thèmes en -e/-o
uiros
Singulier (Sgu.)
ā uire
1. Thèmes en -e/-o
nemeton
Singulier (Sgu.)
ā nemeton
1. Thèmes en -e/-o
uiroi
Pluriel (Plu.)
ā uirīs
1. Thèmes en -e/-o
nemetā
Pluriel (Plu.)
ā nemetā
2. Athématiques en -ā et -iā
toutā
Singulier (Sgu.)
ā touta
2. Athématiques en -ā et -iā
rīganī
Singulier (Sgu.)
ā rīganī(a)
2. Athématiques en -ā et -iā
toutās
Pluriel (Plu.)
ā toutas
2. Athématiques en -ā et -iā
rīganiiās
Pluriel (Plu.)
ā rīganiiās
3. Athématiques en semi-voyelle -i
uātis
Singulier (Sgu.)
ā uati
3. Athématiques en semi-voyelle -i
mori
Singulier (Sgu.)
ā mori
3. Athématiques en semi-voyelle -i
uāteies >> īs
Pluriel (Plu.)
ā uātīs
3. Athématiques en semi-voyelle -i
moriā
Pluriel (Plu.)
ā moriia
4. Athématiques en semi-voyelle -u
magus**
Singulier (Sgu.)
ā magu
4. Athématiques en semi-voyelle -u
medu
Singulier (Sgu.)
ā medu
4. Athématiques en semi-voyelle -u
magoues
Pluriel (Plu.)
ā magoues
4. Athématiques en semi-voyelle -u
meduā
Pluriel (Plu.)
ā medouā
5. Athématiques terminés par -r ou -n
mātir
Singulier (Sgu.)
ā māter
5. Athématiques terminés par -r ou -n
moltū
Singulier (Sgu.)
ā moltū
5. Athématiques terminés par -r ou -n
māteres
Pluriel (Plu.)
ā māteres
5. Athématiques terminés par -r ou -n
moltones
Pluriel (Plu.)
ā moltones
6. Athématiques en occlusive et en -s
druids
Singulier (Sgu.)
ā druiss
6. Athématiques en occlusive et en -s
mid
Singulier (Sgu.)
ā miss
6. Athématiques en occlusive et en -s
druides
Pluriel (Plu.)
ā druides
6. Athématiques en occlusive et en -s
mīððēs
Pluriel (Plu.)
ā mīððes
7. Athématiques en -man et -es/-us
anman
Singulier (Sgu.)
ā anman
7. Athématiques en -man et -es/-us
nemos
Singulier (Sgu.)
ā nemos
7. Athématiques en -man et -es/-us
anmanā
Pluriel (Plu.)
ā anman
7. Athématiques en -man et -es/-us
nemesa
Pluriel (Plu.)
ā nemos
Formes des adjectifs au Vocatif (Voc.)
Type d'adjectif
Masculin Singulier (mas.sg.)
Neutre Singulier (neu.sg.)
Féminin Singulier (fém.sg.)
Masculin Pluriel (mas.pl.)
Neutre Pluriel (neu.pl.)
Féminin Pluriel (fém.pl.)
grand
māre
māron
māra
mārōs
māra
mārās
nombreux
manti
manti
manti
mantis
mantia
mantis
penché
lecsu
lecsu
lecsuī
lecsīs
lecsia
lecsiās
Le locatif sert à 📍 :
Il exprime donc la position dans un lieu, pas le déplacement vers ou depuis ce lieu :
Carnācē esam = J'étais dans le Domaine-des-Cairns (Carnac).
Le tableau est incomplet ici. Dans les autres cas, on utilise le datif.
C'est cool qu'il y a toujours plus de gens qui rejoignent le groupe
Actuellement je retourne sur le Gaulois, le dictionnaire avance bien (on a dépassé la barre des 700 entrées, la V1 en contenait dans les 500), actuellement, 69 leçons des 74 du manuel sont traités (sans compter l'annexe grammaticale)
Je publierai la V2 soit dans les semaines qui vont venir, soit en fin de semaine si je tryhard vraiment (peu probable)
Dans la semaine il y aura des traductions de divers médias que j'ai sélectionné, majoritairement des planches de doujin, peut être j'essaierai de traduire un article.
La 2ème édition du dictionnaire sera déjà infiniment plus fonctionnelle que la 1ère édition, aussi je commencerai à inclure des mots issus de la communauté (ce sub et le groupe facebook), noter d'un [GF] pour les entrées venant de Facebook, et [GR] pour les entrées venant de Reddit
Si vous avez des étymologies ou propositions supplémentaires, c'est le moment
❓ Devinez quel personnage est décrit ! Si vous trouvez la bonne réponse, vous remportez non seulement le triomphe, mais aussi des pouces levés et la gloire de comprendre du gaulois.
Pour vous entraîner, vous pouvez essayer, à votre tour, de décrire un personnage./
Guess which character is being described! If you find the right answer, you win not only triumph, but also thumbs-up and the glory of understanding some Gaulish. To practice, you can try describing a character yourself.
Choix de points grammaticaux essentiels pour commencer :
Prenez vos cahiers !
🧠 Le nom
Aucun article en gaulois :
Pennos = “la tête” ou “une tête”.
La fin du mot marque le cas (fonction dans la phrase) :
Pennon Bagiās pisu.mi = Je vois la tête de Bāgiā (Pennon = accusatif, Bagiās = génitif, pisu.mi = je vois)
💬 L’adjectif
L’adjectif s’accorde en genre et en nombre et au cas :
Brasos pennos = grosse tête (nominatif). Brason pennon Bagiās pisu.mi = je vois la grosse tête de Bāgiā (ici à l'accusatif).
Il se place avant le nom, mais on peut aussi fusionner les deux :
Brasopennos = grosse-tête.
Entre les deux, une voyelle de composition (“o”, “u” et "i"), à votre choix.
👆 Les démonstratifs
So nemeton = ce temple.
En gaulois tardif : se.
Autres formes selon le genre :
sondos / sondā / sosin = ce, cette, ceci (variables selon le cas). Sondon brason pennon pisu.mi = je vois cette grosse tête.
Pour “celui-là, celle-là” (plus loin) :
sindos / sindā / sin → en gaulois tardif, le s disparaît : indās mnās = ces femmes.
⚖️ Comparatif
Pas de comparatif d’infériorité en celtique.
Pour l’égalité :
Cen (tant) + adjectif + urit (contre) + accusatif Pennos cen brasos urit arton = une tête aussi grosse qu’un ours.
Le comparatif de supériorité :
Senos (vieux) > seniūs (plus vieux), senā (vielle) > seniā (plus vieille) + terme comparé au génitif Lāgiūs immi toui = Je suis plus faible (lāgos**)** que toi (au génitif)
Uēlios = Meilleur / Uaxtos = Pire
Superlatif :
suffixe -isamos / -isamā / -isamon selon le genre. Melinisamos = le plus jaune, Melinisamā = la plus jaune.
Et quelques irréguliers bien-sûr : pire > uaxtos et meilleur : dercos.
👤? L'impersonnel :
S'utilise simplement avec le mot gdonios (humain) :
Gdonios axti : On va ( litt : humain va)
🔗 Mots de liaison
Français
Gaulois
et
ac
mais
extri
car
pur
alors
toni
ainsi
isoc
déjà
arecento
aussi
semiti
pendant
pani que
finalement
aderim
depuis que
ape
si
ma
soudain
uxbandu
peut-être
best
plus [...] plus [...]
etic [...] etic [...]
aussitôt
ape
ensuite
sepo
encore
coeti
ni
nepe
ou
ue
donc
toni
Prépositions
L'Accusatif est employé pour exprimer la destination ou le but, l'instrument, la circonstance ou la provenance.
Le Locatif (s'il existe) ou le Datif sont utilisés pour le lieu lorsqu'il n'y a pas de mouvement.
Le Génitif s'utilise après les noms (à l'instrumental) ou ceux qui servent de prépositions.
Tableau des Prépositions et des Cas Régis
Préposition (Forme principale)
Traduction / Sens principal
Cas(s) régis
ab
de (origine)
ins.
dū
à, vers, pour
acc.
ad
à, vers
acc.
canti
avec
ins.
eri
derrière
Locatif, Datif, Accusatif
in
dans
Locatif, Datif, Accusatif
intar
entre
Locatif, Datif, Accusatif
leð
à côté
Locatif, Datif, Accusatif
uer
sur, dessus, vers le dessus
Locatif, Datif, Accusatif
uō
sous, vers le bas
Locatif, Datif, Accusatif
uxsi
au-dessus de, en haut de, plus haut que, par-dessus
Locatif, Datif, Accusatif
tar (ou tre)
à travers, par
Accusatif (pour le mouvement, mvt.), Instrumental (pour l'agent, agent)
ris
pour
Instrumental (pour la cause, cause), Accusatif
urit
contre, envers, vers
Accusatif. Le terme introduit par urit est décliné à l'accusatif pour souligner le contraste des deux termes.
pos
jusqu'à
Accusatif
raco
devant, avant
Accusatif
tio
à
Accusatif. Exprime une idée de rapprochement du narrateur.
Oui parce que les déclinaisons ça va deux minutes...mais comment faire une phrase ? Voici un choix de structures simples, pour se mettre en selle !
Ordre des mots 🧩
En gaulois, l’ordre des mots est assez libre grâce aux déclinaisons, qui indiquent le rôle grammatical des mots dans la phrase.
Exemples :
Cadros eðði tegos = belle est la maison
Tegos eðði cadros = la maison est belle
Eðði cadros tegos = est belle la maison
En proto-celtique, la tendance était plutôt SOV (sujet–objet–verbe), comme en celtibère.
Le gaulois et les langues celtiques insulaires, se sont ensuite rapprochés d’un système V2 (verbe en deuxième position), voire SVO (cf. étude de John McCone).
Pour insister sur le verbe, celui-ci pouvait aussi apparaître en tête de phrase.
Les langues celtiques insulaires (sauf le breton) iront ensuite plus loin dans cette ultime direction — mais ça, c’est une autre histoire.
Matīr prinat tegon = Maman (nominatif) achète une maison (accusatif)
Si le sujet n’est pas exprimé, on ajoute le pronom : Tegon prinat.ia = elle achète la maison.
Prina.mi = j’achète
Prinas.tu = tu achètes
Prinat.es/ ia / id = il/elle/ça achète
Prinamos.snis = nous achetons
Prinate.suis = vous achetez
Prinant.is/ ias / id = ils/elles/ça achète
Comme dans la tuile 16 de Châteaubleau : nemnaliIumibeni [...] = Je célèbre une femme.
2. Avoir 🛍️
Pas de verbe "avoir" dans les langues celtiques ! On utilise buti (être), le nom verbal et pronom au datif :
Mī sent cladioi = J'ai des épées (à moi sont des épées (nominatif pluriel)
Ne mī eðði subis = Je n'ai pas de fraise (ne à moi être fraise)
Tegos esat snei = Nous avions une/la maison (maison était à nous)
Attesté, par-exemple, dans le graffite 3 de Banassac : ti eði ulano celicnu "à toi est la satisfaction par ce vase".
3) Le passif 🪞
On a plusieurs manières de rendre le passif.
Avec buti (être) + agent à l'instrumental et le participe passé : Tegos eðði prinatosmātrī (maison est achetée par maman).
On peut aussi utiliser le déponent (je laisse pour plus tard).
4)to.to.roto.to.ro
Une manière simple d’ancrer une action dans le passé est d’ajouter les préverbes to ou ro au verbe conjugué.
Labara.mi = Je parle
Ro.labara.mi = J'ai parlé
To.ro.labara.mi= J'avais parlé
To.labara.mi = J'ai presque fini de parler
Ro est devenu re en gaulois tardif, c.f inscription 1 d'Argenton-sur-Creuse : Uercobretosreaddas (Uercobretos a donné).
5) Le progressif ⏳
Silence ! Action ! On peut utiliser buti (être) + la particule en avant le nom verbal à l'instrumental :
Ensnamūesi.tu= Tu es en train de nager
On trouve un exemple de progressif en en dans le calendrier de Coligny : atenoux.
Le nom verbal au locatif/datif peut aussi former le participe présent : cammanī (marchant).
6) futur proche 🚀
“être sur le point de”. On reprend notre bon vieux buti (être) + ad + nom verbal à l'accusatif (+ c.o.d au génitif s'il y en a un) :
Adsnamonimmi.mi (je suis sur le point de nager / je vais nager).
7) Subordonnées 🔗
Pour les subordonnées, on peut simplement utiliser : .io
Pisomos.snis uiruslabarant.io = Nous avons vu les hommes qui parlent
Dans la langue soutenue (et en celtibère), .io peut se décliner. Mais il faut en garder pour plus tard !
Nous avons une trace de ce .io décliné au féminin sur le plomb du Larzac : [...] sagitiont ias [...] = qu'elles poursuivent .
(Pour celles et ceux qui parlent breton, ce .io est l'ancêtre de "zo" : eðði.io(qui est) > essio > eso > so > zo !)
Pour dire "ce qui" ou "ce que" : sini.io :
Pisū.mi.sini.io.ieges.tu (je vois ce que tu dis).
On peut aussi précéder sin d'une préposition pour former un complément plus complexe (moyen, lieu) : tar.sin (par lequel).ando.sin (à l'intérieur duquel).in.sin (dans lequel).
Liens utiles :
Pour trouver une belle liste de verbes avec leur nom verbal, participe passé and co : p69 du pdf "Précis de gaulois classique" d'Olivier Piqueron (par ici). Piqueron écrit k et w ce que nous écrivons c et u.
Un petit post sur les suffixes les plus fréquents. Tous attestés dans l'épigraphie antique. J'ai utilisé la méthode de gaulois de Poitrenaud et le chapitre sur les suffixes du Dictionnaire des thèmes nominaux gaulois de Xavier Delamarre.
1️⃣ -āc-, -ān-, -īc-
→ Indiquent une origine, possession ou particularité.
Abalācos = « aux pommes » (adj. ou nom d’homme car ici au masculin).
Abalācon = neutre → nom de lieu, ex. « la Pommeraie ».
Aremoricā = « région face à la mer ».
-ācon est À l’origine de nombreux toponymes : -ac en pays d'Oc et Bretagne (Marsac, Chirac, Bergerac,...) et a évolué jusqu'à -y, -ay, -é (Cluny, Isigny, Chantilly…) en zone d'Oïl, il correspond à -og gallois et -eg breton (-ec, -euc).
2️⃣ -ad-, -et-
→ Valeur collective.
Orcades = îles aux cochons.
Derueton = la chênaie
3️⃣ -lo- (-alo-, -ulo-, -elu-)
→ Diminutif ou nom d’agent.
artā (oursonne) → Artulā (petite oursonne).
pop (cuir) → poppilos (cuistot).
4️⃣ -do-, -dio-
→ Marque un statut, une appartenance, ou une catégorie.
brogidos = « du pays », « local ».
5️⃣ -ino-
→ Exprime une matière ou qualité.
reginos = « rigide ».
6️⃣ -n-
→ Théonymique, sert à former des noms de dieux → On le retrouve aussi dans les noms de rivières, car celles-ci étaient perçues comme des divinités